ACTE PREMIER
ANTOINE
Voilà ! nous nous donnons rendez-vous pour la vraisemblance dans une cliniuhro d'hôtel.
CLOTIMJK.
Oui!
ANTOINE
Pas tous les tl'Ois, nous deux, (n montre A'alentino ot
lui.) Après avoir eu soin de jn-évenir par une lettre anonyme cet excellent Ducloseau; nous sommes pris en flagrant délit, etc., etc.. et ça y est!
VALENTFNE.
Qu'en dis-tu?
CLOTILDE
Ah ! mes chers amis, et l'article 298, qu'en faitesvous ?
ANTOINE
Que voulez que j'en fasse?
VALENTINE
Oui !
CLOTILDE
Vous ignorez donc qu'en cas d'adultère, l'épouse coupable ne peut se remarier avec son complice?
ANTOINE ot VALENTINE.
Hein?
ANTOINE
Mais c'est indigne !
VALENTINE
J'irai plus loin : c'est ignoble!
CLOTILDE
La loi est formelle I
ANTOINE
Ail ! je vous demande un peu ce que vient faire la loi là-dedans. Je vous le demande !
VALENTINE
Mais c'est inique ! c'est illogique ! c'est immoral ! Le seul homme que puisse épouser ime honnête femme qui a trompé son mari^ est justement celui qui a collaboré à la faute !
CLOTILDE
Autrement elle sera obligée de tromper son mari avec quelqu'un qu'elle n'aime pas pour pouvoir épouser... (Riant.) Au fait, c'est un moyen!
VALENTINE, protestant.
Oh ! non! j'appelle cela un remède de cheval !
ANTOINE, même jeu.
Et le nombre trois a i^eau être aimé des dieux...
VALENTINE, désespérée.
Ah ! sommes-nous assez malheureux !
ANTOINE, à part.
La revoilà, la falaise I
CLOTILDE, réfléchissant.
Attendez donc, attendez donc... Prenez un reuiplaçant.
ANTOINE et VALENTINE, ensemble.
Un remplaçant?
CLOTILDE
Oui ! ,. . Qu'exige la loi? Un flagrant délit d'adultère. Eh ])ien, il pont en être d'un flagrant délit comme des feux de pelotnn pendant h's gramh's manœuvres.