CHAPITRE XIII
La Confiance *,
Voici un des éléments principaux de ce tempérament chrétien que nous devons rencontrer chez tous les serviteurs du Cœur de Jésus. Voici un des traits les plus saillants de la physionomie de ce divin Cœur. Appelés à être ses portraits vivants, selon la parole de saint Paul (Rom. vin, 29), nous ne saurions taire trop d’efforts pour reproduire en nous la filiale et inébranlable confiance avec laquelle il s’appuyait sur l’amour de Dieu son Père. Les saints nous ont donné, sous ce rapport, d’admirables exemples. Il n’y avait chez eux d’hésitation que lorsqu’il s’agissait de connaître la volonté de Dieu ; mais du moment qu’au moyen des signes indiqués par Dieu lui-même, cette divine volonté leur avait été manifestée, ils marchaient avec une assurance imperturbable. Les obstacles pour eux se changeaient en moyens, l’impossible leur devenait facile, et dans les échecs momentanés ils trouvaient des gages certains de succès définitifs.
C’est dans ce sentiment que l’illustre sainte Thérèse a trouvé la force de mener à fin les entreprises les plus difficiles : la réforme d’un grand Ordre religieux et la
1 Messager, t. XLII, p. 513.
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fondation d’un nombre considérable de communautés dénuées de toute ressource fixe.
Un jour qu’elle se disposait à entreprendre une fondation importante, n’ayant qu’un ècu dans sa bourse, à ceux qui lui représentaient l’impossibilité de subvenir avec de si faibles ressources aux frais d’une pareille œuvre, elle répondit : « Il est vrai que Thérèse et un écu, c’est peu de chose; mais Thérèse, un écu et Dieu, c’est beaucoup. »
Cette assurance du succès définitif que sainte Thérèse puisait dans la conviction que Dieu était avec elle, les serviteurs du Cœur de Jésus doivent la posséder toujours.
Le motif principal de la confiance qui doit animer les serviteurs du Cœur de Jésus nous est indiqué par saint Paul, quand il dit que toutes choses au ciel et sur la terre ont été créées en Jésus-Christ et pour Jésus- Christ. (Col. i, 16.) Le texte grec dont s’est servi l’Apôtre a, en effet, ce double sens : il ne signifie pas seulement, comme semblerait l’indiquer le texte latin, que Dieu le Père a pris, dans l’idée de son Verbe incarné, le type de la perfection dont il a partagé les divers degrés entre ses autres œuvres. Saint Paul veut, de plus, nous faire entendre que l’Homme-DiEu est la fin en vue de laquelle toutes choses ont été faites, et vers laquelle la divine Providence les dirige irrésistiblement, tout en respectant la liberté de celles qu’elle a douées de cette prérogative.
C’est ce que le même Apôtre exprime par une vive
image, lorsqu’il dit que toutes les créatures ont été mises sous les pieds de l’Homme-DiEU (Eph. i, 22), comme pour servir d’escabeau à son trône et pour relever la splendeur de son universelle royauté. Parmi ces créatures, il en est dont la perfection naturelle l’emporte sur celle de la nature humaine, avec laquelle le Verbe s’est uni. Celles-là, du moins, seront-elles exemptées de la loi qui soumet toutes choses à ce Verbe incarné? Non; à celles-là, au contraire, a été intimé l’ordre de l’adorer, de se prosterner devant lui et de se mettre à son service, au moment même où il fait son entrée dans l’univers. (Hébr. i, 6.)
Il n’y a donc pas d’exception : tous les êtres renfermés dans l’imïqense étendue de l’univers appartiennent à l’Homme-DiEU, et tous les événements qui remplissent l’immense série des siècles ont pour fin unique de le glorifier. La puissance divine qui, seule, produit et conserve tous ces êtres, ne pourrait, sans se détruire elle-même, les conserver un seul instant en vue d’une autre fin; la divine sagesse qui a prévu, dès l’éternité, et dirige dans le temps leurs moindres mouvements, ne pourrait, sans se démentir elle-même, permettre à un seul atome de se mouvoir dans le monde vers un autre but; Dieu ne pourrait, sans cesser d’être Dieu, séparer de lui, dans le gouvernement du monde, celui qui a dit : « Moi et mon Père, nous sommes un. » (Jo., x, 30.)
Que suit-il de là? Le voici. Aussi .longtemps que nous demeurons unis à Jésus-Christ, que nous travaillons à son œuvre, que nous suivons docilement l’impulsion de son amour, nous sommes aussi assurés que Dieu lui-même du succès définitif de nos travaux. L’instrument ne peut rien par lui-même ; mais quand il est
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entre les mains d’un habile ouvrier, il peut tout ce que peut l’ouvrier; il devient capable de produire les mêmes chefs-d’œuvre, à la seule condition de subir, sans résistance, l’impulsion que la main de l’ouvrier lui donne.
Telle est l’assurance que Dieu donne à tous ceux qui consentent à se faire ses instruments, et à poursuivre avec lui la fin qu’il s’est proposée dès l’éternité. Aussi longtemps qu’ils travailleront avec lui, ils seront assurés de l’avoir pour collaborateur et pour auxiliaire, il mettra à leur disposition les attributs infinis avec lesquels il poursuit sa fin : il leur donnera sa sagesse infinie pour suppléer à leur ignorance, sa puissance infinie pour' soutenir leur faiblesse; il ne saurait leur refuser son secours pour vaincre leurs communs ennemis, et pour surmonter les obstacles qui s’opposent au succès de leur œuvre commune ; en suivant docilement son impulsion, ils ne peuvent manquer d’arriver au terme où il les pousse.
Or, cette condition unique et infaillible du succès de nos travaux, à savoir l’assurance de travailler pour Dieu et avec Dieu, nul n’a plus de facilité à la remplir que les serviteurs du Cœur de Jésus ; et, parmi les serviteurs du Cœur de Jésus, ceux qui la remplissent plus parfaitement sont ceux qui exercent en union avec lui l’apostolat de la prière.
Par là, en effet, nous mettons à profit l’influence vitale que, d’après la définition du Concile de Trente, le Cœur de Jésus ne cesse de répandre sur tous les cœurs qui lui sont unis par la grâce. Rappelons ce * beau texte, trop peu connu, qui fournit à la dévotion au Cœur de Jésus sa plus excellente pratique.
« Le Christ Jésus, comme chef du corps de l’Église
et comme chef de la vigne divine, répand à chaque instant, dans les âmes justifiées, une vertu qui devance, accompagne et suit toutes leurs bonnes œuvres. » (Conc. Trid. ses., V, v, 14.) Ce texte si remarquable nous fait comprendre que Jésus-Christ ne s’est pas contenté de travailler à l’œuvre de son Père, lorsqu’il était visiblement sur la terre. Il disait alors : « Mon Père travaille sans relâche; moi aussi je travaille sans relâche avec lui. » (Joan. , v, 7.) Depuis qu’il est monté au ciel et qu’il s’est caché sur la terre dans les ténèbres du tabernacle eucharistique, son travail, pour être devenu invisible, n’en est pas moins actif ni moins incessant. Ce n’est plus par ses lèvres et par ses mains qu’il fait l’œuvre de son Père, c’est par son Cœur; il ne la fait plus sur les chemins et dans les places publiques, mais dans l’intérieur des âmes; il la fait en nous et il nous pousse à la faire avec lui. Car c’est bien en vue du but unique de sa mission qu’il répand, à chaque instant, dans toutes les âmes la vertu qui les pousse à agir, qui les assiste dans toutes leurs actions et qui les aide à en recueillir les fruits.
Que faut-il donc pour que tous les chrétiens deviennent les coopérateurs de Dieu, et possèdent cette infaillible assurance du succès définitif qui appartient à ceux dont le Tout-Puissant est l’auxiliaire?
Il faut qu’ils ne perdent pas de vue, comme le font malheureusement la plupart d’entre eux, cette action incessante du Cœur de Jésus sur leur cœur ; qu’ils ne substituent pas les inspirations de leur amour-propre à celles de son divin Esprit ; qu’au lieu de résister aux impulsions de sa grâce, ils les suivent avec une par- faite fidélité; qu’au lieu de compter sur leur sagesse si courte et sur leurs forces si infirmes, ils s’appuient
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uniquement sur le secours de leur divin auxiliaire ; en un mot, il faut qu’ils consentent à devenir les dociles instruments du tout-puissant Ouvrier qui daigne les employer sans cesse à l’accomplissement de son œuvre divine.
Ce soin de consulter en toutes choses les désirs du Cœur de Jésus, cette fidélité à suivre les inspirations de son Esprit et à nous appuyer uniquement sur le secours de sa grâce, voilà incontestablement la plus excellente entre toutes les pratiques de la dévotion à ce divin Cœur, et voilà celle dont l’Apostolat de la Prière fait l’objet principal du zèle de ses Associés. En les exhortant à s’approprier toutes les intentions du Cœur de Jésus, il ne leur permet pas d'oublier que, parmi ces intentions, il en est qui les regardent et dont la réalisation immédiate dépend de leur libre volonté. Nul d’entre eux ne peut se faire illusion à ce sujet : ils savent tous très bien qu’ils ne pourraient, sans Contradiction, unir leurs prières à celles du Cœur de Jésus pour le salut des autres âmes, et refuser de réaliser les désirs qu’il éprouve pour la sanctification de leur âme.
Les chrétiens animés de l’esprit que l’Apostolat de la Prière tend à répandre embrassent dans toute leur étendue les désirs du Cœur de Jésus ; ils en font la règle unique de leurs sentiments et de leur conduite. Ceux de ces désirs divins qui les regardent, ils s’efforcent de les réaliser par leur action ; ceux qui regardent les âmes sur lesquelles ils n’ont aucune action, ils travaillent à leur réalisation par l’union de leurs prières avec celles du divin Cœur. L’œuvre de Dieu devient ainsi leur œuvre ; ils l’embrassent dans toute son étendue et ne cessent d’y travailler ; par la déter-
mination délibérée de leur volonté, ils ne poursuivent jamais d’autre but que le sien, et ne font pas un mouvement sans s’appuyer sur son tout-puissant secours.
C'est à ceux qui pratiquent ainsi la dévotion au Cœur de Jésus qu’appartient l’infaillible assurance du succès définitif de leurs efforts. Puisque c’est Jésus-Christ qui agit réellement en eux et par eux, ils sont aussi certains que Jésus-Christ lui-mème d’arriver au terme de leur action. D’où naissait la confiance inébranlable dont ce divin Sauveur était animé au milieu de ses plus cruelles épreuves? De la certitude qu’il avait avec lui, pour lui et en lui sa toute-puissance divine ; par notre union avec lui, nous devons partager sa confiance. Jésu^-Christ, en effet, n’a pas changé; il est aujourd’hui ce qu’il était hier ; il est en nous ce qu’il est en lui-même. Le divin Chef conserve évidemment toutes ses prérogatives, et, par là même, toute son irrésistible puissance, lorsque, pour remplir cette fonction de Chef, que Dieu lui a conférée à l’égard de l’Église, il donne l’impulsion à ses membres. La sanctification de ses membres, l’accroissement de son corps mystique, la purification et la glorification de son Église, voilà précisément l’œuvre divine que Dieu le Père a confiée à son Fils, et qu’ils ne cessent de poursuivre ensemble. Cette œuvre suppose notre concours et peut être, par conséquent, entravée par nos résistances ; mais, si nous accordons à nos tout-puissants auxiliaires la coopération qu’ils nous demandent, nous devenons tout-puissants avec eux; et nous sommes aussi assurés du succès définitif de nos travaux que nous sommes certains de la toute-puissance et de l’existence même de Dieu.
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Nous venons de comprendre que la confiance en Dieu est le fruit propre de la dévotion au Cœur de Jésus ; nous pouvons ajouter que ce fruit si excellent par lui-même reçoit, des cruelles épreuves auxquelles la Providence nous soumet à l’heure présente, une saveur nouvelle qui le rend à la fois plus agréable à Dieu et plus méritoire pour nos âmes.
Il n’y a pas, en vérité, grand mérité à se confier dans le secours de Dieu, lorsque ce secours est présent et sensible. Quand le Très-Haut révèle sa présence par ces coups qui font trembler la terre, quand il étend son bras pour soutenir ses amis et frapper ses ennemis, c’est bien encore, sans doute, faire acte de vertu que de s’appuyer sur ce bras tout-puissant; mais cette vertu est celle de l’enfant qui se laisse porter par sa mère et se presse contre son sein à l’heure du danger. Dans de pareilles circonstances, le sentiment de notre intérêt suffirait à nous pousser vers Dieu, tandis que rien ne nous porterait à nous éloigner de Dieu. Il n’y aurait donc point, dans un pareil acte de confiance, la matière d’un choix et d’une préférence; il n’y aurait point, par conséquent, l’occasion d’un témoignage de vrai dévouement. Or c’est le dévouement que Dieu veut surtout récompenser dans ses serviteurs. Résolu à nous traiter en amis et à nous récompenser par la suprême marque d’amitié, qui est le don de lui-même, il veut que nous méritions cette récompense en l’aimant pour lui-même, et en lui donnant des témoignages indubitables de notre dévouement.
Et quand donc lui donnons-nous ces témoignages? C’est lorsqu’il cache sa puissance et semble nous abandonner ; lorsqu’il paraît fermer les yeux à nos dangers et les oreilles à nos prières ; lorsqu’il ne nous laisse pour consolation que des promesses qui ne se réalisent jamais, et des espérances que tout semble démentir ; lorsque tous les efforts de ses amis n’aboutissent qu’à de honteux échecs, tandis que ses ennemis voient leurs complots impies couronnés par le succès ; lorsque l’incrédulité, plus fière après chacune de ses victoires, se rit de la simplicité des croyants, et leur dit : « Où est votre Dieu ? Ubi est Deus tuus ? » Lorsque les foules dominées par les réalités sensibles courent se prosterner devant les idoles, et que le petit nombre des adorateurs du Dieu invisible va diminuant de jour en jour ; demeurer ferme au milieu de cet entraînement général ; conserver sa foi entière aux divines promesses, en dépit des démentis qu’elles semblent recevoir des événements ; attendre le Seigneur, de l’aurore jusqu’à la nuit, et continuer à le voir des yeux de la foi à travers les ténèbres dont il s’enveloppe ; dire avec Job abandonné de tous et étendu sur son fumier : « Quand il me tuerait, j’espérerais en lui ; » voilà le témoignage de confiance, que Dieu attend de ses amis et auquel il réserve pour l’éternité ses plus magnifiques récompenses; car ce témoignage est aussi glorieux pour le Créateur qu’il est méritoire pour la créature. Et voilà pourquoi Dieu se plaît à en ménager les occasions aux âmes privilégiées qu’il veut élever, dans le ciel, à un plus haut degré de gloire.
Si Dieu, en effet, a toute l’éternité pour les récompenser, il n’a qu’un temps bien court pour leur faire mériter ces infinies récompenses. Aussi se plaît-il à accu-
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muler les épreuves dans ce court espace de la vie. Plus il les aime, plus il semblera se faire leur ennemi ; plus il veut se donner à eux, plus il feindra de les abandonner, parce que la confiance avec laquelle ils s’attachent à lui, dans cet abandon apparent, est le plus grand de tous les mérites par lesquels ils puissent acquérir le droit de le posséder éternellement.
Assurément, si quelqu’un pouvait prétendre à être exempté de cet abandon apparent du Père céleste, c’est bien son Fils bien-aimé, qui ne fait qu’un avec lui ; et pourtant n’est-ce pas ce divin Sauveur qui, sur la croix, s’est écrié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avezvous abandonné? » Modèle des prédestinés, il a voulu, en subissant cette cruelle épreuve, nous en faire comprendre tout à la fois la nécessité et le mérite. Aussi tous les saints l’ont-ils endurée à son exemple ; extérieurement ou intérieurement, tous ont éprouvé cet abandon apparent de Dieu ; et la confiance filiale qu’ils lui ont témoignée, alors qu’il leur cachait son paternel amour, constitue dans le ciel le plus beau fleuron de leur éternelle couronne.
Or, de même qu’il y a des âmes prédestinées auxquelles Dieu se plaît à fournir, par de plus cruelles épreuves, l’occasion de lui montrer une confiance plus méritoire, il y a aussi des époques privilégiées, durant lesquelles le divin Sauveur demande à ses serviteurs ce témoignage plus généreux, et les met à même d’acquérir ce mérite plus excellent. Ces époques répondent, dans l’existence de l’Église, aux heures ténébreuses de la Passion de son divin Époux ; à ces moments douloureux où, en butte à la haine de ses ennemis, trahi par ses amis, il semblait abandonné par Dieu luimême.
Telle est l’heure à laquelle nous sommes arrivés. Nous plaindrons-nous que Dieu nous ait appelés à partager cette épreuve si douloureuse de l’Église notre mère? Si nous avions pu assister à l’une des scènes de la vie du Sauveur, et que nous eussions eu le choix entre le triomphe du jour des Rameaux et la Passion du Vendredi-Saint, pour laquelle de ces scènes aurionsnous dû opter? N’est-ce point pour celle où, par ses douleurs et sa mort, le Fils de Dieu nous a conquis l’éternel bonheur ? N’ayons pas d’autres sentiments à l’égard de cette passion de l’Église, à laquelle nous sommes appelés à prendre part ! Ah ! sans doute, cette heure est douloureuse ; elle nous met sous les yeux de criminelles trahisons et nous contraint d’entendre d’horribles blasphèmes. Le cœur saigne, en voyant les peuples qui doivent tout à l’Église, oublier tous ses bienfaits, prêter l’oreille aux stupides calomnies de ses accusateurs, et demander à grands cris la mort de celle que, naguère, ils acclamaient comme leur reine et comme leur mère !
Mais n’oublions jamais , toutefois , que si cette épreuve est, pour les lâches et les ingrats, une occasion de ruine, elle est pour les cœurs généreux l’occasion de conquérir les plus belles couronnes. C’est maintenant que Jésus-Christ, abandonné des mercenaires, pourra connaître ses vrais amis dans ceux qui demeureront debout, au pied de la croix où il lui plaît de clouer son Église. Demeurons-y aussi longtemps qu’il trouvera bon de prolonger l’épreuve de cette Épouse bien-aimée. Soyons assurés qu’il ne l’oublie pas, et ne craignons pas qu’il oublie ceux qui partagent son sacrifice. Loin de nous décourager, la durée et la gravité de l'épreuve doivent accroître notre espérance, parce que
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nous avons le droit d’y voir la mesure de l’éclat des triomphes et de la douceur des consolations qui en doivent être la récompense.
Quand viendra ce triomphe? Dieu seul le sait. Les Saints nous ont donné, à ce sujet, des assurances consolantes qu’il ne faut pas mépriser, mais qui ne sont point le véritable appui de notre espérance. Elle trouve une base bien plus solide dans les promesses de Dieu, et dans la certitude que notre confiance en lui sera d’autant plus magnifiquement récompensée, qu’elle aura été plus douloureusement éprouvée.