LIVRE VII
» bas ne fut effrayé de ces dogmes . L'orgueil )) révolté, l'athéisme endurci, la perversité , » l'hypocrisie peuvent seuls témoigner cet )i effroi ; car le crime que tout alarme s'épou- » vante surtout du bien. Monument de paix, » d'espérance et de miséricorde , l'Evangile , » qui ne prescrit que des lois d'amour, est )) comme une porte du ciel d'où ne partent » que des voix sublimes , et qui ne s'ouvre que » sur des palais de gloire.
» Et qui te certifie que l'immense majorité » du ^enre humain doit être réprouvée?... » Nul livre saint, aucune preuve. Qu'a dit au » contraire le rédempteur aux nations ? (( Je )) suis venu pour vous sauver, » Ah î puisque )) parmi nous un Dieu daigna venir pour nous » sauver, a-t-il pu manquer sa mission î
» Clodomir, avec la pensée de Dieu , tout » doit être, pour le fidèle , espoir, repos et » confiance. Noblement tourmenté de sa gran- » deur, le cœur humain, de quelques objets
-jG LE RENÉGAT.
» qu'il cherche à se remplir , est toujours » vide 5 à moins qu'il n'y place le ciel avec » ses mystères , ses merveilles , ses promesses » et l'ëternitë. ))
Ezilda cesse de parler; le Renégat l'ëcoute encore.... O pi^odige î le nom du Dieu des chrétiens^ qui naguère allumait son courroux, maintenant ne trouble même plus ses esprits : les accens de la princesse , semblables aux accords de la harpe du roi - prophète , ont rendu la paix à son ame. En une sorte d'extase enivrante , il contemple l'être adorable dont les vertus et la beauté , dont l'amour et l'enthousiasme lui semblent d'une sphère ètliërée. L'hëroine voit son triomphe. (( — Clodomir, » poursuit-elle en tombant agenouillëe de- )) vaut lui, ton ame est attendrie... ëbran- » lëe... Laisse-toi convaincre et flëchirî Ta » patrie qui te rëclame , qui t'appelle , ici re- » prësentëe par ton ëpouse ;, se prosterne à » tes pieds et t'implore . »