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riques n’ont pas de chiffre d’urée plus élevé que les autres.
MM. Labbé, Boulin et Justin-Besançon dans un article intitulé « L'Urée du Sang et la Constante d’Ambard au cours du diabète sucré » (Presse Médicale du 23 août 1930) rappellent les publications précédentes, sauf celle de M. Rathery qu'ils semblent avoir oubliée lorsqu'ils écrivent qu’il n’existe rien en France sur ce sujet à part quelques chiffres isolés. Ils donnent une statistique de 41 cas bien étudiés et arrivent à cette conclusion que dans le diabète sans dénutrition, 38 p. 100 des cas ont une urée pathologique au-dessus de 0 gr. 50; alors que dans le diabète avec dénutrition, 46 p. 100 avaient une urée pathologique supérieure à 0 gr. 50.
La constante d’Ambard confirmant les proportions données par la simple azotémie, ils arrivaient alors à cette conclusion qu'il est fréquent chez les diabétiques d’observer un trouble de l’excrétion de l’urée et que cette. insuffisance sécrétoire peut aboutir à une élévation du taux de l’urée sanguine, que cette élévation, habituellement modérée, reste comprise entre 0 gr. 50 et 1 gramme, qu’elle est plus fréquente avec le diabète avec dénutrition, qu’elle n’a pas de rapport avec l’ancienneté de la maladie ni l’âge du malade, qu’enfin elle ne s’accompagne pas de l'élévation de la tension artérielle ni de signes de néphrite.
Ils discutent ensuite sur la pathogénie de cette azotémie, sur laquelle nous reviendrons tout à l’heure.
MM. F. Rathery, Sigwald et Dérot étudièrent à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris (Séance du 23 octobre 1931) l'état de l’urée sanguine et de la chlorémie chez les diabétiques. Étudiant d’une manière fort complète douze diabétiques simples et vingt et un diabétiques consomptifs en dehors du coma, ils trouvèrent que chez le diabétique simple 50 p. 100 avaient une urée pathologique, c’est-à-dire supérieure à 0 gr. 48; et chez les diabétiques consomptifs 15 p. 100 seulement avaient une urée pathologique.
Ils arrivaient à ces conclusions que l'augmentation de l’urée était peu fréquente, et, en tout cas, pas plus fréquente dans le diabète consomptif que dans le diabète simple.
Is constataient également que l'insuline avait une action
variable sur l’azotémie des diabétiques, l’élevant quatre fois, la diminuant deux fois et ne la modifiant pas une fois sur sept malades étudiés à ce point de vue, avant et après le traitement insulinique.
Enfin, étudiant les rapports avec la chlorémie, ils ne trouvaient aucun rapport constant entre l'élévation de l’urée et l’état du chlore plasmatique ou globulaire.
Lesage en 1931, dans sa thèse faite dans le service du professeur Rathery, étudia l’azotémie chez 90 diabétiques, de ce service d'octobre 1929 à octobre 1930 et trouva que :
Dans 44 cas de diabète simple, 5, soit 12 p. 100 seulement, avaient une azotémie supérieure à 0 gr. 50.
Dans 46 cas de diabète consomptif, 7, soit 16 p. 100, avaient une azotémie supérieure à 0 gr. 50.
La constante d’Ambard confirmait sensiblement ce pourcentage de l’élévation de l’urée sanguine.
Il ne trouvait aucune relation entre l’azotémie et la glycémie, ni aucune, entre l’azotémie et l’acidose.
Enfin il éliminait également toute relation entre l’azotémie et l’hypochlorémie.
L’élévation de l’urée sanguine avait donc pour lui la signification d’une néphrite.
Les divergences des auteurs sur le pourcentage de l’azotémie chez les diabétiques sont donc très importantes. Peutêtre peut-on l’expliquer par le fait que les statistiques données. ne portent pas sur un chiffre assez élevé, que les auteurs sont tombés sur des « séries » de malades différents, ou que leur méthode de dosage de l’urée sanguine était différente.
Pour éviter ces diverses causes d’erreur, nous avons établi une statistique très importante portant sur 531 diabétiques non comateux ayant été examinés dans le service du professeur Rathery de 1931 à 1935. Nous n'avons retenu que les diabétiques chez qui l’urée sanguine avait été mesurée à deux reprises différentes et par la méthode la plus courante à l’aide de l’hypobromite et nous avons obtenu les chiffres suivants :
Sur 341 diabétiques simples :
208, soit 62 p. 100, avaient une urée absolument normale, c’est-à-dire au-dessous de 0 gr. 40.
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94, soit 27 p. 100, avaient une ruée à peine supérieure à la normale, c’est-à-dire comprise entre 0 gr. 40 et 0 gr. 50.
39, soit 11 p. 100 seulement, avaient une urée nettement pathologique, c’est-à-dire au-dessus de 0 gr. 50, le plus habituellement entre 0 gr. 60 et 0 gr. 70.
Sur 190 diabétiques consomptifs :
127, soit 67 p. 100, avaient une urée normale.
41, soit 21 p. 100, avaient une urée légèrement supérieure. à la normale entre 0 gr. 40 et 0 gr. 50.
23, soit 12 p. 100 seulement, avaient une urée nettement pathologique au-dessus de 0 gr. 50.
Cette statistique, de beaucoup la plus importante de celles qui ont été publiées, confirme entièrement l’opinion que M. Rathery publiait en 1922 dans son livre sur le diabète sucré, à savoir, que l’urée sanguine n’était que peu augmentée chez les diabétiques et qu’elle ne l'était pas davantage chez les diabétiques consomptifs que chez les diabétiques simples.
En effet la proportion inférieure à 15 p. 100 d’azotémie nettement pathologique est vraiment peu importante.
Nous avons ensuite, étudié les malades présentant une azotémie élevée pour voir si cette azotémie était isolée ou était associée à d’autres symptômes rénaux.
10 Avec l’albuminurie.
a) dans les 39 cas de diabète simple, 10 seulement, soit 20 p. 100, avaient de l’albuminurie et aucun ne présentait de cylindrurie.
b) dans les 23 cas de diabète consomptif, 5 avaient de l’albuminurie, soit également 20 p. 100. Dans un cas, on nota de la cylindrurie.
20 Avec l'hypertension artérielle.
a) Dans 39 cas de diabète simple la tension artérielle était 28 fois augmentée, c’est-à-dire dans 71 p. 100 des cas
9 fois normale, c’est-à-dire dans 24 p. 100 des cas.
2 fois diminuée, c’est-à-dire dans 5 p. 100 des cas.
b) Dans les 23 cas de diabète consomptif, la tension artérielle était 5 fois augmentée, c’est-à-dire dans 22 p. 100 des cas.
12 fois normale, c’est-à-dire dans 52 p. 100 des cas.
6 fois diminuée, c’est-à-dire dans 26 p. 100 des cas.
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De ceci nous pouvons conclure que chez nos diabétiques ayant une azotémie élevée, on ne trouvait de l’albuminurie que dans une proportion très modeste et de fréquence égale chez les diabétiques simples et consomptifs alors qu’au contraire l'hypertension artérielle accompagnait très souvent l’azotémie des diabétiques simples et rarement celle des diabétiques consomptifs.
Pour savoir si cette azotémie s’accompagnait réellement d'un trouble du fonctionnement rénal, on peut également s'adresser aux épreuves de perméabilité rénale comme la constante d'Ambard et l'épreuve de la phénolsulfolphloléine. Ces épreuves n’ont pas été effectuées chez tous nos malades hyperazotémiques et elles ont donné des résultats un peu contradictoires entre elles dans un certain nombre de cas où elles ont été pratiquées concurremment ; c’est pourquoi nous préférons ne pas en tenir compte dans cette étude. Signalons seulement que la constante d’Ambard était supérieure à 0,10 dans 5 cas étudiés et qui présentaient également une phénol. défectueuse.
Il nous a paru plus intéressant de savoir ce que devenait cette azotémie dans les cas où on a pu suivre ces malades.
C’est ainsi que 15 des 21 diabétiques simples hyperazotémiques ont pu être suivis pendant des périodes variant de quelques mois à plusieurs années.
8, soit 52 p. 100, ont vu leur azotémie monter.
5, soit 33 p. 100, ont maintenu leur azotémie.
2, soit 15 p.. 100, ont vu l’azotémie s’amender complétement.
Par ailleurs, 15 des diabétiques consomptifs ont pu être également suivis :
10 ont vu leur azotémie diminuer, certains dans de très fortes proportions, souvent avec le traitement insulinique.
4 ont maintenu leur taux d’azotémie.
1 l’a vu s’accroître.
De l'étude de l’azotémie à divers moments de l’évolution des diabétiques il nous a semblé que cette azotémie avait tendance à se maintenir ou à s’accroître dans le diabète simple,
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alors qu’elle subissait bien davantage l’influence du traite-
ment dans le diabète consomptif.
Comment donc interpréter cette azotémie des diabétiques ?
Il semble bien qu’il faille l’interpréter différemment chez le diabétique simple et chez le diabétique consomptif.
Chez le diabétique simple, souvent d'âge mûr, obèse, gros mangeur, elle s’accompagne d’hypertension artérielle d’une manière très fréquente, elle indique certainement une gêne dans le fonctionnement du rein. Souvent cette sclérose rénale a même précédé l’apparition du diabète. En tout cas, l’azotémie dans ce cas ne nous a pas semblé une conséquence du diabète, mais bien la traduction d’un état de l’organisme susceptible d’occasionner une sclérose rénale au même titre qu'une sclérose pancréatique. Cette azotémie est le fait du terrain sur lequel s’est développé le diabète bien plus que du diabète lui-même.
En regard à ces conditions, l’azotémie ne nous a pas semblé plus fréquente chez les diabétiques que chez les obèses sédentaires, gros mangeurs, sans glycosurie.
Cette azotémie est peu influencée par le traitement du diabête et continue souvent à monter, traduisant ainsi la sclérose rénale.
Chez le diabétique consomptif au contraire, en général plus jeune, l’azotémie se rencontre avec une fréquence minime nous l’avons vu, mais cependant dans les cas où elle existe, elle pose des problèmes plus compliqués que celui de l’azotémie du diabétique simple.
La preuve de leur origine rénale n’est pas absolue. En effet, elles ne s’accompagnent qu’exceptionnellement d’ hypertension artérielle et que peu d’albuminurie.
Certains auteurs ont voulu lui donner comme cause la concentration sanguine augmentée ou l’hypochlorémie, mais aucun chiffre n’est venu confirmer ces hypothèses, plusieurs les ont au contraire nettement infirmés comme les chiffres donnés par M. Rathery surlesrapports entre l’azotémie et la chlorémie des diabétiques. M. Labbé pense que si l’élévation de la constante d’Ambard qu’il a constatée dans ces cas vient rendre probable une origine rénale, il avoue n’avoir pas de données