LIVRE V
sa vengeance. Il ne veut point le voir, il refuse de Tentendre; et s'il n'attribuait, dit-il, à la démence son extravagante démarche , il le bannirait du royaume .
» L'auguste rejeton de Thierri s'adresse à plusieurs grands de la cour; partout abreuvé de dédains et d'outrages , il est chassé par l'insolence ou repoussé par l'ironie. Se rappelant alors l'empoisonnement de son père , se retraçant la fin tragique de sa famille , et ne voyant autour de lui que forfaits, trahisons, injustices, l'infortuné lève ses regards vers le ciel et commence à se demander si vraiment il existe un Dieu.
» Cependant Faldis a retrouvé parmi les troupes royales quelques-uns de ses anciens chefs. 11 leur montre l'épée de Thierri, leur jure qu'Astoiphe est Glodomir, leur raconte comment il fut sauvé, parvient à convaincre leurs âmes, et se forme un nombreux parti.
Bientôt le bruit se répand à Lulèce que Thëritier de la couronne n'est point descendu dans la tombe, qu'il existe, et qu'il a reparu. La plus violente agitation se manifeste dans le peuple. Charles Martel ordonne l'arrestation d'Astolpbe qu'il nomme le faux Clodomir. Aussitôt la révolte éclate. Faldis et ses guerriers dérobent le jeune prince aux soldats du nouvel usurpateur; les conjurés se réunissent. Et non loin de la capitale, aux rives de la Séquana, ils proclament le vrai monarque, ils appellent son peuple aux armes.
» Bientôt une cohorte nombreuse entoure l'élève de Faldis. Le drapeau de Clodomir flotte dans la plaine , aux portes de Paris. La fortune paraît sourire au prince légitime. Son armée grossit d'heure en heure; et le descendant de Clovis , élevé sur des boucliers, est salué roi des Français.
» Mais s'élançant des murs de son palais.