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CHAPITRE IV

De l’union entre tous les soldats *.

S’il est sùr que l’Église renferme, en son sein, la véritable armée de Jésus-Christ, il est sûr aussi que de tous les intérêts de l’Église aucun ne nous paraît plus important et plus digne de nos prières que l’union des troupes à qui Dieu a confié la mission de défendre sa cause.

Nous savons combien cet intérêt est cher au Cœur de Jésus. 11 a été l’objet de sa dernière prière, le vœu suprême de son amour. Au moment de quitter ses Apôtres, il a voulu résumer en un seul tous les enseignements qu’il leur avait donnés, tous les devoirs qu’il leur avait inculqués, toutes les grâces qu’il allait leur acheter par sa mort ; et ce mot qui résume toutes les paroles du Verbe de Dieu, cet enseignement qui renferme toute sa doctrine, ce devoir qui contient toute la perfection de sa morale, cètle grâce qui est le fruit le plus précieux de ses mérites, c’est l’union, ou plutôt l’unité de tous ses disciples : « Qu’ils soient un comme vous, mon Père, êtes en moi et moi en vous ; qu’eux aussi soient un en nous. »

Tel est le modèle proposé à tous les chrétiens, et en

i Messager , t. XI, p. 131 ; t. XXVIII, p. 597.

particulier à tous ceux qui sont appelés, comme les Apôtres, à exposer la doctrine de Jésus-Christ et à soutenir ses intérêts divins. Portés sans cesse à là séparation et à la lutte par la différence de nos vues, l’opposition de nos intérêts terrestres, la rivalité de nos amours-propres, l’antagonisme de nos préjugés, nous devons tendre sans cesse à nous rapprocher et à nous unir, sous l’impulsion de l’Esprit de Jésus-Christ, réellement présent dans les ûmes de tous ses vrais disciples, et uniquement occupé à les consommer tous dans l’unité. (Jo. xvii, 23.) Exposons dans ce chapitre la nécessité de cette union et les moyens de l’opérer.

Celte union, désirable à toutes les époques, devient pour l’Église d’une nécessité indispensable dans une crise comme celle que nous traversons en ce moment. Pour le comprendre, il suffit de jeter un regard sur l’armée ennemie. C’est l’armée de Babylone, la cité de la confusion; le chef qui la commande, c’est Satan, l’adversaire, le suprême artisan de toutes les divisions et de toutes les luttes. Le drapeau qui lui sert d’enseigne, c’est le drapeau de l’orgueil, principe de toutes les haines et de toutes les rivalités. Et pourtant cette armée de la division a su réaliser une très étroite union ; les enfants de la haine et de l’orgueil ont réussi à se discipliner et à s’accorder ; les ouvriers de Babel semblent avoir retrouvé l’unité de langage qui leur fut ravie autrefois.

Nous savons que cette unité ne saurait être durable ;

que toutes ces haines et ces orgueils ne peuvent s’accorder qu’en un seul point : la destruction du règne de l’amour ; et que les divisions ne pourront manquer de renaître plus furieuses et plus sanglantes, dès qu’on essaiera de reconstruire quelque chose sur les ruines amoncelées par de communs efforts. Mais il n’en est pas moins vrai que, dans l’attaque suprême qu’on prépare en ce moment contre l’Église, on procède avec un accord qui n’a jamais existé, au même degré, parmi les ennemis de Dieu. Il suffit d’entendre leurs paroles, de lire leurs écrits, il suffit surtout de voir leurs actes, pour se convaincre que partout ils obéissent à un même mot d’ordre. Tous n’ont pas la même tactique; quelques-uns sont plus impétueux, et, entraînés plus loin par une ardeur qui parait quelquefois irréfléchie, ils semblent se séparer du gros de l’armée ; d’autres mettent plus de gravité et de modération apparente dans leurs mouvements.

Par un suprême raffinement d’hostilité, ils substituent aux attaques violentes une indifférence dédaigneuse et qui cherche à paraître calme. Mais cette différence dans les allures, loin de nuire à l’unité du plan de bataille, ne fait qu’en assurer le succès. Dans toute armée, il y a des bataillons plus rapides et des troupes plus pesamment chargées. L’impétuosité téméraire des premiers sert la cause commune, aussi bien que la modération apparente des seconds. Tous poursuivent le même but, et ce but, c’est la destruction du règne de Jésus-Christ sur la terre.

Nous ne prétendons pas qu’ils aient tous la pleine connaissance du plan qu’ils exécutent en commun. Nous savons qu’il y a beaucoup de dupes, dont les meneurs exploitent les sottes illusions ; mais la bonne

foi relative de ces dupes est précisément ce qui les unit à de plus méchants qu’eux, et qui en fait de très puissants auxiliaires dans la lutte contre la vérité.

Or, est-il possible que nous voyions les ennemis de Jésüs-Christ ainsi unis pour l’attaquer, et que nous, ses défenseurs et ses. amis, nous, les membres d’un même corps, les enfants d’une même Église, nous ne sachions pas nous unir pour résister à leurs attaques ?

Nous, dont l’unité est l’incommunicable privilège, nous nous priverions de la jouissance de ce trésor, et nous permettrions aux enfants de la division d’exploiter, à notre détriment, la force que l’union devrait nous donner?

Non, il n’en saurait être ainsi. Car, si, comme nous n’en pouvons douter, le Cœur de Jésus fait sans cesse pour ses serviteurs la prière qu’il faisait la veille de sa mort; s’il demande encore pour eux cette parfaite unité de pensées et de sentiments qui existent entre lui et son Père, un désir aussi ardent et une prière aussi constante ne sauraient être irréalisables.

11 ne tient qu’à nous, en effet, de réaliser ce vœu ; et nous avons tous, pour cela, un moyen, au moins, de coopérer très puissamment à procurer à notre sainte cause cet indispensable avantage : et ce moyen, le premier et le plus efficace de tous, c’est l’union de nos prières avec celle du divin Sauveur.

Nous osons le dire : les divisions cesseraient bientôt si tous ceux qui les entretiennent, tout en les déplo-

rant, priaient avec une ardeur toujours croissante pour les faire cesser. Jésus-Christ ne saurait manquer d’exaucer une prière si conforme à ses vœux. Il ferait luire à leurs yeux une lumière dont l’éclat dissiperait les malentendus. Il les porterait à attacher chaque jour plus d’importance aux points sur lesquels tous les catholiques s’accordent, et à n’adhérer qu’avec beaucoup plus de réserve à leurs propres idées. L’amour de l’union, croissant dans leurs cœurs, rendrait bien légers les sacrifices au prix desquels elle doit s’établir : et si on n’arrivait pas à s’accorder sur tous les points, ce qui est à peine possible sur cette terre, au moins on ne permettrait pas que de légères divergences empêchassent d’agir de concert, et d’opposer une phalange compacte aux attaqùes de l’ennemi.

Nous demanderons cette grâce pour tous les défenseurs de l’Église. Nous conjurerons le Cœur de Jésus de leur faire comprendre à tous combien leur union avec lui doit leur rendre facile l’union entre eux. Et comment, en effet, ceux qui se nourrissent d’un même pain, et dont le Cœur de Jésus est l’aliment commun, pourraient-ils avoir de la peine à demeurer unis ensemble? Après s’être assis l’un à côté de l’autre à cette divine table, devraient-ils avoir de la peine à se traiter en amis? Le lien qui les joint ensemble en un même corps n’est-il pas plus fort, plus étroit, plus vivant que celui de l’amitié, que celui même de la fraternité? Si nous croyons réellement à la vérité de ce sacrement, comment pouvons-nous l’empêcher d’être, par ses effets, ce qu’il est par son nom, une communion véritable ?

N’avons-nous pas, d’ailleurs, le bonheur d’appartenir à une armée admirablement organisée? N’avonsnous pas un chef établi de Dieu, non seulement pour définir ce que nous devons croire, mais pour nous indiquer comment nous devons agir? Si ses définitions seules sont objet de foi, sa direction ne s’impose-t-elle pas à notre obéissance dans toutes les choses qui regardent les intérêts de l’Église et des âmes ? Jésus- Christ ne lui a-t-il pas dit « Paissez mes brebis et mes agneaux; » et ces paroles n’indiquent-elles pas un pouvoir général de direction dans toutes les choses de l’ordre surnaturel? Celui-là pécherait certainement contre la foi catholique qui refuserait aux Évêques, et surtout au suprême Pasteur, toute autre autorité que celle de définir les dogmes, et qui prétendrait ne lui devoir obéissance que dans la croyance des articles de foi.

Mais, si nous lui reconnaissons cette autorité universelle, et si nous sommes disposés, comme de vrais enfants de Dieu, à obéir docilement à la direction de son Vicaire, quoi de plus facile alors que de demeurer unis dans toutes les choses importantes?

Le chef de l’armée sainte ne manquera pas aux devoirs de sa charge ; il nous dit très clairement de quelle manière nous devons soutenir les intérêts de Dieu, il nous indique les erreurs à combattre, les dangers à éviter, la mesure dans laquelle nous devons mêler la conciliation à la fermeté, les vérités qu’il peut être opportun de taire et celles qu’il est impor-

tant de proclamer. Si nous ne nous appuyons point sur notre sagesse, si nous ne nous croyons pas plus éclairés que celui à qui la sagesse divine a promis une perpétuelle assistance, si nous n’avons d’autre ambition que celle d’obéir à celui qui commande au nom de Dieu, il nous sera aussi facile de poursuivre avec une parfaite union notre but commun, que de connaître le chemin que nous devons suivre.

Nous ne pouvons donc trop faire d’efforts pour resserrer notre union avec nos frères, pour écarter tous les obstacles qui tendraient à l’ébranler, pour lutter contre les mille ruses que l’ennemi de Jésus-Christ et de l’Églîse met en œuvre, en vue de nous ravir un bien aussi précieux.

C’est que Satan comprend aussi bien que nous, mieux que nous peut-être, le prix de notre union et la force immense dont elle serait pour nous la garantie. Aussi que ne fait-il pas pour l’affaiblir? Il y emploie tout son art infernal, et souvent, hélas! il n’y réussit que trop bien. C’est surtout quand il veut ravir ce trésor aux serviteurs de Dieu qu’il se transforme en ange de lumière, met en avant les prétextes les plus spécieux, les intérêts en apparence les plus sacrés. Or, voici longtemps qu’il est à l’œuvre : c’est à l’origine même de l’Église, au moment où elle commençait à réunir les enfants de Dieu dispersés dans le monde, que l’infernal semeur de zizanie se mettait à introduire la division dans son sein.

Que voyons-nous, en effet? L’Église sort à peine du Cénacle, elle n’a pas encore franchi les mursde Jérusalem, et déjà ses entrailles sont déchirées par la lutte des deux esprits. L’union semble d’abord parfaite : il n’y a plus ni mien ni tien, la multitude des croyants ne

forme qu’un cœur et qu’une âme. (Act., iv, 32.) Vous êtes ravi de ce spectacle ; mais, si vous tournez la page du saint Livre, vous allez voir cette communauté de biens, qui était le ciment de l’union, devenir un motif de division. Les fidèles originaires de Grèce se plaindront de ce que les veuves des Hébreux sont préférées aux leurs. Jalousie de nationalité.

A peine cette première querelle a-t-elle été parfaitement apaisée par l’abnégation des Apôtres, un motif bien plus saint en apparence, le zèle de la loi, en fera naître une autre, qui ne tendra à rien moins qu’à rendre impossible la conversion du monde païen. Les chrétiens convertis du judaïsme prétendront assujettir les Gentils à toutes les observances du rite mosaïque. Et, pour faire cesser cette dissension doctrinale, il ne suffira pas que les Apôtres s’assemblent en concile ; les disputes continueront encore longtemps après qu’a été rendue la sentence qui devait les faire cesser.

Les Apôtres cependant se répandent dans l’univers, prêchant partout la loi de la charité ; mais leur union ne saurait empêcher que leurs disciples ne se divisent. Chacun d’eux mettra son maître au-dessus des autres. L’un dira : « Moi, j’appartiens à Céphas; » l’autre : « Moi, je suis à Paul. » (1 Cor., i, 12.) Riva: lités de personnes et d’écoles. C’est ainsi que l’esprit de division préludait, dans l’âge d’or de l’Église, aux efforts qu’il devait faire, durant tout le cours des siècles, pour l’empêcher d’accomplir sur la terre son œuvre d’union. Ce sont toujours les mêmes prétextes qu’il met en avant, avec plus ou moins de succès. Tantôt ce seront les rivalités nationales qili, successivement aigries et calmées, finiront par séparer en deux parts la robe sans couture du Christ. A d’autres épo-

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ques, les dissensions doctrinales produiront des schismes partiels, et creuseront des abîmes entre ceux même qui demeurent attachés au centre de l’unité.

Enfin, combien de fois ceux qui sont unis par la profession d’une même doctrine ne se laisseront- ils pas diviser par des questions de personnes, par des luttes d’influence, par des intérêts de corporation? L’esprit du mal, trop efficacement aidé par des hommes de bien, saura faire naître des oppositions entre les œuvres que l’Esprit de Dieu, leur commun principe, a créées uniquement pour s’entr’aider : entre le clergé séculier et le clergé régulier, entre les diverses congrégations religieuses et les diverses associations de piété.

Parfois, on verra ces divisions se prolonger, alors même que les nécessités de la cause commune en exigeraient plus impérieusement la cessation. Tandis que les catholiques anglais, en butte à la cruelle persécution de la reine Élisabeth, étaient jetés ensemble dans les mêmes prisons, cette communauté de souffrances n’avait pas toujours la vertu de leur faire oublier leurs malheureuses dissensions. Les cachots, où étaient entassées les victimes de la tyrannie japonaise, ont été également le théâtre de dissentiments, plus douloureux ppur les martyrs (leurs lettres en font foi), que les affreuses tortures infligées par leurs bourreaux. Et qui pourrait dire dans quelle mesure ces dissensions des promoteurs de l’unité catholique ont mis obstacle à la conversion de l’Orient ?

Il ne nous appartient pas d’examiner sur qui pèse la responsabilité de ces dommages, si graves, portés à

l'œuvre de Dieu par les divisions de ses serviteurs. Quelle que puisse être, à ce sujet, notre opinion, nous avons tous un commun devoir. Déplorer amèrement ces résultats, et unir nos efforts et nos prières pour en prévenir la reproduction. Jamais, en effet, la situation de l’Église ne rendit les divisions de ses fidèles enfants plus inopportunes et leur union plus nécessaire.

L’union de nos ennemis devrait suffire, à défaut d’autre motif, pour nous empêcher de nous diviser. Ne les voyez- vous pas, oubliant leurs dissentiments, pourtant bien profonds, faisant taire leurs opinions politiques, leurs préjugés nationaux, leurs intérêts individuels, pour n’écouter qu’une seule chose, leur haine contre l’Église; donnant pleinement pouvoir aux hommes qui leur sont le plus antipathiques, mais qui peuvent les aider à détruire l’Église ; suivant partout un même mot d’ordre, et ajournant leurs querelles jusqu’au jour où cette œuvre de destruction sera accomplie? Et c’est en présence de cette ligue, si étroite et si formidable, que nous hésiterions à oublier ce qui peut nous désunir, pour nous serrer les uns contre les autres !

Non, il n’en saurait être ainsi; car les causes des divisions qui ont existé à d’autres époques n’existent plus aujourd’hui. Plus de dissensions doctrinales, puisque le dernier Concile a réglé définitivement les questions sur lesquelles les catholiques étaient partagés. Plus de luttes d’influence entre les différents ordres du clergé et les différentes classes de la société chrétienne; car, en dépouillant le clergé séculier de ses biens et en éclaircissant ses rangs, en réduisant les ordres religieux à une condition encore plus précaire, et en menaçant les fidèles de la privation de tout

secours religieux, s’ils ne viennent en aide à leurs prêtres, la Révolution a ôté tout prétexte à la rivalité, et a fait du secours mutuel une nécessité, autant qu’une obligation.

Qui ne voit, d’un autre côté, le rapprochement que l’Esprit de Dieu accomplit dans toutes les parties de l’Église? Comme les membres les plus éloignés du corps s’empressent de se rattacher au chef ! Comme la persécution , qui avait pour but de consommer le schisme, a fait disparaître les causeè qui semblaient le rendre inévitable ! Combien de nuages menaçants, qui naguère obscurcissaient notre ciel, se sont dissipés ! Combien de préjugés et d’illusions se sont évanouis! Tandis que quelques membres gangrenés ont été séparés du corps, combien d’autres, dont la séparation paraissait imminente, ont repris toute leur vigueur !

Nous pouvons donc espérer de voir le vœu du Cœur de Jésus pleinement réalisé, et l’Église retrouver, au sein de ses cruelles épreuves, la parfaite unité, qui est la garantie la plus assurée de son triomphe. C’est ce que nous devons demander avec une ferveur toujours croissante, comme l’Église le demande elle-même par la bouche de tous ses ministres, chaque fois qu’ils célèbrent le saint sacrifice, le lie*i principal de son unité. « Seigneur Jésus-Christ, qui avez dit à vos Apôtres : Je vous laisse ma paix ; je vous donne ma paix; ne regardez pas mes péchés, mais la foi de votre Église ; accomplissez en elle votre désir, et donnez-lui la paix et l’union. »

Cette prière, que chaque prêtre fait avant la communion, nous montre ce que nous devons demander nousmêmes, chaque fois que nous assistons au divin sacri-

fice, chaque fois surtout que nous participons au mystère eucharistique. Elle nous rappelle le vœu du Cœur de Jésus et le devoir qui nous incombe spécialement à nous, qui faisons profession de partager les désirs de ce divin Cœur et d’exercer son apostolat. Ce n’est pas seulement par la prière que nous devons promouvoir l’union de tous les serviteurs de Dieu. Toute notre influence doit s’exercer dans ce sens. Notre apostolat doit être, par-dessus tout, Y apostolat de V union.

Si d’autres mettent leur zèle à faire naître et à entretenir les dissentiments, il faut mettre le nôtre à les dissiper. Fermement attachés au centre de l’unité, qui est le seul lien possible de l’union, nous défendrons ses droits de* manière à attirer et non à repousser ceux que certaines illusions éloigneraient encore. C’est ainsi que nous contribuerons, dans la mesure de notre pouvoir, à hâter la fin de nos épreuves et le complet avènement du règne de Jésus-Christ. Car le divin Maître l’a dit : c’est la parfaite union de ses serviteurs qui doit soumettre le monde à l’empire de sa foi ; Sint unwm sicut et nos unum sumus, ut credat mundus quia tu me misisti .

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