‹ Le renégatChapitre 198 sur 334 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

et révolutionner les mondes , Agobar repoussant les clartés heureuses , desséchant les rosées célestes ^ rappelle autour de lui les tempêtes.

(( — Fille des chrétiens î dit-il d'une voix )) sourde et concentrée, quel est le but de )) cette entrevue ? »

Etonnée du changement subit qui s'est manifesté en lui , la princesse pousse un profond soupir. Son cœur s'est resserré douloureusement , mais ne s'est point découragé. « — Tes )) malheurs touchent à leur terme, répond- )) elle; le jour des épreuves est passé, celui » de la justice va luire. Apprends qu'au nom » de la patrie , en ce moment , sur ces ri- )) vages , je viens au chef des Musulmans re- » demander le roi de France.

» — Qu'ai-je entendu ! Lutèce reconnaî- )) trait!...

)) — Le successeur de Thierri. J'ai révélé )) moi-même au maire du palais l'existence

6o LE RENÉGAT.

» de Clodomir. Le ciel, secondant mes ef- » forts, a daigné l'éclairer et toucher son » ame. Charles Martel est prêt à proclamer » son prince ; je t'oilre en son nom la cou- » ronne.

» Viens donc , ô noble fils de France ! » viens où te rappelle ton peuple. Recouvre » tes droits légitimes; remonte au trône de )) tes pères; rends le bonheur à ta patrie; et, » sur la route des vertus, reconnaissant la » justice divine , sois le pacificateur de la » terre.

» — Il te trompe î... s'écrie Agobar; l'ofTre » de Charles n'est qu'un piège. Le perfide ne >) veut que m'attirer à son camp. Que je me » remette en ses mains, mon trône sera l'é- » chafaud.... As-tu pu croire à ses discours î » Ce prince artificieux m'est connu , jamais il » ne cédera la pourpre. Ezilda, réponds au » maire du palais que ses propositions m'ont » fait horreur , en me prouvant de nouveau

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