‹ Le renégatChapitre 21 sur 334 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Doue d'une voix harmonieuse il chantait sur sa lyre les souvenirs des anciens jours , semblable au scalde des Scandinaves. Il était habituellement grave ; et cependant , comme emporte par un esprit prophétique, soudainement et quelquefois malgré lui , sortant d'un calme profond, il agitait violemment les cordes sonores de sa harpe , prononçait des sentences terribles, et paraissait atteint d'une sorte de démence.

Il portait une large ceinture de peau de renard blanc bigarrée de croix, de cercles et de figures astronomiques. Disciple d'Esculape , il connaissait la vertu des plantes et faisait des cures merveilleuses. Initié à quelques secrets de la nature, il passait aux yeux des uns pour nécromant , aux yeux des autres pour astrologue. Son vrai nom était Gondair, mais le peuple l'avait surnommé le vieillard de la roche noire , ou le prophète de la monta g^ne.. ;

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Dès son en lance la princesse avait entendu résonner au manoir paternel la harpe du barde i^aulois ; et à peine au sortir du berceau , jouant avec les plis nombreux de la blanche robe du prophète , elle avait conçu pour lui la plus sincère atïection.

Errant de châteaux en châteaux avec sa lyre chérie , le vieux ménestrel semblable au chantre du ScamandrC;, mais non aveugle comme lui , avait étendu fort loin sa renommée. Quelques jours avant la prise de Béziers, par ses hymnes guerriers appelant aux armes les Français , il leur prédisait les désastres s'ils ne se soulevaient tous contre les Sarrasins. Arrêté par une horde de Musulmans et conduit devant Agobar , il avait disparu de la contrée ; les revenues le croyaient morl^ et la fille de Théobert avait pleuré son vieil ami.

(( — Bon vieillard ! dit Ezilda, vous ici î... )) et comment piites-vous échapper aux sa tel-

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