‹ Le rein mobileChapitre 12 sur 35 · DOULEURS · texte numérisé non relu

DOULEURS

Cette douleur peut ainsi persister des années avec ses caractères: elle augmente peu; mais, chez les personnes astreintes à la fatigue, elle a plutôt tendance à s’accroître; elle finit par rendre le travail impossible.

On la voit quelquefois débuter brusquement, et, lorsque cette apparition brusque coïncide avec une sensation de « décrochement », on a parlé pour ces cas de rein mobile traumatique ; cette conclusion ne me paraît pas légitime : on ne peut se baser sur la brusquerie de la douleur pour conclure à une néphroptose par effort. A part quelques cas très exceptionnels de luxation traumatique, la mobilité rénale est toujours préparée de longue date, comme la hernie, comme les prolapsus, par des défectuosités des moyens de fixité ; et il n’y a pas de népliroptoses de force, il n’y a que des néphroptoses de faiblesse.

Et d’ordinaire la douleur apparaît peu à peu, se confirme progressivement; le rein mobile est d’abord latent ; puis les nerfs réagissent et la douleur paraît, croît et devient de plus en plus gênanLe, jusqu’à créer une espèce d’impo-

Legueu — Rtiin mobile. 3

CLINIQUE

tence qui iorco les malades à rester tranquilles, fréquemment étendus sur le lit ou la chaise longue.

2° Troubles digestifs. — La plupart des malades atteints de rein mobile présentent des troubles digestifs plus ou moins accentués. Ces troubles sont quelconques, polymorphes, variables : c’est tantôt la dyspepsie avec atonie et constipation: c’est tantôt la gastralgie avec les crises hyperchlorhydriques. En général, l’atonie l’emporte bientôt ; il y a de la flatulence, du tympanisme; l’estomac est dilaté. Des crises comme colles du tabès se produisent au cours desquelles des vomissements muqueux, puis biliaires, se répètent pendant des jours ou des semaines. La constipation est opiniâtre ; le gros intestin est atteint de colite muco-membraneuse, et l’appendicite trouve ici un terrain tout préparé.

La constipation s’accentue parfois jusqu'à faire craindre l’occlusion intestinale, et les modifications qui se passent au niveau du rein du côté du gros intestin expliquent sans doute ces crises de pseudo-occlusion ou d’occlusion vraie (Voy. p. 19).

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