‹ Le renégatChapitre 214 sur 334 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

le précède, el flotte devant lui comme la bannière du carnage qui de ses amples replis secoue l'épouvante et la mort. Ses vaillantes cohortes le suivent avec orgueil et confiance. Aux feux doi'ës du soleil à son déclin, resplendit la foret mobile des lances et des boucliers qui , traversant la plaine , y tracent des sillons d'éclairs. Le hennissement des coursiers, le bruit des clairons, le cri des combattans et le choc des armes mêlent leurs sons tumultueux et discords qui , ne formant plus qu'un roulement sinistre , semblent rhorrible voix des désolations. ,.. ,

Au sommet de la tour de Calmor, s'adressant à la princesse : (c — Prenez pitié de ma » douleur ! s'écrie Alaor : Agobar est aux }) combats, et je demeure inactif!... 11 est au » milieu de ses ennemis , et je ne suis point à » ses cotés !... Si quelque javelot, si quelque » glaive se dirige sur le héros, qui se jettera

)) entre le fer et lui!... Qui lui servira de » bouclier! qui veillera pour le défendre î » qui périra pour le sauver!...

» Il m'est défendu de vous quitter , mais )) j'ai l'ordre de vous obéir; commandez-moi » de rejoindre Agobar, Moi seul je m'éloi- » gnerai de ce temple ; mes troupes y reste- » ront sous vos ordres. Bien qu'écarté du » champ de bataille , ce monument n'est point » a l'abri des périls ; il faut y pour votre sûreté, » que j'apprenne au chef sarrasin que cette » tour vous sert de refuge; nulle puissance » ennemie alors n'approchera de cette en- » ceinte.

» Laissez-moi , de e^ràce , laissez-moi voler » au pris de mon frère d'armes , l'entourer de » mon dévouement, et le couvrir de mon

» corps ! Oh ! si jamais vous avez aimé !

» princesse , au nom de tout ce qui vous est }) cher, exaucez le vœu d'Alaor I »

Dans la douleur , la tendresse et l'enthou-

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