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CHAPITRE IX

La Force et la Douceur1.

Vous vous souvenez, chers lecteurs, de l’énigme que Samson proposa aux Philistins, et que ceux-ci ne purent résoudre. En se rendant à Thamnata, pour y célébrer ses noces, Samson rencontre un lion qu’il met en pièces, comme si c’eut été un jeune chevreau. Quelques jours après il repasse par le même lieu, et voilà que, dans la gueule du lion qu’il avait tué, il trouve un essaim d’abeilles qui y avaient construit leur rayon. Il prend ce miel, s’en nourrit et, arrivé à Thamnata, il propose cette énigme : Celui qui dévore a donné un aliment, et la douceur est sortie du fort.

Sous cette énigme de mots, que les Philistins lurent incapables de deviner, se cachait une énigme plus réelle et plus prolonde, que Samson lui-même ne soupçonnait sans doute pas. Rien ne nous empêche, en effet, de voir dans ce lion que Samson met en pièces, et qui fournit après sa mort un aliment savoureux, l’image du lion de la tribu de Juda qui, mis à mort par les juifs, donne aux juifs eux-mêmes et au monde entier la plus suave nourriture. Voilà le fort par excellence duquel il n’émane que douceur. L’énigme de Samson

1 Messager , t. III, p. 265.

LA FORCE ET LA DOUCEUR

n’est donc pas un simple jeu de mots, c’est le résumé de l’Évangile et la formule abrégée de ce règne du Cœur de Jésus, dont nous avons entrepris l’étude. N’est-ce pas dans ce divin Cœur que la force et la douceur, deux vertus bien difficiles à allier , se sont élevées à leur plus haute perfection et se sont confondues ensemble? N’est-ce point par ce mélange que le Cœur de Jésus a attiré irrésistiblement les cœurs doux aussi bien que les cœurs forts, et qu’il a pu compléter les uns et les autres en leur donnant ce qui leur manquait, aux doux la force et aux forts la douceur?

Oui, c’est là le secret du triomphe partiel que le Cœur de Jésus a déjà remporté dans le monde, et du triomphe bien plus complet qui lui est réservé dans l’avenir. Nous avons déjà expliqué ce triomphe en disant : Jésus a vaincu et transformé le monde par son amour; mais, pour rendre cette explication complète, il faut ajouter : l’amour de Jésus a vaincu et transformé le monde par sa douceur pleine de force et par sa force pleine de douceur. Quand nous aurons bien compris ce secret, nous saurons ce que nous avons à faire pour nous vaincre et nous transformer nous-mêmes, pour vaincre et transformer les âmes qui attendent de nous leur salut.

Toutes les vertus sont sœurs, et pourtant il en est quelques-unes qui semblent s’exclure l’une l’autre. La prudence s’allie difficilement à la hardiesse, l’économie ne s’accorde guère avec la libéralité, la docilité se trouve rarement unie avec la liberté d’esprit et l’habitude de penser par soi-même; mais l’opposition qui

existe entre ces différentes vertus est peut-être moins insurmontable encore que celle qui sépare la force de la douceur. L’union de ces deux qualités ne saurait être l’œuvre de la nature, puisqu’elles supposent, dans la complexion naturelle de ceux qui les possèdent, la prédominence d’éléments opposés. La douceur est le partage des naturels tranquilles, qui n’aiment pas la lutte, et à qui il en coûte bien moins de supporter une injure que d’en exiger la réparation.

Le force, au contraire, est le privilège des tempéraments plus énergiques, que le repos fatigue, et auxquels le combat lui-même offre des jouissances presque aussi vives que celles du triomphe. Ainsi les premiers sont naturellement doux, précisément parce qu’ils manquent de force, et les seconds sont naturellement forts parce qu’ils manquent de douceur. Ce qui rend aux premiers la patience facile, c’est ce qui leur rend la lutte pénible; et ce qui fait aimer le combat aux seconds, c’est ce qui les met dans une sorte d’impuissance de supporter la résistance. Pour unir ensemble ces deux qualités si radicalement séparées par la nature, il ne faut rien moins qu’une longue lutte contre soi-même. Disons mieux, il faut l’appui du Cœur de Jésus et la céleste influence de sa grâce.

Cherchez, en effet, parmi tous les grands caractères dont l’histoire nous a conservé le portrait, s’il en est beaucoup qui aient réalisé cette merveilleuse alliance. Les uns se font aimer par leur douceur ; mais cette douceur a été le plus souvent accompagnée de faiblesse ; les autres se font craindre par leur énergie, mais cette énergie a été portée jusqu’à la dureté. David est un roi belliqueux ; mais quelque sainte que soit sa vie, dans son ensemble, elle est souillée par le meurtre

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d’Urie. Salomon est un roi doux et pacifique, et lui aussi s’élève d’abord à une haute sainteté ; mais plus tard sa douceur le porte à de honteuses complaisances, et il va jusqu’à sacrifier l’honneur de son Dieu à un amour coupable.

Où trouverons-nous le cœur fort d’où il ne sortira que douceur, et le cœur doux qui ne se laissera jamais aller à aucune faiblesse? Nous le trouverons dans la poitrine de l’héritier de David et de Salomon, dans celui qui réunit en lui tous les extrêmes, la puissance et la faiblesse, la sublimité et la simplicité, une grandeur que les rois eux-mêmes adorent, et une humilité qui se plaît au milieu des pauvres et des enfants ; dans celui qui a vécu inconnu, et qui après sa mort a vaincu le monde. Cette alliance de toutes les oppositions est bien sûrement un des grands signes de la divinité de Jésus- Christ ; mais nulle part ce signe ne se révèle avec un plus touchant éclat que dans ce mélange de force et de douceur qui compose le caractère et la physionomie morale de Jésus.

Où trouver un cœur plus fort que le sien? Parti de la condition la plus obscure, il entreprend une œuvre que les plus grands conquérants et les plus puissants monarques n’ont pas même rêvée, la régénération de l’humanité entière; et voyez avec quel calme, avec quelle pleine possession de lui-même il procède à l’accomplissement de cette œuvre. Il sait qu’il n’a que peu d’années à vivre ; il annonce sa mort prochaine, et pourtant il ne se presse pas ; aucun effort violent, aucune inquiétude, aucune démarche pour se concilier la faveur des puissants ; il est deux choses qu’il envisage avec une égale certitude et une égale sérénité : sa prochaine défaite et son triomphe définitif.

Cependant les obstacles s’accumulent devant lui, la jalousie des pharisiens devient chaque jour plus furieuse; Hérode cherche à le perdre, ses concitoyens eux-mêmes veulent le mettre à mort; des embûches lui sont tendues de tous côtés et des ordres sont donnés pour le saisir ; quand le voit- on s’émouvoir et se troubler? Il s’éloignera tant que son heure ne sera pas encore venue; mais dès que l’amitié le rappellera, toutes les menaces ne l’empêcheront pas de revenir se jçter au milieu du danger.

Voyez-le entre les mains de ses ennemis : avec quelle autorité il parle aux gardes dans le jardin des Olives, aux prêtres qui l’interrogent sur sa doctrine, à Pilate qui l’interpelle sur sa royauté! Les fouets des bourreaux lui arrachent-ils un soupir? Les épines qui percent son front ne sont-elles pas acceptées avec autant de calme que si c’était le plus glorieux diadème ? Quand il se traîne, accablé sous le poids de sa Croix, ne s’oublie-t-il pas lui-même pour songer aux malheurs qui attendent les filles de Jérusalem? Et quand il est cloué à ce bois infâme et suspendu pendant trois heures sur quatre plaies, ne domine-t-il pas complètement sa douleur pour s’occuper de ceux qui l’entourent, et consommer l’œuvre qu’il doit accomplir dan6 le monde?

Nous voulions peindre sa force et nous n’avons pu le faire sans donner en même temps les preuves de son incomparable douceur ; car c’est par cette douceur même, en face des obstacles et des contrariétés de tout genre que sa force s’est surtout révélée. Il a été doux envers ceux qu’il avait choisis pour coopérateurs de son œuvre, et qui, jusqu’à la veille de sa mort, se sont montrés rebelles à ses soins paternels. Il est doux envers celui de ses Apôtres qui le livre à ses ënnemis, et

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il l’est encore envers celui qui le renie honteusement ; il est doux envers le valet qui le soufflette, envers la soldatesque qui l’outrage toute la nuit ; envers Pilate, qui le condamne après avoir confessé son innocence, envers les bourreaux qui le crucifient, envers le larron qui commence par le blasphémer et qui ensuite a recours à sa miséricorde.

Quand donc la terre a-t-elle vu, dans le cours des siècles, une douceur semblable? Quel est le cœur si faible qui a jamais enduré les outrages, subi les persécutions, accepté les trahisons et les calomnies avec une plus infatigable patience que ce Cœur si fort? Quel est l’agneau qui s’est laissé jamais conduire à la boucherie aussi docilement que ce lion?

Ne nous étonnons donc pas de l’irrésistible puissance du Cœur de Jésus. Dans sa force et dans sa douceur, ce divin Cœur possède deux aimants, qui attireront à lui tous les cœurs susceptibles de s’élever, tous ceux en qui l’orgueil et la brutale volupté n’auront pas étouffé toutes les nobles tendances. Car ce sont là les deux côtés par lesquels les cœurs généreux sont le plus accessibles : les uns, naturellement doux, se complaisent davantage dans la douceur, mais se laissent .plus facilement dominer par la force; les autres, naturellement forts, sont plus enclins à estimer la force, mais souvent aussi sont plus sensibles aux attraits de la douceur. Aux uns et aux autres le Cœur de Jésus présente des charmes irrésistibles. Si vous ne voulez pas vous soumettre à son empire, vous n’avez que deux

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moyens : fuyez-le et devenez-lui complètement étranger; ou bien détruisez en vous tout ce qui vous porte à aimer ce qui est aimable et à admirer ce qui est grand. Mais tant que vous porterez en vous quelque étincelle dé véritable amour, vous ne sauriez fixer vos regards sur ce divin Cœur sans vous sentir porté à l’aimer. Qui que vous soyez, vous subirez cette influence.

Vous êtes peut-être un fier guerrier que l’airain des combats réjouit, et que le danger fait sourire?

Quelle que soit votre hardiesse, approchez : voici un Cœur plus intrépide que le vôtre; voici un guerrier qui a vaincu dans un combat plus rude que tous ceux auxquels vous avez pris part. Ne rougissez donc pas d’honorer ce Cœur : c’est le Cœur du grand capitaine des vrais héros ; la dévotion au sacré Cœur est la dévotion des braves.

Vene2 aussi, vous, vierges timides, jeunes enfants dont le cœur s’émeut à la moindre souffrance, et dont les vertus, semblables à de tendres fleurs, redoutent le vent de la tempête et les rayons d’un soleil trop ardent; venez confier au Cœur de Jésus vos faiblesses, vos craintes et vos douleurs; il vous comprendra, soyez-en sûrs ; car si votre cœur est sensible, ce divin Cœur est plus sensible encore. Ne l’avez-vous pas vu pleurer sur un ami qu’il venait de perdre, et qu’il allait ressusciter? La douleur d’une mère ne le faisait-elle pas frémir, et les moindres souffrances n’excitaient-elles pas sa compassion? Aimez-le donc vous aussi et consacrez-vous à son service. Si la dévotion au sacré Cœur est la dévotion des forts, elle est aussi la dévotion des faibles; et si aux premiers elle découvre des trésors d’intrépidité et d’énergie, aux seconds elle révèle tout un océan de bonté et de douceur.

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Disons mieux : c’est aux forts que la dévotion au sacré Cœur présente surtout sa douceur, comme c’est aux doux qu’elle offre surtout sa force ; et par. là elle vient en aide à l’indigence et à la faiblesse des uns et des autres. Nous disons à la faiblesse, et nous maintenons la justesse de cette expression, aussi bien par rapport à la force exempte de douceur que par rapport à la douceur exempte de force. Oui, l’énergie naturelle qui ne sait pas dominer ses emportements devient une faiblesse véritable, et ne mérite pas plus d’estime que la douceur naturelle qui ne sait pas vaincre les résistances du dehors. L’une et l’autre cèdent devant l’obstacle, et se laissent dominer par les difficultés. Que l’obstacle soit intérieur ou extérieur, peu importe, c’est toujours l’obstacle, et la force véritable consiste, non pas à reculer devant lui, mais à le surmonter.

En réalité, l’ennemi sous les efforts duquel succombe le cœur faible, ce n’est pas tant le mal du dehors que la crainte du dedans ; c’est la passion qui le domine, bien plus que l’objet qui excite cette passion. Mais n’est-ce pas là ce qui arrive au cœur emporté? Au lieu d’être dominé par la crainte, il est dominé par la colère ; voilà la différence ; mais des deux côtés, il y a triomphe de la passion sur la raison ; des deux côtés, il y a de la part de la volonté raisonnable une défaite honteuse, née de la lâcheté qui a reculé devant la lutte.

Qui délivrera les forts de cette faiblesse qui leur est naturelle, et qui donnera aux faibles la force que la nature leur a refusée? Ce sera Celui qui rassemble en lui-même toutes les oppositions, et qui, étant par nature souverainement fort, s’est volontairement revêtu de l’apparente faiblesse de la douceur.

Vous qui craindriez de paraître faibles, si vous cédiez

aux légitimes résistances qui vous arrêtent, ou si vous pardonniez les outrages qui vous sont injustement infligés, voyez le fort des forts se soumettre à toutes les autorités, et n’opposer que la patience à toutes les injustices. Voyez cette indulgence et cette douceur captivant toutes les admirations du ciel, et tripmphant de toutes les forces de la terre. Craindrez-vous de vous déshonorer en l’imitant? Ah! l’illusion n’est plus possible. La douceur du Cœur de Jésus a convaincu de lâcheté tous les emportements, et marqué toute dureté' du stigmate ignominieux de la faiblesse. Aussi voyez tous les véritables forts s’élancer à sa suite, et pousser à son exemple la douceur jusqu’à l’héroïsme.

Voyez François de Sales, que la nature a fait bouillant, devenir si débonnaire et si doux, qu’on eût dit son cœur pétri de miel et ses veines remplies de lait.

Voyez Ignace de Loyola trompant les médecins euxmêmes, qui, jugeant de son tempérament naturel par le caractère que lui avait fait sa vertu, mettent sa vie en danger en traitant comme flegmatique le plus bilieux de tous les hommes. C’est vraiment un tempérament nouveau que l’amour du Cœur de Jésus a créé dans l’humanité; en s’unissant ensemble, ces deux qualités jusque-là désunies se sont transformées mutuellement.

La force des* héros chrétiens n’a plus rien de commun avec la force des héros du paganisme ; elle est plus véritablement forte, puisqu’elle triomphe bien mieux de tous les obstacles, des obstacles du dedans comme de ceux du dehors ; mais en se déployant plus complètement, elle perd tout ce qui la rendait repoussante, pour devenir bonne et aimable. Plus de rudesse, plus de fierté hautaine, plus de dédain orgueilleux.

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Les héros chrétiens sont encore des lions, et, quand l’honneur de Dieu l’exige, leur voix saura effrayer la terre, et les coups qu’ils frappent renverseront tous les obstacles ; mais hors de là, il n’y a pas d’agneaux plus innocents et de brebis plus dociles ; un petit enfant les conduit à son gré.

Et, tandis que sous l’influence du Cœur de Jésus les lions deviennent des agneaux, les agneaux, de leur côté, deviennent des lions ; la douceur se revêt de force, comme la force se revêt de douceur. La majesté romaine siégeant sur ses tribunaux, entourée de licteurs et appuyée par l’appareil des plus redoutables supplices, est étonnée de se voir vaincue par de jeunes vierges de treize ans. Agnès défie les glaives et les bûchers, et ses réponses confondent les tyrans qui l’interrogent.

Que de fois cette scène s’est renouvelée dans le cours des siècles chrétiens ! Or, que nous offrent de semblable les annales des sociétés humaines? Où trouver la femme forte en dehors de la société que vivifie l’influence du Cœur de Jésus? Où trouver les Thérèse, les Catherine de Sienne, les Élisabeth de Hongrie, ces héroïnes qui, sans rien perdre de la douce modestie et de la délicate pudeur de leur sexe, ont surpassé la virilité de cœur et la fermeté d’esprit des politiques et des guerriers? Comment tant de force a-t-elle pu s’allier à tant de faiblesse? Si vous voulez apprendre ce secret, jetez les yeux sur le Cœur de Jésus. C’est là que ces faibles femmes ont puisé leur héroïsme. Le Cœur de Jésus les a rendues fprtes en leur apprenant à aimer. Car tout amour est une force, et il craint d’autant moins les résistances qu’il est plus ardent et plus passionné.

Qui n’a admiré dans l’oiseau le plus timide le cou-

rage de l’amour maternel? Mais tout amour que la nature seule a formé a ses limites, ses défaillances, et le plus passionné ne triomphe de quelques obstacles que pour succomber par ses propres excès. Seul, l’amour que le Cœur de Jésus inspire s’élève au-dessus de toute puissance créée; seul il défie également les faiblesses intimes du tempérament et les violences de la persécution extérieure. Qu’il s’empare du cœur d’un apôtre comme Paul ou d’une femme comme Thérèse, il s’écrie avec une confiance égale : « Qui me séparera de celui que j’aime! Ce ne sera ni la vie, ni la mort, ni les choses présentes, ni les choses à venir ! » Il n’est pas de créature que mon amour ne soit certain de vaincre; car cet amour sorti du Cœur de Jésus a sa source en Dieu même.

Pourquoi n’aurions-nous pas la même assurance, et ne porterions-nous pas aux obstacles, qui nous ont arrêtés jusqu’à ce jour, le même défi? Ces résistances sont intérieures ou extérieures ; c’est un tempérament trop violent qui nous emporte, ou un tempérament trop faible qui succombe sous le poids des difficultés ; c’est la force qui nous manque, ou la douceur que nous ne pouvons acquérir. Nous venons de reconnaître la source commune de ces deux vertus. Pourquoi n’irions-nous pas puiser à cette source? Si nous sommes forts, pourquoi n’élèverions-nous pas, avec l’appui du Cœur de Jésus, notre force naturelle jusqu’à cette hauteur surnaturelle où elle se confondra avec la perfection de la douceur? Si nous sommes faibles, pourquoi n’userionsnous pas du pouvoir qui est donné aux faibles de devenir forts en aimant fortement? Qui que nous soyons, nous sommes les membres de Jésus-Christ, et le Cœur de Jésus-Christ est par conséquent notre cœur; enpre-

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nant toutes nos faiblesses , ce divin Cœur nous offre sa force.

Demeurons-lui donc unis, n’agissons plus que sous son influence, et nous serons tout à la fois doux et orts comme lui.

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