‹ Le renégatChapitre 132 sur 334 · LIVRE Y · texte numérisé non relu

LIVRE Y

suivi de sa garde dévouée, Charles Martel attaque avec impétuosité les troupes de Clodomir. Trop habile pour laisser aux royalistes rassemblés le temps d'organiser une armée et de soulever la France, il se hâte de les combattre; et sa brillante renommée, son habileté connue , sa fougue habituelle , assurent la victoire à son étendard. Vainement par des prodiges de vaillance Clodomir justifie son entreprise téméraire et prouve sa haute origine, il doit voir tomber sa couronne à l'instant même qu'il l'a ceinte. Des monceaux de morts s'élèvent autour de lui ; son armée est presque détruite; le ciel abandonne la cause de la justice et de l'honneur; l'usurpation triomphe encore. » Effroyable journée! Clodomir voit tomber à ses pieds le noble et généreux Faldis. Le fer de Charles Martel a traversé sa poitrine , son sang coule à gros bouillons. Jetant un dernier regard sur le fils de Thierri : « — . O » mon prince ! dit-il , pardonne-moi si je

» meurs vaincu ! — O mon père ! s ccric » Astolplie éperdu , pardonne-moi si je le » survis! » Le dévoué soldat n'existait plus.

» Le combat se continue avec un nouvel acharnement ; aucun des guerriers compagnons de Faldis ne veut échapper à la mort : ils tombent successivement sur la funeste rive , et le dernier cri de ces braves est encore (( J^we Clodomir ! »

» Entièrement égaré , ne sachant plus où il est , ce qu'il cherche , ni ce qu'il fait , le téméraire Aslolphe se précipite au plus fort de la mêlée , le glaive à la main. 11 frappe au hasard ses ennemis , non par le désir de la vengeance, mais par l'impulsion du désespoir. Etonnés de tant de vaillance jointe à tant de jeunesse et de beauté , les soldats de Charles Martel le regardent, l'admirent, et n'osent le frapper. Son front n'est point abattu, quelque chose de royal y resplendit encore, w — Si vé- » ritablcment, disent-ils, ce héros était Clo-

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