LIVRE V
» — 11 ue cpmbattait point à Labrod : on » croit qu'aux bords de la ^Mëditerranëe il » guide ses phalanges arabes.
)) — Ah ! s écrie Alaor avec feu , puisse la » gloire lui être fidèle!... — Ah! répond vive- » ment Ézilda , puisse le ciel éclairer son )) ame ! puisse l'Eternel veiller sur lui !.. .
» — Qu'entends- je î dit le guerrier , à la » fois surpris et charmé , qui vous ! prier » pour Agobar ! — Je prie pour toute ame
» égarée — Egarée !.... répète avec une
» émotion visible le frère d'armes du René- » gat , par cette étrange réponse que voulez- )) vous me faire entendre ? — Confident chéri » d'Agobar , poursuit Ézilda , vous connaissez )) sa vie entière , je le sais : votre trouble » vous a trahi , vous ne m'avez que trop » comprise. — Eh , quel intérêt , reprend » Alaor y cherchant à cacher son agitation , » quel intérêt peut prendre une Française à )> l'ennemi de son pays ! Agobar est chef mu-
» sulman. — Oui : mais il fut guerrier chre-
» tien. »
A cette réponse le Sarrasin se redresse avec pre'cipitation sur son séant. « — Qui vous a )) dit qu'il fût chrétien ? — Lui-même , ré- » pond Ezilda ; dans la chapelle de Ségorum » il s'est fait reconnaître à moi.
)) — Se peut-il .^ étonnante femme ! et
) quels titres pouvez-vous avoir à la confiance » d'Agobar ?
» — Les plus justes , les plus sacrés; je suis » la princesse des Cévennes ^ et la fille de » Théobert.
» — Juste ciel! Que viens-je d'appren-
» dre !.... Vous l'épouse de Clodomir ! — ■ — » Alaor ! interrompt la vierge , paix ! vous » avez nommé votre chef. »
L'héroïne de Labrod raconte alors à l'ami dévoué d'Agobar l'entrevue de l'église et le fatal combat de l'autel. Les yeux d'Alaor