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CHAPITRE II

La Synagogue de Satan.

Après l’Église de Dieu, il n’est rien qui doive nous inspirer d’aussi graves préoccupations que son infernale antagoniste, la synagogue de Satan . Autant nous devons d'amour à la première, autant nous devons de haine à la seconde; et, comme nous avons dans la prière un moyen puissant de travailler au triomphe de l’Église de Dieu, nous avons également le pouvoir et la glorieuse obligation de nous servir de ce glaive pour hâter la défaite de l’anti-église de Satan.

Satan n’a, depuis l’origine, qu’un seul but : se substituer à Dieu dans les adorations des hommes ; se faire de la terre un royaume céleste. Et, pour exécuter ce dessein, il croit n’avoir -rien de mieux à faire que de contrefaire Dieu, de le singer, suivant l’expression parfaitement juste de Tertullien. Il opposera donc ses révélations trompeuses aux révélations divines; ses faux miracles aux miracles du Tout-Puissant ; ses rites impies aux cérémonies du culte divin. Et, comme entre toutes les œuvres de Dieu il en est une qui l’emporte sur toutes les autres, qui les résume toutes, et à laquelle la Providence subordonne tous les événements, l’Église de Jésus-Christ, — ainsi l’objectif principal du plan satanique est la formation d’une fociélé qui, contrefai-

sant en toutes choses la société chrétienne, puisse se substituer à elle dans le gouvernement de l’humanité.

Quiconque a des yeux pour voir n’aura pas de peine à suivre, dans le cours des siècles, le développement de cet infernal dessein. Il ne fut qu’ébauché, comme le fut également le plan divin, durant lessièclés qui précédèrent la venue du Sauveur. A la synagogue juive, ébauche imparfaite de l’Église chrétienne, l’enfer opposa les formes diverses, mais toutes plus ou mfoins grossières, de l’idolâtrie ; aux mystères sacrés du temple de Jérusalem, les mystères honteux d’Éleusis et de Baccfcus. Mais quand le Verbe incarné est venu prendre, par son Église, la pleine possession de son empire terrestre, son infernal adversaire a redoublé d’efforts, pour imprimer à la société dont il est le chef des propriétés qui lui permissent de rivaliser avec la société chrétienne ; pour se faire une contrefaçon d’église, qui fût, à sa manière, une et universelle, dont la morale pût être opposée à la sainteté évangélique, et dont l’organisation pût lutter contre la force que donne à l’Église sa divine hiérarchie. C’est à quoi Satan est arrivé, au dernier siècle, par la création de la Franc-Maçonnerie.

La Franc-Maçonnerie est l’organisation de l’antichristianisme, la contrefaçon de l’Église, qui est le christianisme organisé. Nous avons déjà eu l’occasion de faire ressortir la servile fidélité avec laquelle cette diabolique institution a copié, dans tous ses détails, l’œuvre divine. Du reste? nous ne sommes pas les seuls à

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concevoir de la sorte l'idée et le but delà Franc- Maçonnerie : un de ses principaux adeptes1 l’a définie « l’église de la Révolution, » ce qui équivaut parfaitement à la nommer, eoname nous, Féglise de Satan ; attendu que, suivant la parole parfaitement vraie de Proudhon, Satan est le premier révolutionnaire. Celui qui a donné de la Franc- Maçonnerie la définition qu’on vient de lire déclare, franchement, qu’elle a pour mission « de remplacer l’Église chrétienne. »

Ce qu’il a très bien exprimé par ces deux mots, ressort, d’ailleurs, évidemment de tous les écrits et de tous les discours dans lesquels les francs-maçons ne cherchent pas à voiler leur pensée. L’expression varie suivant les tempéraments et les circonstances ; mais, sous les formes les plus dissemblables, on reconnaît sans peine une idée unique.

Il y a d’abord les violents, qui ne peuvent parler de Dieu et de son Église sans laisser percer toutes les fureurs de la haine. Ils diront avec le F.\ Van Humbeck, ancien ministre de l’instruction publique en Belgique : « Le catholicisme est un cadavre, qui barre les progrès de l'esprit humain ; oui, le catholicisme est un cadavre par ses dogmes oppresseurs, qui paralysent partout le libre examen. » Avec le F.*. Jules Ferry, jadis ministre de l’instruction publique, en France, ils présenteront notre sainte religion comme « l’embrigadement géné^ ral de la sottise humaine. » (Discours à la Loge de la

1 Félix Pyat. On trouvera sur l’action présente de la France Maçonnerie des indications aussi précises qu’intéressantes, dans une brochure publiée sous le titre de : La Franc-Maçonnerie et les projets Ferry , 22m# édition. — Paris, Gervais, rue de Tournon ; Marseille, imprimerie du Citoyen.

Clémente Amitié, 9 juillet 1876.) D'autres, plus conséquents encore, tireront la conclusion logique de ces principes, et ils diront avec le grand-maitre adjoint du G.\-0.\ de Belgique : « Il faut que Rome, que 1’ ultramontanisme périsse à jamais. » (Discours prononcé le 14 septembre 1878, au nom de la Franc-Maçonnerie universelle.) Avec les francs-maçons de l’an ti- concile de Naples, ils voteront la résolution suivante : « Considérant que l’idée de Dieu est la source et le soutien de tout despotisme et de toute iniquité, les libres-penseurs de Paris s’engagent à travailler à l’abolition prompte et radicale du catholicisme, et à poursuivre son anéantissement par tous les moyens. » Résumant en un seul mot la pensée commune ils feront entendre avec le F.*. Lafargue, au Congrès de Liège, ce cri infernal : « Guerre à Dieu, voilà le progrès. » Enfin, poussant la logique jusqu’au bout, ils feront comme le cordonnier Pèlerin, à ce même Congrès, la proposition philanthropique dont voici les termes : « Nous ne voulons que renverser les obstacles : si cent mille têtes font obstacle, qu’elles tombent ! oui ! »

Mais ces violences ne conviennent pas à tous les tempéraments ; et ce serait, évidemment, calomnier le plus grand nombre des francs-maçons que de leur attribuer la moindre sympathie pour ces fureurs de cannibales et ces cris d’énergumènes. Aussi, sans désavouer ces enfants terribles, reconnus au contraire pour vrais et légitimes maçons au couvent de 1867 (Monde Maçonnique , juillet 1867), l’église de Satan a une autre manière d’exprimer son but et sa doctrine aux esprits sobres et modérés. Elle emploie pour cela deux méthodes : l’une, qui tient aux mots, est à l’usage de la masse stupide qui se paie de mots ; l’autre, plus accessible

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aux esprits cultivés, présente, sous un autre aspect, l’idée elle-même.

A l’égard du vulgaire, on emploiera ce qui a été justement nommé la piper ie des mots. Pour désigner le divin ennemi, auquel on est résolu de faire une guerre à mort, on inventera des expressions qui, aux esprits clairvoyants, désignent très clairement l’Église catholique, mais qui, à la masse des esprits crédules et peu réfléchis, fera paraître à sa place un fantôme effrayant et indéfini. Ces mots changent à chaque génération : c’était, naguère, l’Ultramontanismev, encore de mode en Allemagne; il y a soixante ans, c’était la Congrégation; aujourd’hui comme alors, ce sera encore le Jésuitisme; mais, pour le moment, le mot à ,1a mode est le Cléricalisme.

En distinguant ainsi le cléricalisme du catholicisme, en professant un grand respect pour le catholicisme, tout en criant « qu’il faut extirper à tout prix la lèpre dévorante du cléricalisme, » on obtient un double avantage, et on satisfait à la fois toutes les prétentions. Les violents, comprenant de quelle lèpre il s’agit, sont heureux de voir qu’on s’unit à eux pour l’extirper ; tandis que les modérés se plaisent à croire qu’en poursuivant le fantôme du cléricalisme, on veut s’abstenir de persécuter violemment le catholicisme.

Mais le mensonge est trop grossier pour faire longtemps illusion, même aux aveugles volontaires. La Franc- Maçonnerie ne pouvait donc espérer de conserver dans ses rangs les esprits modérés, auxquels toute lutte violente répugne, si elle n’était en état de leur présenter le but qu’elle poursuit sous un aspect plus conforme à leur humeur. A de pareils esprits on ne parlera jpas « d’extirper le catholicisme, de l’étouffer dans la boue » mais

simplement de le remplacer. Et .telle est, en effet, la formule en quelque sorte officielle. A la haine de Dieu, on substituera l’indifférence ; à la menace de le renverser de son trône, la prétention plus modeste, en apparence, de se passer de lui. Au lieu de le poursuivre comme un être malfaisant, on se contentera de le traiter pratiquement comme un être inutile. Au lieu de réfuter directement l’idée de Dieu, on la négligera, comme une simple hypothèse. A ceux de ses membres qui trouveraient bon de prendre l’Évangile pour règle deconduite, la Franc-Maçonnerie accordera cette liberté, tout en garantissant aux autres la liberté de honnir l’Évangile, comme un recueil de fables. Son code, à elle, sera indépendant de l’Évangile et de toute révélation r indépendant de l’autorité et de l’idée même de Dieu. Catholiques et protestants, croyants et incrédules, théistes et athées, matérialistes et spiritualistes, elle invitera tous les hommes à apprendre d’elle une moralité supérieure et purement humaine ; à travailler ensemble, sans l’aide de Dieu, au bonheur de l’humanité.

Telle est la véritable idée de la Franc-Maçonnerie. Telle est la forme préférée sous laquelle l’église de Satan propose aux esprits cultivés la doctrine qu’elle prétend . substituer à l’Évangile. Qui ne voit combien cette forme est séduisante ; et combien elle a plus de chances d’atteindre le but désiré que les fureurs dont nous venons d’entendre la brutale expression?

Qu’on arrive par là au même but, quoi de plus' évi-

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dent? Dieu étant l’Être nécessaire, on ne peut mieux s’y prendre pour nier son existence qu’en le déclarant inutile. Ou il est tout ou il n’est rien ; et celui-là ne le reconnaît plus comme Dieu, qui ne voit pas en lui le souverain Seigneur de toutes choses. De même, c’est renier la mission divine du Sauveur unique et universel du genre humain, que d’espérer pour le genre humain une perfection et une félicité indépendantes de Jésus-Christ. C’est donc un acte de véritable apostasie que la Franc-Maçonnerie propose aux chrétiens, lorsque, pour les décider à entrer dans ses Loges, elle leur dit : « Venez, et ne craignez rien pour votre foi ; c’est là une question personnelle, dont on ne s’occupe point parmi nous. Vous continuerez à croire ce que vous voudrez; vous pourrez vous réunir dans vos églises avec ceux qui partagent votre croyance ; mais, en entrant dans le temple maçonnique, vous vous trouverez sur un terrain plus large, sur le terrain de la moralité et de la philanthropie ; et, abjurant les luttes doctrinales et toutes les rivalités religieuses, vous joindrez vos mains à celles de tous les hommes qui désirent travailler avec vous au bonheur de leurs semblables. »

Il suffit d’y regarder de près pour apercevoir, sous ce langage spécieux, cette erreur suprême qui est la quintessence de l’impiété : l’humanité n’a besoin ni de Dieu, ni de Jésus-Christ, et, par conséquent, Jésus- Christ n’est qu’un pur homme, et Dieu n’est qu’un mot.

Et pourtant, présenté sous cette forme, l’évangile antichrétien ne fait que trop de dupes, meme au sein des classes soi-disant éclairées. Il se fait accepter sans peine, même dans les contrées où l’immense majorité des francs-maçons demeure encore chrétienne,

et proteste contre l’impiété de la Franc- Maçonnerie continentale. Quand naguère, après bien des tentatives, l’athéisme parvint à faire effacer de la constitution de l’ordre, en France, l’invocation du grand Architecte de l’univers, un cri de réprobation s’éleva de la maçonnerie anglaise et américaine ; et, depuis ce temps, nous avons lieu de croire que les relations officielles ont été rompues entre les deux fractions de l’église de Satan.

Mais le schisme ne saurait durer toujours : l’indifférence doctrinale, qui est le fond même du symbole maçonnique, doit nécessairement conduire tôt ou tard l’esprit saxon, en dépit de son bon sens proverbial, jusqu’aux extrémités où la logique française est arrivée avant lui. Déjà, des deux côtés de l’Atlantique, l’athéisme a acquis droit de cité dans les écoles et les académies; comment serait-il exclu des Loges? Et s’il y pénètre, comment l’empèchera-t-on d’en bannir l’obligation de croire en Dieu ?

Reconnaissons-le donc : de toutes les doctrines d’erreur qui, depuis le commencement des siècles, ont été opposées à la vérité divine, le symbole maçonnique est à la fois le plus radical et le plus séduisant; le plus radical, puisqu’il ne laisse subsister aucune croyance certaine;. le plus séduisant, puisqu’il ne combat pas directement les croyances, mais se borne à saper par la base leur autorité.

Dans d’autres siècles, on vit plusieurs fois des princes mis à mort par leurs sùjets révoltés ; dans le siècle présent, on a tué des monarchies, mais on a laissé les rois déchus promener leur majesté découronnée. Ainsi voudrait- on faire envers Dieu et son Christ ; volontiers, on leur laisserait une certaine vie, pourvu qu’on soit débarrassé de leur royauté importune. Mais la

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condition n’est pas égale : car, dans le prince, il y a l’homme, qui peut subsister alors même que la couronne est tombée de son Iront, tandis qu'en Dieu et en Jésus-Christ la suprême majesté et l’existence ne sont qu’une seule et même chose ; et Satan sait bien que si, à l’aide de la Franc-Maçonnerie, il parvient à soustraire complètement les hommes à l’autorité de son divin rival, il l’aura entièrement banni de cette partie de son empire.

Eh bien! ce suprême objet de son ambition, l’immortel révolutionnaire semble sur le point de l’atteindre : car la Franc-Maçonnerie est presque partout maîtresse; et, s’il reste encore quelques chefs d’État qui ne lui sont pas directement hffiliés, il n’en est plus un seul qui ose la combattre. Ne voit-on pas quelquesuns de ceux dont elle prépare ouvertement la chute l’appeler dans leurs conseils, et l’aider à renverser leurs trônes?

Pleinement libre de manifester sa pensée et d’exécuter son plan, elle a donné à tous ses ateliers le mot d’ordre suprême : bannir Dieu de l’école; c’est le moyen infaillible de le chasser prochainement de la société. Mais comment s’opérera ce bannissement? A la manière maçonnique, c’est-à-dire sans trop de violence. Enseigner aux jeunes chrétiens à blasphémer, serait maladroit; on arrivera bien plus sûrement au but, en les accoutumant à se passer de Dieu, à tout expliquer sans lui, à chercher en dehors de lui la moralité et le bien-être.

Voilà ce qu’on homme l’enseignement laïque.

Or, qui ne le voit? Cette question, est décisive. Que l’instruction de la jeunesse soit partout laïcisée dans le sens qui vient d’être expliqué ; qu’en devenant laïque,

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c’est-à-dire athée, elle devienne en même temps obligatoire; que tous les enfants, ceux au moins dont les parents ne pourront pourvoir à leur instruction, et c’est de beaucoup le plus grand nombre, soient contraints d’aller prendre auprès du représentant de l’État des leçons pratiques d’athéisme ; que la grande majorité de la population française soit jetée dans ce moule, à l’âge où se forment les convictions et les mœurs ; et nous aurons bientôt ce que le monde n’a jamais vu, et ce dont la seule pensée faisait frémir Voltaire : à la place de la nation très chrétienne, nous aurons une nation athée.

C’est en présence de cette sombre perspective que s’ouvre l’avenir. La crise dont nous signalons depuis longtemps l’aggravation progressive semble arrivée à son dernier paroxisme. Les deux sociétés qui se combattent, depuis tant de siècles, semblent sur le point de livrer leur suprême combat. Si le plus cruel des Césars persécuteurs , Dioclétien , put se flatter de détruire le christianisme, en mettant à mort le dernier de ses adhérents, la Franc-Maçonnerie semble pouvoir, avec bien plus de raison, se flatter de cette espérance, au moment qù elle se dispose à arracher, dans l’âme des nouvelles générations, jusqu’à la dernière racine de la foi. Au point de vue de leur empire terrestre, la question qui s’agite est, pour Dieu et son Christ, une question de vie ou de mort. Et les chances humaines semblent, avouons-le, du côté de la mort.

Et c’est pour cela que le cœur du vrai chrétien doit

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être plus que jamais plein d’espérance : car il sait, à n’en pouvoir douter, que, pas plus sur la terre que dans le ciel, Dieu ne peut être vaincu. Il n’ignore pas que, suivant l’expression de Plutarque, on réussira plutôt à construire une ville dans les airs qu’à constituer une société sans religion. Quoi qu’il arrive donc, Dieu sera vengé, et ses ennemis seront confondus. Si, pour châtier leur rébellion et nous faire expier à nousmêmes la lâcheté et l’aveuglement auxquels ils sont redevables de leur pouvoir, il permettait qu’ils vinssent à bout de leur folle entreprise; si, après avoir rendu la loi athée, ils réussissaient à faire passer l’athéisme dans les idées et les mœurs de la nation; si, dans les âmes et dans les familles, aussi bien que dans la société civile, la base essentielle de toute morale et de tout ordre social était renversée, l’immense effondrement qui en résulterait serait une terrible, mais juste réparation de l’immense scandale que nous avons donné au monde.

Nous ne pouvons croire que Dieu veuille ainsi glorifier uniquement sa justice par le châtiment de nos crimes. Il nous a donné trop de preuves de son amour pour nous abandonner. La Vierge Immaculée, qui fait chaque jour tant d’autres miracles, ne nous refusera pas celui auquel elle semble engagée par les promesses des saints. Jésus-Christ a parmi noüs trop de serviteurs dévoués, pour les confondre avec ses ennemis dans une commune ruine. S’il a permis à ses ennemis de 'triompher jusqu’à ce jour, c’est afin de donner à ses serviteurs l’occasion de lui montrer, avec plus d’éclat et de mérite, leur fidélité et leur confiance. L’occasion, en effet, ne saurait être plus favorable; nous sommes à l’une de ces heures où la véritable amitié se montre,

et où se conquièrent les plus glorieuses couronnes.

Le roi qui a subi les coups du malheur, lorsqu’il remonte sur son trône, donne toutes ses faveurs aux amis des mauvais jours, et les met bien au-dessus des courtisans de sa fortune. C’est pour discerner ainsi ses vrais amis que notre divin Roi veut, lui aussi, avoir des jours mauvais sur la terre. Demeurons-lui fidèles; et, tandis qu’il semble abandonné ici- bas, levons les yeux plus haut, et voyons-le glorieux et triomphant au ciel. Laissons les foules se laisser entraîner vers les autels des faux dieux et enrôler dans l’église de Satan. Ne serions-nous qu’un contre mille et contre dix mille, luttons jusqu’au bout ; ce n’est pas seulement dans l’éternité que nous sommes assurés de vaincre : les plus puissants motifs nous portent à croire que, sur la terre même, au moment où tout semblera perdu, Dieu sortira de son sommeil. Poussé à bout, il interviendra; et, d’un mot, il fera rentrer ses ennemis dans la poussière.

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