L’INSULINE PEUT-ELLE LÉSER LE REIN
Il semble bien qu’on puisse répondre négativement à cette question avec la majorité des auteurs.
Au point de vue expérimental on sait que les plus fortes doses d’insuline ne donnent aucune lésion rénale chez l’animal.
Au point de vue clinique.
a) En dehors du coma.
Nous avons vu plus haut à propos de l’hématurie ce que l’on pouvait penser des cas d’hématuries après traitement insulinique et nous n’y reviendrons pas.
b) Pendant le coma, certains auteurs ont pu penser que l’azotémie constatée ainsi que l’imperméabilité rénale pouvaient peut-être avoir pour cause des doses massives d’insuline injectée. Ce sont surtout Bowen et Beck publiant une observation où l’urée augmentait avec les doses d’insuline injectées qui se sont faits les propagandistes de cette théorie. Nous avons fait justice de cette allégation, cette observation montrant bien plus l’insulino-résistance que l’insulino-nocivité.
Mais par contre, nous voudrions insister sur le fait que l’insuline peut retentir secondairement sur le rein par rinsuffisance cardiaque et l’hypotension qu’elle provoque souvent à grosse dose.
En effet, nombreux sont les auteurs qui ont signalé les effets dépressifs de l'insuline à forte dose, et il est juste de penser qu'ainsi, par l'intermédiaire de l’hypotension qu’elle dé-
clanche, elle puisse être à l’origine d’une gêne dans le fonctionnement rénal.
Nous avons d’ailleurs insisté à propos du coma diabétique sur l'intérêt qu’il y avait quand on emploie de fortes doses d'insuline à soutenir le tonus circulatoire par les toni-cardiaques, les injections de sérum faiblement adrénaliné par voie intraveineuse, voire même par les transfusions de sang.