CHAPITRE II
Du Règne social de JÉSUS- CHRIST.
Dieu le Père, en envoyant son Fils unique dans le monde et en le constituant le chef de Thumanité. entière, ne lui a pas moins donné l’empire des peuples que l’empire des âmes isolées ; ou plutôt, les hommes ne pouvant vivre isolés et la société étant une condition essentielle de leur nature, la royauté individuelle de Jésus-Christ ne saurait se concevoir distincte de sa royauté sociale. L’établissement de cette royauté dans l’univers, tel est le but que la Providence poursuit dans les révolutions du monde moderne, comme la préparation de cette même royauté était le but des révolutions du monde ancien.
Chaque peuple a sa part dans cette grande œuvre. Ils apparaissent les uns après les autres, au temps marqué par la Providence. La puissance leur est donnée pour accomplir leur mission, et, suivant qu’ils l’accomplissent avec plus ou moins de fidélité, ils reçoivent en récompense les succès qui produisent la gloire et les biens qui constituent la prospérité.
Ainsi, avant la venue de Jésus-Christ, toutes les grandes monarchies, les Chaldéens et les Assyriens,