‹ Le renégatChapitre 12 sur 334 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

exactement semblables , et portant lem^s deux noms, avaient etë échanges entre elle et l'he'ritier de la couronne. La bénédiction nuptiale avait seule manqué à cette auguste cérémonie qui jamais ne s'était effacée du souvenir d'Ezilda.

Mais Thierri meurt; le jeune lys tombe frappé de la foudre; un usurpateur, nommé Geoffroi , s'empare du pouvoir suprême ; et Théobert se retire avec sa fille dans les Cévennes.

Inséparable ami de son roi, le suzerain de Lutève lui avait consacré sa vie entière; il ne survécut que peu d'années à Thierri. En sa solitude, tout à sa fille, il sut, par de sages leçons, élever son ame au-dessus des adversités ; et tandis que la nature douait Ezilda de toutes les grâces de son sexe, il développait en son cœur le mâle courage des héros , l'enthousiasme des génies sublimes, et la foi des premiers chrétiens.

Quoique possédant de rares connaissances en tout genre , Ezilda , humble comme la flevir d'une rive inculte , paraissait ignorer sa haute supériorité. Les craintes de son père ne s'étaient que trop réalisées. Sur la race souveraine avait soufflé le vent de la colère céleste , et la future reine de Lutèce n'était plus qu'une simple châtelaine. Cependant , ne pouvant oublier le sort auquel elle fut un instant appelée, la princesse j renonçant au monde après la mort de son père , s'était promis de n'être jamais l'épouse d'aucun mortel , ayant du l'être du roi de France.

Répandre des bienfaits autour d'elle , rendre heureux ses vassaux et prier l'Eternel étaient ses seules occupations. Pourquoi donc au fond de son ame une voix secrète et prophétique , troublant la paix de ses jours , venait-elle sans cesse la menacer d'un avenir de gloire et de merveilles .\ . . Hélas ! nul ne saurait expliquer les mystères de l'humaine intelligence. 11 scm-

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