IV. — RÉALISATION D'AMÉLIORATIONS FONCIÈRES CONNEXES
Le remembrement, en faisant pour un moment, de tout un territoire une seule parcelle appartenant à l'Association syndicale, fait tomber tous les obstacles qui rendent généralement impossibles les améliorations collectives du sol.
Les améliorations foncières souvent indispensables au progrès de la culture comprennent l’organisation d’un système d’écoulement des eaux superficielles, le drainage des terrains humides, l'irrigation des terrains secs, la correction des limites de certains cours d’eau.
Avant le remembrement, la direction des parcelles empêche souvent les eaux superficielles de s’écouler,
(16) M. A. G. (85 hectares), à Sponville, dit à ce sujet: « Nous avons fait disparaître les raies le plus possible. Nos parcelles sont moins en « dos d'âne », nous avons autant de terre sur Îles raies que sur le milieu du champ. Avant le remembrement, chacun remontait sa terre pour qu’elle ne roule pas chez le voisin, il en était de même pour le fumier ; plus de terre sur la raie, pas de récolte! Le milieu du champ était impossible à confier à la « lieuse >» parce qu’il était bombé ».
M. E. P. (18 hectares), à Lesménils, nous dit: &« Avant le remem-
brement, à un mètre et même un mètre cinquante des « raies >, la récolte était médiocre ».
chaque propriétaire rejette comme il peut les eaux sur le fonds inférieur, et elles finissent par arriver dans quelque dépression où elles détruisent les semences et arrachent les jeunes pousses.
Lors du remembrement, on donne aux parcelles une direction rationnelle afin d’avoir un meilleur écoulement des eaux (17). Le drainage des terrains humides est un avantage essentiel du remembrement. Les terrains humides ont, en effet, à leur surface une couche imperméable sur laquelle l’eau croupit et rend impossible toute culture. Il faut alors procéder au drainage, c'est-à-dire créer dans le sol un réseau de canaux formés de lignes de tuyaux qui recueillent les eaux et les évacuent dans le cours d’eau le plus proche. Cette opération exige évidemment le concours de tous les propriétaires des terrains humides, aussi le drainage est à peu près impossible à réaliser.
Le remembrement permet au contraire de procéder à cette amélioration sans aucune difficulté, pour le plus grand bien de l’agriculture (18).
(x7) Cet avantage est mis en lumière par l'explication de M. E. R.. (8o hectares), à Dampvitoux: « Avant le remembrement, dit-il, on n’arrivait qu'à 10 ou 12 quintaux. Depuis le remembrement, avec le semoir, on arrive à 16 et même 20 quintaux par hectare, car les terres sont plus faciles à préparer. Naturellement le remembrement a fait suivre les pièces selon la pente des terres, tandis qu'auparavant, on avait un champ dans le sens de la pente et il s'en trouvait un autre en travers qui empêchaïit l'écoulement des eaux ».
(18) L’explication fournie par M. R. M. (66 hectares), à Pont-à- Mousson, présente le plus grand intérêt: « J'ai fait un drainage sur 12 hectares de trairies appartenant avant remembrement à 30 propriétaires. Avant le drainage cette pièce était abandonnée; aujourd’hui, elle est de tout premier ordre. Je recommanderai toujours cette opération qui a été exécutée par le Génie rural, tellement elle m’a apporté des résultats inespérés »,