‹ Le renégatChapitre 188 sur 334 · LIVRE VI. 4i · texte numérisé non relu

LIVRE VI. 4i

» lui pardonner ses égaremens , car ils ont » besoin aussi qu'il leur pardonne : un oubli » mutuel des erreurs de tous deviendra la loi » générale. Clodomir bannira de sa pensée » les souvenirs d'Astolphe ,• et la patrie sau- » vée effacera de sa mémoire le nom funeste » d'Agobar.

» — Non y je n'y puis consentir , interrompt )) le prince irrité : c'est déshonorer le trône » français que d'y placer un chef sarrasin ; » c'est me déshonorer moi-même que de )) couronner un renégat. Clodomir s'est rendu » indigne du diadème , et ses crimes lui ont » enlevé ses droits.

» — Je vous comprends 5 dit Ezilda se levant » avec dignité. Ni le bonheur de la nation , » ni l'affranchissement de l'Europe 5 ni le salut » du genre humain , n'occupent vos pensées. » Il ne vous faut que le pouvoir ; le reste vous )) importe peu. Je le vois 5 nul raisonnement » n'ébranlerait vos résolutions, Charles n'a les

>) yeux ouverts que sur le sceptre , et ne veut

y) rien voir que la pourpre.

» Eh bien î maire du palais ! poursuis ta » périlleuse carrière !.... Prince usurpateur ! » monte au trône !.... mais rappelle-toi la fin » tragique des maires ambitieux qui t'ont prë- » cédé. Dis-moi ce que sont devenus les n Ebroin (i) et les Léger (2) , les Gri- » moald (5) et les Bertaire (4) ! . . . et tremn ble que la fortune inconstante ne traite » l'hiver de ta vie comme elle traita ton )) printemps (5) !

(1) Ebroin fut assassiné par un seigneur nommé Ermaiifroi.

(2) Léger eut les yeux crevés , les lèvres coupées , et périt dans les tortures.

(3) Grimoald mourut au cachot.

(4) Bertaire fut tué dans un combat par ses propres soldats. (Voyez tous les historiens.)

(5) Les premières années de Charles Martel furent malheureuses. Fils naturel de Pépin d'Héristal , il fut persécuté cruellement par l'épouse légitime de son père, nommée Plectrudc. Elle \c. fit enfermer dans un château-fort après Jn

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