LIVRE VIL
» pace sans bornes et le desordre et l'épou- )) vante ! . . . L'immensité , ce volume d'azur sur » lequel des milliers de globes respectueux » semblent tracer en caractères de feu le nom » radieux du Tout-Puissant; l'immensité que » ta voix insulte, vaste assemblage de chefs- » d'oeuvre, est en sa sublime harmonie un » miracle perpétuel. Mortel environné de res- » plendissantes lumières et de créations mer- » veilleuses , où vois-tu donc les ténèbres et » le chaos ! Quoi ! ton œil peut fixer le ciel , » et ton ame ne sent point le Dieu!
» Tu ne vois partout que la mort!... je ne » l'aperçois nulle part. Tout change de forme » ou de place, mais rien ne périt dans l'uni- » vers.
» O homme! atome imperceptible au sein » des mondes incalculables ! c'est toi qui oses » citer ton Créateur au tribunal de ta pensée , » et lui demander compte de ses œuvres!... » Ah î le cœur vertueux qui l'adore est le sa-
» vaut qui l'a compris : l'humble amour pë- ;) nètre lui seul jusqu'à ces régions élevées » que la raison superbe ne peut atteindre.
» Reprochant à l'Etre suprême jusqu'à ses » plus divins présens : (( Penser est souffrir ^ » » as-tu dit. Eh! cette souffrance dont tu te » plains 5 ce mécontentement qui sans cesse » murmure en toi, même aux jours de triom- » phes et de plaisirs , c'est l'instinct de ton » immortalité ; c'est en quelque sorte une voix )) qui te crie et qui te répète : « La terre n'est » point ta patrie. »
» Tu reproches au ciel les malheurs qui » désolent l'humanité... et sans le malheur » comment brillerait la vertu ! Dieu jette l'ad- » versité parmi les hommes, comme un mo- » narque ouvre un tournoi : ce sont de pé- )) nibles combats qu'il prescrit pour avoir de )) glorieux prix à donner.
>; Les dogmes du culte chrétien inspirent , » dis-tu , la terreur. Non , jamais le juste ici-