TOME 1*'. l
21 o LE RENÉGAT.
» ne m'est plus possible. Sëparons-nous , et
» pour toujours !
» — Non , s'ëcrie Ezilda d une voix sup- » pliante^ et le retenant par son manteau; » sur cette re'ponse sinistre je ne te laisserai )) point me quitter ; un instant, quelques » mots encore !...
» — Enchanteresse ! dit le Renégat la » regardant avec compassion , je ne puis » plus être séduit. Ta beauté charme mes )) yeux ; ton courage étonne mes esprits ; tes )) accens troublent ma raison ; mais rien ne )) parle plus à mon cœur. 11 est devenu sem- » blable à la plante desséchée sur laquelle tom- » bent vainement les feux vivifîans du so- » leil 5 ou les douces rosées de l'aurore.
» Incomparable créature î si tu pouvais » connaître en quels abîmes de souffrances « Clodomir fut précipité , en quelle épou- >) vantable route il fut poussé par le destin^ » tu le plaindrais , toi qui sais plaindre....