L'ART ESS
Comparons les 3 rations isodynames et les gains dont le poids du corps a bénéficié :
(1) (2) (3) Albuminoïdes....... 25 gr. 30 177,19 89 gr. 63 RPDISNES Le Pare EUX 81 — 15 17,46 60 — 75 Hydrocarbonés...... 457 — 08 456,46 142 — 74 Gain de poids....... 443 — 107 — 1215 —
Les rations (2) et (3), riches en matières azotées, élèvent le poids du corps bien plus que la 1°. L'organisme a donc besoin de plus de 25 gr. d’albuminoïdes.
D'autre part, (1) et (2) ont l'une plus de substances albuminoïdes, l’autre plus de graisses, tandis que les hydrates de carbone y figurent à titre égal. La nécessité d’un minimum d’azotés donne l'avantage à la ration (2). On comparerait au même point de vue (1) et (3). — Mais entre les deux dernières rations, l’avantage demeure à (3), qui, satisfaisant le besoin d’albumine, enferme son énergie dans des substances ternaires (sucres et graisses). La machine humaine demande à ceux-ci, par conséquent, le combustible nécessaire. Auquel des deux? — Convertit-elle directement la graisse en énergie utile? La fait-elle passer, comme le déclare M. Cuauveau, à l’état de « potentiel glycogène », le seul directement utilisable? — Il aurait fallu, avec une ration (4) isodyname aux autres, remplacer les 60 gr. de graisses par du sucre. C'était bien notre dessein si le temps ne nous avait fait défaut.
Une conclusion maintenant s'impose : La machine humaine, en travaillant, utilise des matériaux non azotés. À priori elle aurait plus vite fait de brâler des hydrates de carbone, qui libèrent énergie égale que les graisses en coûtant moins d'oxygène (voir page 37), en économisant l’effort des muscles respirateurs.-
Il apparaît ainsi que les albuminoïdes, dans les rations suffisantes, celles d'entretien, répondent à la rénovation des tis-
sus musculaires. Ils n’assurent plus cette rénovation si lin-. tensité du travail les détruit sous forme de combustible; et le
poids du corps humain fléchit dans les rations insuffisantes :
c’est le cas de notre sujet.
Voilà pourquoi, l'équilibre azoté une fois réalisé, tout excès d’albumine se traduira parunehypertrophie du système musculaire (Ayp. fonctionnelle). L'intérêt du bon entretien de la machine est de savoir que les ternaires forment le combustible préféré du travail, et que les quaternaires sont des aliments de force. L'économie du fonctionnement conseille de s'adresser aux premiers. C’est ainsi que, dans le tableau IV, la valeur du quotient respiratoire, en moyenne 0,88, trahit cette préférence de l’organisme. D'autre part, le tableau VII accuse une dépense de 4.000 calories environ pour le travail le plus intense de la journée ouvrière. En réalité la majeure partie de nos travailleurs consomment par jour 3.500 calories et rarement davantage. Quoi qu'il en soit, dans les régions où la main-d'œuvre est nourrie par l’employeur,il estpossible d'adopter un régime de nourriture conforme à nos conclusions, et de traduire en argent la dépense alimentaire. On saurait ainsi, exactement, le coût du travail; on comparerait, industriellement parlant, la machine humaine à une véritable machine usuelle, pour laquelle on établirait un barème spécial.
À notre connaissance, certains directeurs-colons, en Algérie, s'étaient déjà posé le problème, et dans la crainte de n'y pas réussir n’ont pas essayé de le résoudre. On voit l’inanité de telles appréhensions.