‹ Le renégatChapitre 99 sur 334 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

de blessures du champ de bataille , se trouve le jeune Alaor. Après avoir conduit les filles d'Amalberge jusqu'aux premiers postes français, il s'était rendu a Ségorum par ordre de son mailre , y avait porté des dépêches au commandant , et devait en repartir le lendemain. La princesse de Lutève environne l'ami d'Agobar des serviteurs les plus attentifs et des soins les plus empressés : égards flatteurs 5 secours de l'art , consolations de tout genre , rien n'est épargné pour sauver la vie d'Alaor.

Ezilda s'est fait conduire aux prisons de la forteresse , où sont renfermés, dit-on, plusieurs bataillons français. Elle en ouvre elle-même les portes. Quelle est sa surprise ! C'est Léodat et ses guerriers dont elle vient de briser les fers. Devant la grotte miraculeuse , blessé, ne pouvant combattre , cerné par des légions ennemies , le prince des Avernes avait été forcé de se rendre ainsi que son faible détachement; et

c'était à Ségorum que les Musulmans avaient

conduit leurs captifs.

« — Ange libérateur ! s'écrie Léodat en » apercevant Ezilda; ce sera donc toujours à )) vous que je devrai la vie î »

Et tombant à ses pieds il presse avec passion sa main contre ses lèvres, (c — Ce n'est point à » moi 5 répond la vierge modeste , qu'il faut ;) adresser vos actions de grâces. Quand la » cause sainte triomphe , c'est Dieu qu'il faut » remercier. — Oui , répète avec véhémence » le noble chef y oui , c'est Dieu qu'il » faut remercier, ce Dieu qui, créant en » vous un chef-d'œuvre dont le ciel lui » seul était digne , daigna vous envoyer à la » terre. «

A ces mots , une vive rougeur a coloré les joues d'Ézilda. Aux yeux de la foule guerrière, agenouillé devant elle, le jeune et beau Léodat, presque guéri de sa blessure , a fait éclater , en son énergique réponse , plus que de lad-

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