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CHAPITRE PREMIER

L'esprit de foi 4.

Tel est le premier caractère de l’esprit dont le Cœur # de Jésus anime les cœurs qui se livrent à lui sans réserve; tel est le premier trésor dont il les enrichit, le premier élément de la force dont il les revêt, et à l’aide de laquelle les plus faibles deviennent capables d’opérer les plus grands prodiges, l’esprit de foi.

Voulons-nous devenir les instruments de ce divin Cœur et nous mettre en état de coopérer à ce miracle des miracles, qui seul peut régénérer la société? Il faut, avant tout, que nous devenions des hommes de foi, il faut que nous ressuscitions en nous l’esprit de foi.

L’esprit de foi dit plus que la vertu de foi : c’est la perfection de cette vertu, son plein développement, l’épanouissement de sa divine énergie.

L’esprit de foi diffère de la vertu de foi comme la raison de l’homme diffère de celle de l’enfant, ou

* Messager , t. XLII, p. 5.

comme l’habileté d’un grand artiste diffère de la connaissance des lois essentielles de l’art.

Tout chrétien en état de grâce possède la vertu de foi ; et il ne pourrait la perdre, que s’il refusait volontairement son adhésion à la parole divine. Mais, parmi ceux qui admettent sans hésiter ce que l’Église enseigne, un grand nombre laissent dormir cette foi au fond de leur intelligence; et, loin d’en faire la règle constante de leur conduite, ils se laissent habituellement guider par les apparences sensibles ou par les lumières de la sagesse humaine.

Ces hommes ont la foi, mais ils n’ont pas l’esprit de* foi. La foi leur donne la puissance de connaître les vérités surnaturelles et d’apprécier à leur juste valeur les biens du ciel; l’esprit de foi leur donnerait, de plus, l’usage habituel de cette puissance, et ne leur permettrait pas de fixer leurs regards sur les biens passagers d’ici-bas.

Le chrétien qui a simplement la foi a besoin de faire un effort pour élever sa pensée à Dieu, et pour découvrir les réalités invisibles à travers les apparences visibles dont l’éclat l’éblouit. L’homme de foi, au contraire, voit Dieu partout ; et les choses sensibles, loin de le lui cacher, le lui révèlent. Au lieu d’être pour lui, comme pour la plupart des hommes, un voile qui arrête sa vue, la création est un miroir dans lequel ses yeux découvrent, avec ravissement, les beautés du monde incréé, qu’il ne lui est pas encore permis de voir directement en elles-mêmes.

Il est bien des hommes dont nous avons connu l’existence avant d’être en rapport avec eux. Nous savions leur nom, nous avions même une certaine connaissance de leur caractère, de leurs sentiments, de

leurs actions; sur tous ces points, nous avions une certitude qui excluait toute possibilité de doute, mais si certaine qu’elle lût, cette connaissance était bien différente de celle que nous avons acquise lorsque nous nous sommes trouvés en relation avec ces mêmes hommes, lorsque nous les avons vus agir, lorsqu’ils nous ont eux-mèmes exprimé leurs sentiments, lorsque nous avons pu recevoir les marques de leur affection et entretenir avec eux le doux commerce de l’amitié.

C’est ce second genre de connaissance que l’esprit de loi nous donne, non plus à l’égard de l’un de nos semblables, mais à l’égard de notre Père du ciel. Ce n’est pas encore la vision intuitive, mais c’en est l’ébauche ; ce n’est pas cette lumière de gloire qui nous permettra de voir Dieu lace à lace, et de le connaître comme il se connaît lui-même : c’est un sens divin, un instinct céleste, qui nous lait reconnaître Dieu, comme l’enfant reconnaîtrait sa mère, alors qu’aucun signe sensible ni aucune donnée rationnelle ne lui permettrait de la discerner avec certitude entre les autres femmes. Ne demandez pas à ce petit enfant, qui se presse avec tant d’amour sur le sein de sa mère, comment il sait que c’est bien là celle qui lui a donné le jour; il ne pourrait vous le dire, et il est incapable de s’en rendre compte à lui- même ; mais il n’hésite pourtant pas : ce que sa raison ne peut discerner, son cœur le lui révèle; c’est une sorte d’instinct vital qui le porte vers le sein d’où sa vie a découlé.

Cet instinct n’est pas exclusivement propre à l’homme; nous le retrouvons même chez les êtres inférieurs. Dans le troupeau le plus nombreux, chaque agneau discerne, entre mille brebis, celle dont le sein l’a porté et dont il a le droit d’aller sucer les mamelles.

Entre mille bêlements tous semblables, il reconnaît le bêlement de sa mère, et il ne l’a pas plutôt entendu, qu’il s’empresse de répondre à son appel.

Nous étonnerons-nous que Celui « de qui dérive toute paternité au ciel et sur la terre » ait donné à ses enfants un instinct analogue pour le reconnaître avec certitude, un sens divin pour le voir et l’entendre, alors même que leur raison ne serait pas suffisamment développée pour leur démontrer philosophiquement son existence et leur manifester ses desseins? N’qurait-il pas manqué à sa sagesse, s’il eût refusé cet instinct à ceux qui en avaient le plus de besoin pour l’accomplissement de ses desseins ?

Tous les chrétiens ne sont pas appelés à être philosophes; mais tous sont appelés, comme les vrais enfants de Dieu, à le connaître, à l’aimer et à mériter son céleste héritage. L’accomplissement de cette divine destinée lui eût été impossible si, pour suppléer à l’impuissance de leur raison, leur Père céleste ne leur eût pas donné un sens divin qui les mît en état de commencer avec lui, dès cette terre, les filiales relations qui doivent se produire et se consommer dans le ciel.

Aussi n’y a-t-il pas manqué. Saint Paul nous l’atteste (1 Cor. h, 14, seq.) : « Nous avons reçu par Jésus-Christ ce sens de Dieu à l’aide duquel nous connaissons les choses de Dieu. Celles même qui seraient impénétrables à notre raison, les mystères cachés dans les profondeurs de l’être divin, l’Esprit de Dieu nous les a révélés. Tandis que ces vérités supérieures demeurent inaccessibles à l’homme de la chair, à celui qui n’est éclairé que des vacillantes lumières de la sagesse humaine, nous les saisissons par ce sens divin que crée en nous l’Esprit de Jésus-Christ. »

Ce n’est pas à dire pourtant que l’esprit de foi soit un instinct aveugle et irrationnel. Bien loin de là. II est supérieur aux forces de la raison, indépendant des divers degrés de son développement; mais il est en parfaite conformité avec ses lumières. Il est donc éminemment rationnel, tout en étant supra-rationnel .

L’enfant qui n’a connu sa mère que par instinct, tant que l’instinct a été son seul guide, trouvera plus tard, quand il sera en possession de sa raison, mille motifs rationnels pour se démontrer à lui-même que son instinct ne l’a point trompé. Ainsi en est-il des chrétiens éclairés par l’esprit de foi. A ceux dont la raison n’est pas suffisamment développée pour les conduire à Dieu, cet esprit de foi offre un supplément surnaturel au défaut de leurs lumières naturelles ; mais que la vivacité de l’esprit de foi se rencontre, dans une âme, avec le plein épanouissement de la raison, ces deux lumières, loin de s’obscurcir l’une l’autre, s’éclaireront mutuellement. La foi de ce chrétien affermira les convictions de sa raison, et sa raison lui fournira chaque jour de nouveaux motifs de s’attacher à sa foi.

Nous recoimaîtrons même, en y réfléchissant, que le chrétien auquel la vivacité de sa foi rend Dieu présent partout et partout visible est, de tous les hommes, celui qui use le plus et le mieux de sa raison.

En quoi consiste l’exercice de la raison? N’est-ce pas à voir la réalité des choses, sans se laisser tromper par les apparences ? Un homme est devant moi ; il

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me parle; j’entends le son de sa voix; je saisis dans ses yeux, sur son visage, dans ses gestes, l’expression des sentiments qu’il me manifeste par ses paroles. Il n’y a pourtant rien que de matériel dans ce qui frappe mes yeux et mes oreilles; un animal entend ces mêmes sons, voit ces mêmes gestes. Mais l’animal ne voit rien au delà. Ce qui me distingue de lui, c’est que sous ces signes, qui seuls frappent mes sens, je discerne une réalité invisible par elle-même. Je vois l’âme de celui qui me parle; je saisis les idées de son intelligence, les sentiments de son cœur, les résolutions de sa volonté. Le pouvoir de saisir ces réalités insensibles sous les apparences sensibles, c’est ce qui constitue ma raison et qui m’élève au-dessus de l’animal.

Nous sommes pourtant ici hors de la sphère des vérités nécessaires. Une raison qui ne voudrait se contenter que de la certitude mathématique pourrait se demander si, dans le commerce avec ses semblables, elle n’est pas le jouet d’une continuelle illusion. Elle pourrait se dire : « Quel droit ai-je de me croire en rapport avec un esprit, alors que je ne vois que de la matière? Qui me dit que le mouvement de ces lèvres et l’expression de ces yeux ne sont pas le résultat des lois du corps? Est-il bien prouvé que ces sons, qui frappent mon oreille, expriment les pensées et les sentiments d’une âme vivante ; qu’il y ait là autre chose qu’un automate, exécutant tous ces mouvements par une impulsion purement mécanique? On ne saurait évidemment opposer à ces doutes aucune démonstration mathématique ; et pourtant il n’est pas d’homme sensé qui songeât à les prendre au sérieux. Une raison qui se laisserait arrêter par ces scrupules serait souverainement déraisonnable. Celui-là serait universelle-

l’esprit de foi.

ment tenu pour fou qui, de crainte de céder à une illusion, ne verrait dans ses semblables que des corps sans âme, et, dans leur langage, que des sons inintelligents.

Cette folie est celle de tous les hommes que l’esprit de foi a complètement abandonnés. En perdant le sens de Dieu, ils spnt devenus incapables de voir la réalité des choses, et ils n’en saisissent plus que les apparences.

Assurément, l’ordre si parfait de cet univers, les mouvements si harmonieux par lesquels les êtres qui le composent concourent à la production et à la conservation les uns des autres, tout ce qui frappe nos yeux, soit dans le firmament, soit sur la terre, ne révèle pas moins manifestement la présence et l’action d’une sagesse et d’une bonté infinies, que les gestes d’un homme et l’expression de ses yeux ne nous révèlent l’existence et les sentiments de son âme. Des deux côtés, l’invisible se montre par le visible ; et le lien qui unit l’un à l’autre n’est ni moins étroit ni moins rationnel dans les manifestations de la puissance divine que dans celles de la pensée humaine.

Que fait donc l’homme dépouillé de l’esprit de foi ? Il agit par rapport à Dieu comme l’animal agit par rapport à l’homme ; et même l’avantage est ici du côté de l’animal : car le chien, auquel son maître fait un commandement, discerne dans sa parole autre chose qu’un son ; il en saisit partiellement le sens ; tandis que dans le témoignage si éloquent que la création rend à la sagesse et à la bonté de son Créateur, l’homme que la foi n’éclaire plus n’entend que des sons incohérents. Dans la touchante révélation, écrite sur toutes les pages de ce grand livre, il ne voit que la beauté

des caractères ; mais il n’en comprend point le sens. Qu’est-ce que cela, sinon abdiquer le plus noble exercice de la raison?

L’esprit de foi, au contraire, fait constamment briller à nos yeux, à travers les ombres qui passent, la vérité qui seule demeure. Il n’y a de vérité substantielle et essentielle que Dieu. L’esprit de foi nous rend visible cette lumière dont toutes les autres clartés ne sont que de pâles reflets. 11 nous met en communication constante avec Dieu. Derrière toutes les créatures bonnes ou mauvaises, il nous montre Celui par qui seul elles subsistent, et dont, bon gré mal gré, elles exécutent les desseins. Dieu est là, en effet, aussi intimement présent à la création tout entière que l’àme est présente dans le corps. Il ne se produit pas, dans ce grand corps de l’univers, un seul mouvement dont il ne soit le principe ; les créatures mêmes, auxquelles il a donné avec la liberté le pouvoir de coopérer à ses desseins ou de les combattre, reçoivent de lui seul la force d’abuser de cette liberté; et, tandis que leur malice l’outrage, sa bonté s’en sert comme d’un instrument pour la sanctification de ses élus.

En exposant la nature de l’esprit de foi, nous avons suffisamment fait connaître sa vertu. Il a pour compagnes inséparables la paix et la force ; et il les fait entrer avec lui dans tous les cœurs qui ont le bonheur de le posséder

La paix, d’abord : ce parfait repos de l’âme qui

éloigne toutes les anxiétés et dissipe toutes les craintes, cette imperturbable assurance dont jouissait le Cœur de Jésus au milieu même des tourments et du délaissement apparent de sa passion. Comment ne serait-elle pas également pour les amis de Jésus-Christ le résultat de l’esprit de foi dont il les anime ? Ne peuvent-ils pas dire comme lui : « Je vois le Tout-Puissant toujours présent devant moi. Il est là constamment à ma droite, pour écarter de moi tout sujet de trouble et d’inquiétude. » (Ps. xv, 8.)

Et avec lui ils ajoutent : « Aussi mon cœur est-il constamment dans la joie ; ma bouche ne peut proférer que des chants d’allégresse; et l’espérance ne m’abandonnera pas au moment même où mon corps sera couché dans le tombeau. »

Envisagés en eux-mêmes, tels que les voient les yeux de la chair, les événements dont nous sommes les témoins ont, sans doute, de quoi nous attrister et nous décourager; mais si, par la vertu de l’esprit de foi, nous les envisageons dans la pensée de Dieu et dans eurs résultats définitifs, nous ne serons pas plus troublés que ne l’était notre divin Maître, lorsqu’il voyait ses amis dispersés et ses ennemis exécutant librement contre lui leurs impies complots.

Avec une paix inaltérable, cette claire vue de la vérité des choses créera en nous une force invincible. Que n’osera pas celui qui se sent appuyé par le Tout- Puissant? Comment craindrait-il des ennemis qui tiennent de son divin auxiliaire tout le pouvoir qu’ils ont de le combattre? Comment s’épouvanterait-il de la grandeur des obstacles, qu’il sait n’avoir été placés sur son chemin qu’afin de lui procurer la gloire de les surmonter ?

Le chrétien qu’anime l’esprit de foi est également à l’abri des deux écueils contre lesquels vient, trop souvent, échouer la bonne volonté des gens de bien : il se tient également éloigné d’une espérance présomptueuse et d’un lâche découragement. Assuré du secours de Dieu, il ne se laissera abattre par aucun revers ; mais sachant, d’un autre côté, que Dieu demande notre concours, il n’attendra pas, les bras croisés, un miracle qui le dispense d’agir. Il fera bravement et constamment ce qui est en son pouvoir, et il comptera sur le Tout-Puissant pour suppléer à son impuissance.

C’est animé de cet esprit que le grand Pie IX disait aux officiers de l’armée pontificale : « Pendant leur voyage, les Hébreux avaient devant eux une colonne de feu pendant la nuit, et un nuage de fumée pendant le jour, et l’un et l’autre indiquaient la voie qu’ils devaient suivre. Pour nous, nous avons la foi vive qui éclaire comme une colonne de feu pour nous indiquer le chemin que doit battre un chrétien; mais nous voyons aussi une colonne de fumée, qu’ont soin d’indiquer les ministres de Dieu et les âmes droites, afin que personne ne s’en approche. Ce sont des ténèbres, c’est une obscurité profonde, et quiconque a le malheur d’y mettre le pied ne trouve plus la voie qui doit le conduire dans le droit sentier,

« Les Hébreux, après leur long pèlerinage, purent enfin s’asseoir sur l’autre rive de la mer Rouge, et chanter avec Moïse l’hymne d’aetion de grâces au Seigneur : Cantemus Domino , gloriose enim magnificatus est ; equum et ascensorem projecit in mare. C’est ainsi que nous-mêmes, en nous maintenant constamment attachés à la foi, et nous éloignant des périls qui la menacent, nous aurons enfin le bonheur , avec le

secours de Dieu , de sortir du labyrinthe qui nous entoure, et de parvenir enfin à respirer un air purifié des miasmes pestilentiels de l’impiété ; d’entonner l’hymne d’action de grâces à Dieu, pour nous avoir délivrés de tant de maux, et nous avoir permis enfin de reposer en paix, non plus dans le désert, mais sur un territoire où nous aurons l’assurance de n’ètre plus molestés.

« Oh ! que Dieu nous la conserve encore pendant des siècles, c’est-à-dire pendant tout le temps qu’il lui plaira de faire durer cette vallée de misères et de larmes ; c’est là un trésor beaucoup plus précieux que des masses d’or, beaucoup plus grand que tout ce qu’il y a de plus grand sur cette terre.

« Quant à vous, bien chers fils, qui pouvez voir de plus près tant d’embûches cachées, tant d’appâts découverts, tant de fraudes, tant de menaces, tournezvous vers Jésus-Christ, afin que non seulement il vous conserve la foi que vous avez, mais qu’il veuille bien l’accroître encore. Allez déposer à ses pieds la fervente depiande de saipt Pierre et des autres apôtres : Adauge nobis fidem. Que votre foi soit semblable à celle que Jésus-Christ loua dans le centurion et dans la Cbananéenne, et vous serez certains alors de pouvoir soutenir avec fermeté la lutte contre les émissaires de Satan. »

Ce qui fait la faiblesse du plus grand nombre des chrétiens, c’est la contradiction ' qui existe entre la cause qu’ils défendent et la tactique qu’ils suivent.

Leur cause est essentiellement surnaturelle, et par conséquent elle ne peut être victorieusement défendue que par des moyens surnaturels.

Envisagée humainement, notre situation est déses-

pérée; mais n’était-elle pas désespérée dès l’origine? Qu’auraient fait les Apôtres, si, avant d’entreprendre de lutter contre les puissances de la terre, ils eussent supputé les chances humaines de succès? Ils se seraient découragés et auraient renoncé à l’entreprise. Quelle folie de suivre les inspirations de la sagesse humaine, pour faire une œuvre éminemment divine, une œuvre destinée précisément à confondre cette sagesse orgueilleuse !

Aussi, écoutez les Apôtres : « Pour vaincre le monde, nous avons une arme à laquelle rien ne saurait résister, c’est notre foi. » (1 Joan. v, 4.)

Cette arme est encore éntre nos mains, et elle n’a rien perdu de sa vertu ; mais nous, nous avons peutêtre désappris l’art de la manier avec cette vigueur qui la rendit si victorieuse dans la main des Apôtres. Nous avons encore leur foi, mais elle a cessé d’être la règle habituelle de nos pensées, de nos sentiments, de notre conduite. Prêtres et fidèles, ministres de Dieu et enfants de Dieu, au lieu de n’agir que par des motifs divins, au lieu de nous appuyer avec une inébranlable confiance sur les professes divines, au lieu de mettre toute notre ambition à réaliser, en union avec le Cœur de Jésüs, les desseins de Dieu, #nous laissons envahir notre esprit et notre cœur par des vues humaines, des craintes humaines, des calculs humains. Combien il en est, parmi nous, auquel saint Paul aurait le droit de dire : « Êtes-vous donc encore des hommes charnels, et ne rougissez-vous pas de vous conduire encore humainement? » (1 Cor. ni, 3.)

Nous aurons écarté un des obstacles principaux qui s’opposent au triomphe de notre sainte cause, si nous obtenons, pour ceux qui sont appelés à la défen-

dre, le renouvellement de l’esprit de foi. Qu’ils deviennent tous des hommes de foi ; et le monde, redevenu païen, ne tardera pas à être vaincu, comme il le fut par la foi des premiers disciples du Sauveur.

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