‹ Le renégatChapitre 16 sur 334 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

présente encore à sa vue. Des torches allumées couraient alors çà et là avec rapidité sur les plate-formes de la citadelle. Ces lumières errantes annoncent quelque nouvel événement ; elles signalent une agitation tumultueuse parmi les soldats. La cloche sinistre fait retentir les airs. Ezilda ne doute plus que déjà les Sarrasins n'aient attaqué la forteresse.

Elle s'enfonce à la hâte au milieu des montagnes. De brillantes étoiles éclairent sa marche. A travers d'inaccessibles rochers et le long des précipices , elle suit une route infréquentée. A chaque pas , la nature, en ces lieux que diverses révolutions ont tour à tour bouleversés , présente d'inexplicables horreurs. Ici s'offrent des coulées de laves basaltiques , d'épaisses couches de pouzzolane (i) rouge , du spath calcaire et des pyrites dorés qu'ont

(1) Cendres vol ca niques.

3o LE RENÉGAT,

vomis de nombreux volcans. Étrange contraste ! le ravage des eaux succéda sans doute au ravage des feux : là , des pétrifications diaphanes , des coquillages marins ^ de sonores congélations , des scories scintillantes , des prismes cristallisés mêlent au hasard les ouvrages de plusieurs règnes confondus. Un cratère est parfois un lac ; un ancien lit de flammes, une cascade. Les vagues d'un océan ont retourné sur eux-mêmes des volcans embrasés y ont placé la pointe des pics où fut jadis leur base, et pele-méle ont roulé la zéolite et le silex , les cendres et les cristaux, les stalactites et le tripoli (i). Dun cône renversé que laneise recouvre , etoùse trouvent des sources glacéesjdeseauxbouillantes jaillissent (2) : aux

(1) Le tripoli. Les naturalistes ne sont pas d'accord sur ce qu'est le tripoli : les uns le regardent comme un bois fossile , d'autres comme un schiste altéré par le feu , d'autres comme une argile cuite, ferrugineuse et compacte- (Yoycz Faujas de Saint-Fond. )

(2) Au ^loiit-d'Or en Auvergne , la chaleur des bai'is de

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