‹ Le renégatChapitre 147 sur 334 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

pouvoir d'un rival vainqueur, veut du moins venger sa défaite. Ce vil esclave d'un tyran fuit à l'extrémité du balcon. Anathilde est là... le barbare en un accès de rage la saisit , et du baut de la terrasse , la précipitant dans la mer, adresse à Clodomir ces paroles : « — Monstre î » c'est toi qui causes sa mort : tu ne jouiras » pas de ton triomphe. »

» A peine avait-il achevé ces mots , que de nombreuses voix et des pas pressés se font entendre. On accourt au sanglant théâtre... plusieurs guerriers , portant des dépêches , viennent d'arriver du camp français ; ils approchent, ils sauvent Charles.

)) Les deux frères sont enveloppés de toutes parts. Turial combattait encore avec vaillance , lorsqu'un traître se glisse derrière lui , et trois fois lui plonge un poignard dans le cœur... le malheureux chancelle — se retourne vers l'assassin..,, un voile couvre sa vue... Son bouclier échappe de sa main; il

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reste sans défense ; et vingt glaives frappent îe généreux et fidèle soldat , victime du dévouement et de l'amitié.

)) Turial est étendu sur la pierre homicide. vSon casque est brisé. Sa chevelure d'ébène est roulée dans le sang. Pour la dernière fois ses lèvres s'entrouvrent... Elles appellent Astolphe. La mort même semble ne pouvoir éteindre en lui le sentiment de l'amitié qui , tel qu'un souffle immortel , survit encore quelques instans à sa dépouille inanimée . « — Mon frère! ...» a dit une voix déchirante. L'ame d'un héros s'est envolée.

» Quel spectacle pour le prince ! D'un côté le cadavre d'un ami qu'a mutilé le fer des barbares ; de l'autre , le corps d'une amante que roulent les flots de l'Océan. Partout le crime-, partout la mort. Loin de songer à se rendre , il se fait jour à travers les épées ennemies , et ne désirant plus que partager le tombeau d'Analhilde, du balcon de la terrasse il s'é-

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