‹ Le renégatChapitre 159 sur 334 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

pour Tarracher à ses semblables ; et le ciel , comme approuvant sa féroce pensée , rend à ses formes athlétiques une colossale vigueur.

» Tout son être est changé. Il demande à s'enrôler sous les bannières de Mahomet. Son langage hardi , ses offres guerrières , ses pensées de carnage et ses cris de vengeance ont frappé d'étonnement le chef africain. 11 s'aperçoit qu'un héros de plus est parmi ses soldats : et le célèbre Musulman lui promet de le présenter lui-même au calife Abdérame.

» Ils ont débarqué sur la rive espagnole. Le fils de Thierri, cachant sa naissance et son rang sous le simple nom d'Agobar , est conduit devant le calife. — « Français! dit )) Abdérame , Athime s'intéresse à toi ; je » t'accorde ma bienveillance. Je sais, qu'exilé » par tes compatriotes , tu hais ton ancienne » patritî , et veux en adopter une nouvelle.

3o8 LE RENÉGAT.

» J'ignore quels furent les malheurs et ta vie, » mais je sais que la vengeance guidera ton » bras , et que ta vaillante énergie est le » garant de tes hauts faits. Cependant parmi » les guerriers de Mahomet je ne puis admettre » un Chrétien.

» — Puissant calife ! répond Agobar d'un » ton sec et farouche , qui t'a dit que j'étais » Chrétien? — N'as-tu pas professé ce culte ? — )) Ce que j'ai pu faire autrefois ne signifie plus » rien aujourd'hui. — Veux- tu renoncer à ta » foi et ceindre le bandeau du prophète ? — » Je veux combattre et te servir. Jupiter ou » Jéhovah , Mahomet ou le Christ , que me fait » le choix d'un vain nom ! le casque ou le » turban , le croissant ou le crucifix , peu » m'importent tous ces hochets î

» — Tu ne crois point à ta religion ? — )) Pas plus que je ne crois à la tienne. — Tu » ne reverras tes anciens chefs , tes conci- » toyens, tes drapeaux ?. . . — Que pour les atta-

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