LIVRE VII
» — Ah ! répond la vierge ëplorée , rien
» n'est plus à craindre pour moi... je perds
)) à jamais Clodomir. »
Vivement attendri : « — Infortunée ! dit le
» Renégat 5 j'ai troublé la paix de ta vie...
» Maudis le jour où tu m'as vu î... fuis ces
)) lieux î... abandonne-moi!...
» — Hélas! c'est toi qui m'abandonnes...
» dit la fille de Théobert; rejeter le ciel et la
» France , cruel ! c'est repousser Ézilda ! »
Le chef des Sarrasins s'est éloigné. Contre la pyramide il s'appuie, et, la tête cachée dans ses mains , cherche à se dérober à luimême. Tout-à-coup une voix plaintive a rompu le silence.
u — O mon Dieu ! s'écrie Ézilda , rendez , » rendez-moi Clodomir! Je n'ai nul empire )) sur son ame; mon époux est sourd à ma » voix. Dieu clément! parlez-lui vous-même! »
Elle dit ; tout ce que la terre a d'amour,
tout ce que le ciel a de piété éclate en son ardente prière. Agobar ne peut résister à ses accens angéliques; ce qu'il éprouve est indéfinissable : il revole auprès d'elle ; et des paroles qu'il n'avait jamais prononcées sortent à l'instant de ses lèvres.
« — Et pourquoi t'adresser aux cieux ! . . . » Nulle part il ne peut exister une puissance » sur mon cœur qui soit plus forte que la » tienne... Qui? moi! je suis sourd à ta » voix ! . . O parle ! être enchanteur, je t'écoute ! » Ton inébranlable confiance, ta foi y tes su- » blimes vertus, ton incomparable beauté , )) en me montrant la perfection, me feraient » croire au Tout-Puissant... Pour te créer il » fallait un Dieu. »
L'héroïne des Cévennes s'est levée, (c — Glo- » domir ! s'écrie-t-elle avec l'enthousiasme » d'une foi vive, aux imprécations de lame » incrédule l'ame croyante va répondre.
» Esprit aveugle! où vois-tu donc dans l'es-