‹ Le renégatChapitre 189 sur 334 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

» Quant à moi, ma route est tracée , je ver- » rai demain Agobar ; demain j'essaierai d'ar- » racher ta victime aux Musulmans. Et si le » ciel me seconde , si je rends à ses devoirs » et à son Dieu l'auguste descendant de Clo- » vis , sous peu de jours , au camp de Ségo- » rum , l'épouse de Clodomir proclamera le » roi de France. Puis nous verrons sous quelle » bannière accourront les fils de la Gaule et » les grands vassaux de l'empire. »

A cette menace inattendue Charles pâlit. Il cherche vainement à contenir sa fureur ; elle ne perce point en ses discours , mais elle éclate en ses regards. « — Serait-il possible ! » s'écrie-t-il ; demain vous verrez Agobar ! » — Il m'attend , » répond Ezilda.

mort de Pépin. Charles réussit à s'e'chapper ; il parvint à se mettre à la tête d'une armée , mais perdit sa première bataille. (Voyez Daniel, Hist. de France, et autres historiens.)

Charles se tait : connaissant le caractère de l'héroïne ^ il sent que dans les circonstances présentes elle peut renverser sa puissance et le perdre . 11 ne combat plus que faiblement son espérance et ses projets. Il semble peu à peu se laisser convaincre ; et par degrés il change entièrement de langage. « — Princesse ! vous » l'emportez , lui dit-il enfin. Le ciel sans » doute vous inspire , et je dois me rendre à » vos vœux. Allez trouver Agobar. Au nom » du chef de la patrie , offrez-lui la couronne : » qu'il revienne à la foi de ses pères , qu'il » abandonne les Sarrasins ^ et la France en- » tière est à lui. Son premier vassal sera » Charles. »

Il dit : la fille de Tliéobert s'aperçoit bien que la crainte et la nécessité ont seules déterminé le despote ; mais peu lui importe la cause , pourvu qu'elle obtienne l'effet.

11 demeure convenu entre eux que l'existence de Clodomir ne sera révélée à la nation

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