LIVRE V. 25i
queur dans la capitale , il s'est emparé de la personne de GeoflVoi , et punissant le régicide , a voulu qu'il fut immolé sur le tombeau de ses victimes.
)) Le voilà donc enfin venu le jour si longtemps désiré ! le fils des rois va reparaître. Faldis a conservé soigneusement l'épée de Thierri y qu'après le meurtre de la reine, Clodomir , couvert de blessures , tenait encore entre ses mains : la cicatrice du faux pâtre , l'anneau de la princesse Ezilda , sont des preuves irrécusables qui feront reconnaître le prince. Faldis , Astolphe et Turial , après de pénibles adieux, se sont séparés d'Aiiathilde. Ils quittent leurs paisibles montagnes; ils volent pleins d'espérance à Paris.
» Hélas ! aux palais où résident seuls la politique , l'arrogance et l'ambition, qu'est la vertu persécutée , qu'est la loyauté suppliante , et que sont les droits légitimes alors que dé-
252 ' LE REMÉGAT.
laisses et sans force ils se présentent, comme nus , à la conscience des souverains !... Charles Martel avait vaincu Geoflroi , avait vengé la couronne, mais au fond de son cœur s'était réjoui de l'extinction de la race royale. La mort de Clodomir lui aplanissait la route du trône ; et dans le moment où le fils des Mérovingiens venait revendiquer son héritage , Charles n'attendait qu'une occasion favorable pour se faire offrir le diadème.
» A la porte du palais de ses pères, le prince français implore une audience du vassal souverain. Écartés par les courtisans du pouvoir, insultés par les gardes du conquérant, inaperçus de la foule indifférente, Aslolphe et ses deux amis ne peuvent parvenir jusqu'à Charles. Désespérés , ils lui font remettre un écrit où les secrets de Clodomir sont i^évélés; la réponse du duc régnant est un ordre donné à celui qu'il nomme imposteur de quitter Paris le jour même, ou de redouter