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LI\RE IV

Eziida prie avec ferveur. Ses mains sont jointes. A son doigt brille un anneau (J'ûr. La fiancée du fils des rois regarde en soupirant, la bague d'alliance qui jadis lui promettait le trône; elle se rappelle le jour de solennités où le descendant de Clovis conduisit ses pas à l'autel : « — O Clodomir î s'e'crie-t-elle y éle- )) vaut sa douce voix et regardant la statue de .• )) Thierri, Clodomir!.... »

Elle ne peut achever, un bruit inopiné l'interrompt... de sourdes rumeurs se font entendre : elle tourne la tête , et debout , derrière elle, aperçoit un guerrier d'une stature élevée dont l'attitude est menaçante , et qui l'observe attentivement.

Il est seul. Appuyé sur son glaive il est immobile. Le casque d'or qui couvre sa tête est surmonté d'un panache rouge et noir; sa visière est baissée : il n'a point de bouclier, point de cuirasse. Les plis d'un long manteau enveloppent sa taille. Sa contenance est martiale ;

SOQ port est majestueux; et pourtant sa personne est entourée d'inexplicables terreurs. Semblable au froid simulacre d'un héros des temps recules, il s'ofire gigantesque et funèbre. Sa subite apparition à la vue est comme un pressentiment horrible à la pensée : homme ou spectre, l'inconnu semble une première sommation de la fatalité.

Non moins troublée que surprise , la princesse agenouillée se relève ; puis recouvrant son courage habituel, elle examine le guerrier. A ses noires pensées il s'arrache brusquement ; il s'approche d'elle , et d'une voix sombre et sinistre : (( — Femme imprudente î lui » dit - il , quel Clodomir appelles - tu ? — » îlomme farouche ! répond Ezilda sans s'é- » mouvoir, de quel droit m'interroges - tu ? )) — Je suis Agobar ! » s'écrie le Renégat furieux , haussant sa visière. — (f Je suis » Ezilda ! » répond la vierge paisible eu relevant son voile.

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