LIVRE VII
Oh ! qu'elle était belle en cette touchante posture ! Que de magnanimité dans son abaissement ! que d'amour dans sa prière ! que de grandeur dans son humilité ! . . . Le ciel sans doute parle au Renégat. Le fils de Thierri n'a plus la force de se défendre contre l'enchanteresse suppliante. Hors de lui-même, il la relève ; il ne peut contenir ses transports passionnés, il la serre contre son sein. Le feu qui coule dans ses veines n'est point celui de la volupté : non, rien d'impur ne saurait naître auprès de la vierge sans tache ; ce n'est point un appel à l'amour, c'est un retour à la vertu. 7,
(( —^ Mon épouse ! mon Ézilda î . . . s'écrie- » t-il. Le Tout-Puissant est avec toi. Tu » l'emportes... Je le sens, je t'aime. Ah ! puis- » que tu es entrée dans mon cœur, l'Éternel y » doit être aussi. »
Un tourbillon de poussière s'élève en ce
moment du côte du temple de Galmor. Sur trois coursiers impétueux , trois soldats armes accourent vers la pyramide de Fabius. Ils arrivent près d'Ezilda. Ce sont les fidèles écuyers qui l'ont accompagnée du fort de Ségorum aux plaines d'Umbrani. « — Princesse î dit Fun » d'eux y le perfide Charles Martel a mis le » comble à ses forfaits : au camp royal il a » fait publier qu'étant d'intelligence avec le » chef des infidèles que déjà vous avez sauvé, » vous trahissiez la France et l'Europe ; et » qu'aux bords de la mer, aujourd'hui même , )) vous concertiez ensemble la ruine entière » de la patrie.
» Des ordres ont été donnés à toute l'ar- » niée de s'emparer de vous en quelque lieu » que vous soyez. Plusieurs escadrons dévoués » au maire du palais ont été chargés de cou- » per toute communication entre vous et les » légions de Ségorum. Vos jours sont mena- » ces; votre mort est certaine si vous tombez