TOME l
moins ce guerrier est Turial ; et lorsqu'à l'homme malheureux il reste ici-bas un ami , Texistence est encore possible , la terre n'est point encore vide.
» Au fond d'une longue allée percée dans l'épaisseur des bois , ils aperçoivent un antique bâtiment ; c'est un couvent hospitalier. Mourant de fatigue et d'inanition, Astolphe ne marche plus qu'avec peine. Il parvient cependant à se traîner jusqu'au pied des saintes murailles ; là ^ sans force , il s'assied épuisé le long des degrés d'un portique ; et le descendant de Clovis, l'héritier des souverains , plus à plaindre que le dernier de ses sujets , n'a pas même en ce moment dans le royaume de ses pères un seul abri pour y mourir.
» Turial au désespoir n'a qu'une dernière ressource ; elle est périlleuse , n'importe ! Astolphe est expirant ; il ne peut aller plus loin , et Charles le poursuit peut-être : il n'hésite plus ; il quitte son ami , se présente à la porte