‹ Le renégatChapitre 138 sur 334 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

» Et soudain de dessous sa robe il lire un glaive ëtincelant ; c'e'tait le fer de Thierri. Il le plonge tout entier dans le cœur du prêtre officiant; et parmi les religieux terrifies s'ouvrant un passage , son ëpée sanglante à la main , il traverse l'église , les galeries et les cours du monastère , sans qu'aucun obstacle l'arrête. Gomme porté par les ailes invisibles d'un ange exterminateur, il passe aussi rapidement que l'éclair sous les arcades et les portiques. Tout fuit à son aspect. 11 s'enfonce dans les jardins; et poursuivi de loin par les cris des prêtres éperdus, il parvient à une porte isolée donnant sur la forêt. Là, un des gardiens du cloître veut arrêter ses pas : là , sous le glaive d'Astolphe tombe une nouvelle victime : il est hors des murs du couvent , il a recouvré sa liberté.

» Rien de tout ce que venait de faire le prince n'avait été prémédité. De l'épée cachée

sous sa robe il devait s'immoler lui même à l'autel. Un transport de rage avait seul et subitement détermine son attentat sacrilège. Sa fuite audacieuse n'était nullement projetée. Quand le malheur est à son comble , les résolutions extrêmes naissent de l'excès des douleurs ; elles deviennent alors comme les manifestations de la toute puissance du désespoir.

» Au milieu de la foret déserte, Astolphe sans projets et sans but poursuit sa course impétueuse. Emporté plutôt par un instinct de conservation que par une espérance de salut, il ne s'arrête qu'à la chute du jour. Il n'a suivi aucune route , n'a encore eu aucune pensée : il avait perdu ses facultés morales , bientôt ses facultés physiques l'abandonnent .Au bord d'une ravine sauvage il tombe presque anéanti.

)) Son regard s'est porté sur son glaive. L'aspect du sang dont la lame est rougie fait frissonner le meurtrier. Une fièvre ardente l'a

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