LES COLONIAUX
Nous avons déjà montré en parlant des caractères du Jubilé quel rôle important les coloniaux y ont joué. Le Canada avait droit au premier rang dans toutes ces grandes et belles manifestations, et il lui a été invariablement accordé.
Mais notre récit ne serait pas complet si nous n'ajoutions pas quelques lignes au sujet des fêtes brillantes et variées données en l'honneur des Coloniaux.
Naturellement les banquets n'ont pas manqué : et les journaux ont mentionné spécialement celui de S. A. R. le prince de Galles, celui du Lord Maire de Londres, celui de la magistrature et du barreau à Lincoln's Inn Hall, celui de Fishmongers' Hall, donné par la célèbre corporation du même nom, et plusieurs autres offerts par les hommes les plus haut placés dans l'aristocratie anglaise.
Quand les Coloniaux allèrent à la grande revue jaavale, l'amirauté, le maire, la corporation, et le public de Portsmouth rivalisèrent d'empressement pour les recevoir.
A Londres, quand les banquets et les bals leur donnaient du répit, on les invitait au théâtre. C'est aiiw qu'on les vit au Lyceum, au Criterion, au Garrick. et
dans quelques autres où des loges étaient luises à leur disposition.
Les réceptions les plus cordiales leur furent données par divers corps militaires, et par lHonorable Compagnie d'Artillerie.
Les directeurs du Palais de Cristal les invitèrent aussi à une grande fêle. de nuit : malheureusement nos militaires étaient déjà en route pour le Canada quand cette iete eut lieu.
Le 3 juillet, Sa Majesté voulut donner aux troupes coloniales une dernière marque de sa faveur, en leur faisant distribuer des médailles commémoratives de son Jubilé et de son long règne.
La cérémonie eut lieu dans les jardins spacieux du palais de Buckingham, sur la vaste pelouse qui s'étend de la terrasse du palais jusqu'au lac, et que toute une forêt entoure et ombrage. Le touriste qui passe en face du palais ne soupçonne pas qu'il y a là d'immenses jardins et tout un parc dans le centre le plus aristocratique de la grande ville.
Les troupes coloniales comptant environ mille hommes, étaient rangées sur deux lignes en forme de P grec, faisant face à la terrasse du palais. Nos Dragons Royaux, nos Hussards, nos batteries, notre infanterie, notre Police montée du Nord-Ouest y étaient représentés ; et à côté d'eux figuraient la Police montée du Cap, les Zaptichs de l'île de Chypre, les lanciers et les carabiniers à cheval de la Nouvelle-Galles du Sud, les Maoris de la Nouvelle-Zélande, les Dyaks de Bornéo, les superbes Sykhs, les Zouaves des Indes, etc., etc.
La variété des types et des uniformes de ces différents détachements militaires
offraient un coup d'œil des plus pittoresques. Mais en face un autre groupe attirait encore plus l'attention : c'étaient les premiers ministres coloniaux, avec leurs femmes et plusieurs officiers supérieurs de l'armée.
Vers onze heures, le prince de Galles, précédé du colonel Herbert et du capitaine McNeill, et suivi d'un brillant état-major, fit l'inspection en passant dans les rangs. Puis il alla se placer en avant de la terrasse, sous un arbre où étaient déposées des caisses contenant les médailles ; et les officiers d'abord, puis les soldats, dénièrent un à un devant Son Altesse, et reçurent de ses mains, les soldats, des médailles de bronze, et les officiers des médailles d'argent. Chaque médaille, placée dans un étui en cuir doublé de satin blanc, porte en relief sur une face, le buste de Sa Majesté, et sur l'autre cette inscription : " En souvenir de la 60ième année du règne de la Reine Victoria, 20 juin 1897 ".
Tous ces militaires paraissaient in^pas-