LIVRE V
vigueur. Une nouvelle énergie lui rend de nouvelles forces ; il ne s'alarme ni des obstacles ni des dangers de sa téméraire entreprise. Que ce soit au meurtre , aux forfaits , à 1 echafaud qu'il se précipite , n'importe ! pourvu que ce soit à la vengeance : il ne lui faut que cette idée , il n'éprouve que ce besoin.
» Aux rivages de l'Océan, contre les Frisons et les Bructères , Charles Martel avait conduit ses immortelles phalanges : les deux amis marchent sur ses traces; ils ont trouvé quelques secours à Polméran ; ni les difficultés du voyage , ni les fatigues d'une longue route , ne peuvent ralentir leurs pas ; ils ont rejoint le camp français.
» Déjà Charles Martel avait remporté la victoire de Burdion (i), et tué de sa propre main au champ d'honneur le vaillant Popon , duc de IFrise. Son armée est aux bords de
1) Voyez Daniel, Hist. de France, tom. 2 , pag. 90,
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FAmisia (i), non loin des côtes de l'Océan. Le pays conquis est ravagé , la Frise est réunie à la couronne (2).
» Cachés parmi des rocliei s , aux bords de la mer, Astolphe et Turial se dérobent aux regards des troupes françaises , et sans cesse épient le ravisseur d'Anatliilde. Après une suite de recherches infructueuses , ils parviennent à découvrir qu'en un château solitaire aux rives de l'Océan , Charles Martel tient renfermée une jeune inconnue ; et que seul il se rend fréquemment en cette retraite mystérieuse.
» Aussitôt leur plan est arrêté. Un soir , vêtus en chevaliers français , ils parviennent à s'introduire dans le manoir où languit Anathilde. Ils se disent envoyés du quartier-général ; ils montrent les royales armoiries du fer
(1) L'Ems.
(2) Voyez x\iinalcs inelenses , an Ç92.