‹ Le renégatChapitre 155 sur 334 · LIVRE Y. 3oi · texte numérisé non relu

LIVRE Y. 3oi

Anathilde , il l'appelle.... profond silence; c'est la réponse du tombeau.

(( — O mort î un seul instant encore !.... » dit Astolphe au moment du salut ^ et pourtant au comble de la terreur. Ses mains étendues vers le vaisseau libérateur cherchent avec égarement à le saisir dans l'espace immense pour l'attirer à son radeau quand tout-àcoup un léger mouvement de sa bien-aimée a fait passer dans tous ses membres un horrible frisson.... Anathilde venait d'expirer.

» Le prince ne peut douter de son malheur. Son amie , sa compagne , son épouse n'est plus. 11 ne lui reste rien dans l'univers , rien, pas même l'espérance de la rejoindre un jour, puisqu'il rejette une autre vie : « — Maintenant » je puis blasphémer , )) murmure-t-il entre ses dents. Et cependant il se tait : le cadavre de son amante impose encore à sa furie.

» Le navire n'est plus qu'à peu de distance.

3o? LE RENÉGAT.

Astolphe , en renouvelant ses signes , debout sur le radeau , serait aperçu des passagers. 11 s'assied , demeure immobile , tourne le dos au bâtiment , se dérobe même a sa vue ; peu lui importe l'avenir : « — Qu'ils me laissent! » il est trop tard, se dit à lui-même le prince. » Qu'ils continuent leur traversée. J'abhorre » ce perfide vaisseau. Je veux vivre et mourir )) ici, ))

» Mais la frêle embarcation n'a point échappé à l'œil observateur des marins ; une chaloupe et quelques hommes arrivent au secours d'Astolphe. A leur approche il détourne la tête avec mépris. Un Musulman , l'un des chefs du navire , aborde des premiers le radeau. « — Que me voulez-vous ? dit )) l'amant d'Analhilde , qui vous appelle en » ce sépulcre ?... race humaine , laisse-moi » en paix !

» — Infortuné ! répond l'Africain , nous » arrivons à temps pour te sauver —

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