‹ Le renégatChapitre 122 sur 334 · LIVRE Y · texte numérisé non relu

LIVRE Y

Ezilda fend les cohortes musulmanes, jette au milieu d'elles le désordre et la mort , appelle à sa suite les Chrétiens , et de loin se tournant vers eux en agitant son étendard, leur semble la victoire elle-même.

Aux camps des fils d'Allah , déjà le bruit s'était répandu qu'une image surnaturelle guidait aux combats les rebelles; cette image leur apparaît, et leurs esprits frappés n'aperçoivent plus que prestiges qui les entourent, que fantômes qui les terrassent. Les traits lancés contre la vier£[e invulnérable semblent reculer devant elle, ou tomber sans force h ses pieds, comme repoussés par quelque bouclier invisible. Le char de Tinspirée leur paraît flamboyant : la terreur devient générale.

« — Ezilda ! victoire et miracles ! » crient les vainqueurs de Ségorum. Les Arabes se débandent; l'insubordination éclate parmi eux : ils frappent de leurs cimeterres les chefs qui^ voulant les rallier , les menacent et les arre-

tent. Au lieu de combattre les Francs , ils tournent leurs armes contre eux-mêmes; un esprit de vertige et de démence a saisi l'armée infidèle. Sous le glaive des soldats chrétiens, une moitié de la division d'Agobar a péri; l'autre s'est rendue pi'isonnière au prince des Avernes. Léodat s'est couvert de lauriers. La plus brillante et la plus complète victoire a couronné les armes françaises.

Les combats ont cessé. Au champ d'honneur , la foule triomphante se presse autour de l'héroïne , et la contemple , non comme une mortelle admirable , mais comme une émanation céleste , comme un symbole miraculeux. Fière de la gloire de ses troupes , mais calme au milieu des triomphes , Ezilda remerciant les cieux et lui rapportant ses succès , s'offre à la multitude ravie , belle des prodiges de la journée , radieuse de sa reconnaissance.

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