CHAPITRE VII
Le Mot d’ordre f.
A toute armée il faut un mot d’ordre, qui serve aux soldats de signe de reconnaissance et de ralliement. Et, lorsque arrive l’heure de la lutte décisive, le mot d’ordre devient parfois le cri de guerre. Après l’avoir dit à l’oreille de ses lieutenants, le général, au moment de la mêlée, le crie à l’armée entière ; il est transmis de rang en rang; et, s’il exprime énergiquement les sentiments dont tous les cœurs doivent être animés, il en augmente la vivacité à mesure qu’il est répété avec plus d’enthousiasme. Il est telle de ces paroles célèbres qui a contribué au gain de la bataille, plus que les armes les plus puissantes.
Le chef de la grande armée de Dieu nous a donné, depuis longtemps, le mot d’ordre qui doit conduire les siens au combat et leur assurer la victoire. Adveniat regnurn tuum : Que votre règne arrive ! Cette courte parole, dite d’abord aux Apôtres, et transmise par eux à toutes les générations, résume très nettement le but de la mission du divin Maître, les désirs de son Cœur, les devoirs et les espérances de ses soldats. Aussi, depuis dix-neuf siècles, les vrais chrétiens
1 Messager, t. XXV, p. 358.
LE MOT D’ORDRE
n’ont-ils pas cessé de faire monter vers le ciel cette prière. Mais ce qui fut toujours, pour les fidèles, une stricte obligation est devenu, de nos jours, un besoin plus urgent.
Pour nous mettre en état de bien saisir la portée de ce mot d’ordre, étudions, d’abord, en elle-même et dans la pensée du divin Maître, la parole qui va nous servir de devise. Il nous sera facile de comprendre, ensuite, combien parfaitement elle répond aux nécessités de l’heure présente.
Qu’a prétendu le Sauveur, lorsqu’il nous a ordonné de demander, chaque jour, à notre Père des cieux l’avènement de son règne? Est-ce le bonheur céleste dont nous devons, par ces paroles, solliciter pour nous-mêmes la concession ? Nous pourrions le croire, s’il nous était permis de nous en tenir à la traduction de l’Oraison dominicale, adoptée par un certain nombre de chrétiens. Lorsqu’ils récitent, dans la langue vulgaire, la prière du Seigneur, ils disent : Que votre règne nous arrive. Mais si utile que puisse être cette version, elle n’est pas pour cela plus acceptable. Si la pensée qu’elle exprime eût été celle du divin Maître, il ne nous aurait pas laissé le soin de corriger sa formule, en y ajoutant une expression qu’il a omise. Il aurait dit, et il nous aurait fait dire : Adoeniat nobis regnum tuum! Ce n’est pas évidemment par oubli qu’il a omis ce mot : nobis ; mais si c'est à dessein qu’il s’est dispensé de l’employer, de quel droit corrigerions-nous son œuvre et lui ferions-nous dire ce qu’il n’a pas dit ?
Le respect dû à une formule aussi sainte devrait suffire pour nous détourner d’y introduire le moindre changement. Aussi, ne pouvons-nous approuver les personnes qui, poussées par une piété mal entendue, ajoutent, dans la traduction de la troisième demande du Pater y un mot qui est également absent des textes primitifs, et disent : Que votre sainte volonté soit faite! Mais ici, du moins, l’addition d’un mot n’entraîne aucune altération du sens. Quand, au contraire, on dit : Que votre règne nous arrive, au lieu de dire simplement : Que votre règne arrive, on demande tout autre chose que ce que le divin Maître nous ordonne de demander en cet endroit.
Tous les commentateurs s’accordent à faire ressortir l’ordre admirable de cette prière, qui renferme le plus parfait de tous les actes d’amour.
De même que la charité a deux objets, un objet premier, qui est Dieu, et un objet secondaire, nous et les autres hommes, ainsi l’Oraison dominicale se compose de deux parties. Dans la première, qui renferme les trois premières demandes, nous nous occupons des intérêts de Dieu; dans la seconde, formée des quatre autres demandes, nous recommandons à Dieu nos intérêts et ceux de nos frères. Cet ordre est bouleversé par l’addition du mot nous à la seconde demande. Cette addition, très innocente sans doute dans l’intention des chrétiens qui l’ont inconsciemment adoptée, n’en constitue pas moins un véritable empiètement de nos intérêts dans le domaine réservé aux intérêts de Dieu ; elle transforme en un acte d’espérance ce qui, dans la pensée du divin Maître, devrait être un acte de pure charité.
Quel est donc le vrai sens de cette demande? La
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réponse à cette question va nous être fournie par le commentaire le plus complet et le plus autorisé de l’Oraison dominicale, par le catéchisme du Concile de Trente.
Suivant son explication, la clause qui termine la troisième demande, sicut in cœlo et in terra , doit être rapportée également aux deux demandes précédentes : nous demandons à notre Père des cieux, non seulement que sa volonté soit faite, mais aussi que son nom soit sanctifié et que son règne arrive sur la terre comme au ciel.
Ce n’est donc pas de nous qu’il s’agit dans la seconde demande, c’est de Dieu ; et ce n’est pas directement du règne de Dieu sur les élus pendant l’éternité, mais de son règne terrestre qu’il y est question. Sans doute, nous ne perdons pas de vue le royaume céleste, et nous ne prétendons pas renoncer à la part de gloire qui nous reviendra dans ce royaume ; mais* ce que nous demandons avant tout, c’est que, dès la vie présente, celui qui est, de droit, le souverain Seigneur de toutes choses, soit, de fait, loué, servi et aimé par les hommes; et que les habitants do ce grain de sable qu’on nomme la terre, cessant de lutter contre leur Créateur, lui rendent enfin la gloire que lui rend l’immensité des cieux.
Tel est le véritable objet de cette seconde demande : l’avènement du règne de Dieu sur la terre comme au ciel. Et comme Dieu le Père règne sur la création par Celui qu’il a constitué son héritier et auquel il a soumis toutes choses; comme, de son côté, Jésus-Christ ne veut régner aujourd’hui sur la terre que par son amour, demander l’avènement du règne de Dieu, c’est demander le triomphe du Cœur de Jésus, la parfaite
réalisation de ses desseins, l’assujettissement de tous les cœurs au joug suave de sa charité.
Oui, c’est cela que Jésus-Christ nous a ordonné de désirer et de demander sans cesse. Sic orabitis : Pater noster qui es in cœlis, adveniat regnum tuum , sicut in cœlo et in terra. Il ne s’agit pas ici d’un simple conseil, mais d’un devoir rigoureux. La loi de la prière, dont il n’est permis à personne de contester la force obligatoire, s’applique à ce suprême intérêt de Jésus-Christ plus encore qu’à nos propres intérêts, puisque, dans le modèle fournipar le divin Maître pour l’accomplissement de cette loi, cet intérêt général de son Cœur prend le pas sur les intérêts particuliers de ses disciples. Il n’est donc permis à aucun chrétien de demeurer indifférent à l’état misérable dans lequel se trouve l’humanité; de se résigner à voir Jésus-Christ méconnu par le plus grand nombre de ceux qu’il a rachetés, et outragé par le plus grand nombre de ceux qui le connaissent. Le triste spectacle que nous avons constamment sous les yeux devrait, à chaque instant, faire jaillir de notre cœur cette aspiration : Que votre règne arrive î Que la rébellion soit enfin domptée ! Que l’amour cesse d’être haï et qu’il triomphe du cœur des hommes : Adveniat regnum tuum !
Cette aspiration résume toutes les demandes du Pater, comme le Pater résume tous les désirs du Cœur de Jésus. Il est évident que, si le règne de ce divin Sauveur était parfaitement établi sur la terre, le nom de Dieu serait sanctifié, sa volonté serait accomplie ; toutes les âmes auraient leur nourriture; les besoins corporels des indigents seraient eux -mêmes soulagés ; tous pardonneraient, et tous, par conséquent, obtiendraient leur pardon pour les légères offenses qu’entrai -
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nerait encore l’humaine faiblesse; les tentations perdraient leur force; et, si le mal n’était pas complètement éliminé de la terre, il cesserait de faire peser sur elle son joug tyrannique. Donc, en demandant le plein avènement du règne de Jésus-Christ en nous et dans les autres, nous renfermerons, dans cette seule demande, tout ce qui doit être l’objet de nos désirs, tout ce qui fait l’objet des désirs du Cœur de Jésus, le résultat que le Verbe incarné a eu en vue dans les travaux de sa vie et les souffrances de sa Passion, le but qu’il a poursuivi quand il est descendu du ciel sur la terre.
Il n’est venu, en effet, ici-bas, que pour rendre la terre semblable au ciel, en soumettant cette partie inférieure de son empire à la loi qui régit les sphères supérieures, à la loi de la divine charité. Si donc l’amour véritable consiste à s’approprier les intérêts de Celui qu’on aime, et à partager ses désirs, le dévouement des chrétiens à Jésus- Christ se mesurera à l’ardeur avec laquelle ils prient et travaillent pour le plein avènement de son règne.
Mais on nous dira, peut-être, qu’interpréter ainsi la seconde demande de l’Oraison dominicale, c’est proposer aux prières de l’Église un but chimérique.
Il ne manque pas de chrétiens, nous le savons, qui, mesurant par l’infirmité humaine ce qu’il est permis d’attendre de la bonté divine, voudraient nous obliger à croire que le monde, s’il ne devient pas beaucoup plus mauvais, ne sera du moins jamais meilleur qu’il n’a
été jusqu’à ce jour. Ils font donc leur deuil du royaume terrestre de Jésus-Christ, et, si on jugeait de leurs sentiments par leur langage, on pourrait croire que ce deuil ne trouble guère leur repos. Ils se résignent, en apparence sans trop de peine, à voir le divin Sauveur méconnu et outragé par l’immense majorité des hommes. Qu’il soit mort pour tous, sans exception, et qu’il n’ait jamais encore été adoré que par le petit nombre, c’est, à leurs yeux, chose toute simple; et ils ne veulent pas souffrir qu’on exprime l’espoir de voir le divin amour se relever jamais de la défaite qu’il subit aujourd’hui. Ceux qui nourrissent ces espérances sont des utopistes et des rêveurs, aux yeux de ces sages pessimistes.
Nous ne voulons pas disputer, en ce moment, avec eux, mais nous leur dirons, en nous appuyant sur l’autorité de l’Église, si clairement manifestée par le catéchisme du Concile de Trente, que ce qu’ils ne veulent pas nous permettre d’espérer, ils sont obligés, strictement obligés, de le demander sans cesse. Libre à eux de croire, si cela leur plaît, que Jésus- Christ leur ordonne de demander l’impossible, et que Dieu refusera, jusqu’à la fin, d’exaucer les supplications que l’Église entière fait monter vers son trône depuis dixneuf siècles.
Mais qu’ils soient strictement obligés de se joindre à ces supplications, c’est ce dont il ne leur est pas per^ mis de douter. Oui, ils sont obligés, strictement obligés de prier pour que Jésus-Christ, à qui Dieu, son Père, a donné toutes les nations en héritage, cesse de voir sa royauté, de fait, bornée à quelques âmes; ils sont obligés, strictement obligés, de demander qu’il règne sur toutes les âmes, sur toutes les familles, sur
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toutes les sociétés; car tout cela est renfermé dans cette parole : Adveniat regnum tuum. Nous ne savons trop avec quelle ferveur et quelle confiance cette prière peut être faite par ceux qui se persuadent qu’elle ne sera jamais exaucée. Mais, pour nous, en la faisant, nous avons l’intime conviction de ne pas être poussés par la vérité éternelle à la poursuite d’une chimère.
Ce que nous reconnaissons volontiers, c’est que, en proposant à nos désirs l’avènement du règne de Dieu sur la terre comme au ciel, Jésus-Christ a mis devant nos yeux un idéal.
Il n’a pas agi autrement, lorsqu’il nous a ordonné de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés, et lorsqu’il a demandé pour nous à Dieu, son Père, la même unité qui existe entre son Père et lui. En tout cela, le divin Maître nous a proposé une perfection idéale. L’Évangile tout entier est un idéal, mais ce n’est pas pour cela une chimère. Si l’idéal est irréalisable, il n’en est pas moins éminemment pratique, parce qu’il nous pousse à nous rapprocher de lui xle plus en plus, par l’impuissance même où nous sommes de l’atteindre parfaitement. Non, ce n’est pas poursuivre une chimère que de demander l’avènement du règne de Jésus-Christ sur la terre comme au ciel, puisque, de fait, le règne béatifique de la charité de Jésus-Christ ne peut être établi, au ciel, dans les âmes, que dans la mesure dans laquelle le règne méritoire de cette divine charité y aura été établi sur la terre.
Non seulement la ressemblance entre l’un et l’autre n’est pas chimérique, mais leur corrélation est nécessaire. Il y aura toujours, nous le savons, entre l’empire terrestre du divin Roi et son règne céleste, la
différence qu’y met la convoitise, dont nous ne serons jamais entièrement délivrés. Mais cette différence peut décroître de plus en plus ; le nombre des ennemis de Jésus-Christ peut diminuer ; le nombre et le dévouement de ses amis peuvent augmenter ; son règne peut, par conséquent, s’étendre toujours; et il aurait, depuis longtemps, acquis un développement beaucoup plus considérable, si tous les chrétiens, comprenant mieux la pensée du divin Maître, eussent coopéré plus activement, par leurs prières et leur action, à l’avènement de ce règne bienheureux.
Eh bien î ce que nous n’avons pas fait, jusqu’à ce jour, avec toute l’activité désirable, il faut le faire aujourd’hui; car les circonstances présentes rendent incomparablement plus urgent le devoir qu’imposait déjà, aux chrétiens des autres âges, le commandement exprès du Sauveur. Il ne s’agit plus, en effet, seulement, pour les soldats de Jésus-Christ, d’étendre son règne et de soumettre à son joug les âmes et les nations esclaves de Satan, il s’agit d’empêcher que ce règne ne soit complètement détruit par la ligue satanique, qui en a déjà brisé tous les appuis humains.
Il faudrait être bien étranger à ce qui se passe dans le monde, depuis un siècle, pour ignorer qu’il s’est formé, au sein même de la chrétienté, une vaste conjuration qui a pour but unique de soustraire l’humanité à l’autorité du Roi Jésus. Rien ne manque à cette conjuration pour en assurer le succès. Tandis qu’elle séduit
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les intelligences par la plus spécieuse de toutes les doctrines, le libéralisme, elle unit et fortifie les volontés par la plus savante, la plus générale et la plus compacte de toutes les organisations, la Franc-Maçonnerie.
Et voilà qu’à l’aide de cette organisation, la doctrine libérale a envahi la chrétienté tout entière. Maîtresse presque absolue de la presse, qui est la plus grande puissancedontl’humanité ait jamais disposé, elle est déjà parvenue à soustraire au joug de Jésus-Christ et de son Église toutes les sociétés civiles , sans exception ; et, comme l’autorité civile a un souverain pouvoir suf les sociétés inférieures et, par suite, sur les individus eux-mêmes, la destruction de la royauté sociale de Jésus-Christ doit naturellement entraîner, tôt ou tard, le renversement de son autorité sur les familles et sur les âmes.
Aussi les ennemis du divin Roi se flattent-ils d’avoir déjà remporté sur lui un complet triomphe. L’Église, sa citadelle terrestre, est démantelée ; toutes les institutions qui faisaient sa force sont détruites; l’éducation de ses enfants est déchristianisée ; le recrutement de ses ministres est rendu impossible ; il n’y a qu’un dernier assaut à livrer, et l’armée entière s’élance vers la brèche en répétant, contre l’Église, le cri des anciens bourreaux du Sauveur : « Nous ne voulons plus de Jésus-Christ pour Roi. Nolumus hune regnare super nos . »
En présence de ce suprême danger, quel est le devoir qui s’impose aux serviteurs de Jésus-Christ?
Puisque sa royauté est plus violemment attaquée qu’elle ne le fut jamais, il faut qu’ils se portent avec un redoublement de courage à sa défense. Au cri de guerre de la révolte, il faut qu’ils opposent le cri de guerre
de la fidélité : Adveniai regnum tuum ! Et puisque le seul règne que Jésus-Christ veuille établir sur la terre est celui de son amour, il faut que leur devise soit inscrite autour de l’image du Cœur de Jésus; qu’elle soit placée sur leur poitrine et ne les quitte jamais; qu’elle soit là, pour animer toutes les palpitations de leur cœur ; qu’elle formule l’intention qui dirigera tous les mouvements; qu’elle surnaturalise et rende apostoliques toutes leurs œuvres, toutes leurs prières, toutes leurs souffrances. Il faut que, dans toutes les parties du monde chrétien, les vrais amis de Jésus-Christ puissent se reconnaître à ce signe, s’unir dans cette même aspiration, se soutenir les uns les autres dans la poursuite de ce même but. Il faut que de tous les cœurs partent sans cesse des soupirs enflammés ; et que ces millions d’aspirations, montant ensemble vers le ciel, avec une force toujours croissante, détournent les fléaux de la justice divine, et attirent sur la terre l’abondance des divines miséricordes.
Ainsi, ce que l’Église demande depuis dix-neuf siècles, il faut l’obtenir, enfin, par un redoublement d’efforts et de confiance. C’est le devoir de tous les chrétiens ; mais c’est la mission spéciale des Associés de l’Apostolat. Du moment qu’ils ont adopté le scapiïlaire du Cœur de Jésus, où est inscrit ce mot d’ordre, rien n’est plus facile que de renouveler cette union de leurs intentions avec celles de ce divin Cœur qui comprend tout l’esprit et toute la substance de l’Œuvre., La main portée sur cette image, un mouvement intérieur que l’habitude rendra, en quelque sorte, instinctif, suffiront pour répondre au Mot d'ordre adopté par notre sainte Ligue.
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Adveniat regnum tuum ! Cette prière deviendra à la fois notre aspiration et notre respiration : notre aspiration, puisque l’Esprit de Jésus-Christ présent en nous ne cesse de bous l’inspirer ; notre respiration, puisque nous ne cesserons de la produire sous l’influence de ce divin Esprit. Quoi de plus propre à stimuler notre zèle que ce souvenir, constamment rappelé à notre esprit de l’œuvre divine dont nous sommes les coopéra teuÉs ! Quoi de plus noble, que de travailler à l’avènement du règne de Jésus-Christ! Quoi de plus consolant, que la certitude d’y travailler efficacement par chacune de nos œuvres, par chaque soupir de notre cœur!
En effet, ces aspirations qui s’échappent sans cesse de notre poitrine n’auront pas seulement pour résultat de nous animer nous-mêmes au combat, ce seront encore des coups vigoureux portés à nos ennemis. Si la prière est un glaive; si, de toutes les prières, celle que le Sauveur nous a enseignée est la plus efficace, et si l’aspiration que nous adoptons pour notre devise concentre, en elle-même, toute cette divine efficacité, qui pourra résister aux coups redoublés de ce glaive, manié à la fois et tourné contre les ennemis de l’Église par autant de soldats que l’Apostolat de la Prière compte d’ Associés ?