TOME l
290 LE RKNÉGAT.
la pitié du Très-Haut. Une violente secousse l'a poussée contre le mât du radeau. Elle embrasse fortement cet appui protecteur; et calme comme la pureté virginale , elle ne tremble point, elle prie. En cet épouvantable chaos, c'est l'ange des miséricordes demandant grâce pour la terre.
» L'oeil sec et hagard, Astolphe , armé de son désespoir comme Anathilde de sa piété, contempie ainsi qu'un bloc inanimé l'effroyable scène des élémai.s bouleversés. Impassible et muet , ii semble spectateur indifférent des commctions de la nature, hôte étranger de la tempête.
» Tout-à-cor.p il s'élance avec fureur vers Anathilde. L'innocence sans secours implorant un ciel sans pitié est un tableau qu'il ne peut supporter plus long-temps. (( — Lève- » toi! » s'écrie-t-il d'une voix non moins sinistre que celle des tempêtes, « lève-toi! il » n'y a poir)t de Dieu. »