LIVRE Y. 28 i
de ïhierri, et remeltent un ordre prétendu de Charles enjoignant aux gardiens du château de lui envoyer à son camp la fîUe de Faldis y sous l'escorte des deux chevaliers. Ils sont conduits au salon d'armes : et sur une énorme terrasse découverte, peu élevée , dominant la mer , ils demeurent seuls un moment.
» Anathilde est prévenue que des messagers du duc de France demandent à l'entretenir. La belle captive se rend auprès d'eux : ses geôliers s'éloignent ; Turial lève sa visière 5 Astoiphe tombe à ses genoux.
» O fortunés instans! Anathilde est dans les bras de son frère, est dans les bras de son amant. Leurs paroles ne peuvent suffire à leurs sentimens : toute souffrance est oubliée... Hélas ! l'implacable destin ne perd point Astoiphe de vue , il le surveille , il va frapper.
)) La porte du salon d'armes s'ouvre avec iracas. Charles Martel et trois chevaliers se
présentent. Le maire du palais s'avance vers Astolplie , et d'une voix terrible : u — En » ces lieux, que viens-tu chercher ? — Ana- » thikle, ta prisonnière, l'amante que tu m'as )) ravie. — Soldat audacieux , qui es-tu ? — » Prince déloyal , ton monarque. - — Qu'en- » tends-jeî tu serais?.... — Clodomir. — » Imposteur 5 crains ma vengeance! — Usur- » pateur , défends ta vie î »
» Aussitôt leurs glaives se croisent ; les satellites du despote tirent leurs épées. Contre la rampe de la terrasse , Turial s'est rangé près d'Astolphe. Les armes s'entrechoquent, Je sang coule. Une égale fureur anime les combattans : le digne héritier de Clovis déploie son héroïque intrépidité ; rien ne peut résister à ses formidables coups. Deux de ses ennemis expirent à ses pieds ; et Charles Martel va succomber lui-même. O furie infernale! le troisième chevalier qui , blessé mortellement , voit la captive de son chef prête h tomber au