‹ Le renégatChapitre 180 sur 334 · LIVRE Yî · texte numérisé non relu

LIVRE Yî

la célèbre inspirée , et de tous côtés parteat les bruyans éclats de l'admiration et de la reconnaissance. Ces cris parviennent jusque sous le pavillon du conquérant , et contre celle qu'ils encensent accroît son inimitié.

L'incomparable beauté d'Ézilda n'a point ému le cœur du despote. Ses formes enchanteresses , étant au nombre des puissances qui servent à la rendre invincible , ne sauraient éblouir sa vue : il ne peut souffrir plus longtemps que la renommée d'une femme ose lutter avec la sienne. La sublimité de son regard , la douce magie de sa voix ne lui paraissent que des ennemis dont l'influence le menace. 11 observe les charmes de la vierge comme il mesure au champ d'honneur des obstacles à surmonter ; il l'étudié comme une énigme : il la hait comme un adversaire.

Ezilda désire entretenir Charles sans témoins. 11 éloigne ses guerriers. Sous la tente

a8 LE RENÉGAT.

royale ils sont seuls. La princesse parle en ces

mots :

(( — Duc de France ! lorsqu'arrachant le peu- » pledesGévennesàsalionteuse servitude j'osai )) faire un appel à mes compatriotes , ce ne » fut point un vain désir de gloire et de re- » nommée qui détermina ma résolution. Re- » pousser l'élendard du faux prophète , de'- )) fendre les temples du vrai Dieu , réveiller )) l'énergie française , telle fut ma seule pensée. w Ni les lauriers, ni les couronnes, ni les récom- )) penses humaines , n'étaient le but de mes » travaux : je n'ai vu que la foi chrétienne , » je n'ai songé qu'à la patrie. Le ciel a secondé » mes efforts ; l'élan de quelques provinces » gauloises , répondant au cri des Gévennes , » promet aux peuples du Seigneur Taffran- » chissement de l'Europe. Achevez l'œuvre }) commencée : illustre conquérant du nord , >) soyez le sauveur du midi. Loin de moi les ♦)^ palmes guerrières ! ce n'est que sur le front

Page 1