‹ Le renégatChapitre 137 sur 334 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

il blasphéma le Créateur^ il renia la Providence. )) Soudain, derrière un vieux lambris, qu'en sa rage il vient de briser, s'offre à lui l'épëe de Thierri. Là, Turial Tavait cachée : se méfiant des religieux, craignant qu'ils ne fussent tentes par la riche poignée du fer , et comptant rester dans le cloître, Turial à tous les regards l'avait ainsi su dérober. Astolphe, précipitamment, a ressaisi l'arme royale.... Malheureux ! que va-t-il en faire ! . . .

» Le jour se lève à l'horizon. Le prince va prononcer ses vœux : comme suspendu sur un abîme, il a passé la nuit entière livré à toute l'horreur de sa position, à tous les supplices de son isolement des hommes et de Dieu, sans autres consolations que la pensée du suicide, et l'affreux désir du néant.

)) On le traîne à l'autel : suivant l'antique usage sa tête est dépouillée de ses cheveux. De mystérieuses paroles sont prononcées au-

tour de lui. L'œil (ixe et les traits de'eomposes, il ne sent rien, ne voit rien , n'entend rien. La victime parait résignée 5 elle s'otTre comme soumise.

» La question la plus importante est adressée au prêtre futur Astolphe relève son

front que depuis le commencement de la cérémonie il avait tenu constamment baissé ; et Tofficiant, l'abbé de S.-Vandrille, recule effrayé devant l'expression muette de son visage. Le prince est immobile^ mais tout son être est bouleversé. L'air qu'il respire lui semble des flammes ; le marbre du temple lui parait du sang; et son regard lance des foudres.

» On l'interroge encore.... il entend prononcer les noms de Tout-Puissant et d'éternité. Saisi d'une de ces horribles pensées qui sont comme les inspirations de l'abîme : (f — Le » Tout-Puissant ! s'écrie-t-il , c'est la mort, » je l'attends — V éternité! c'est le néant, je » m'y précipite..,, n

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