‹ Le renégatChapitre 216 sur 334 · LIVRE VIII. ^i · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. ^i

sait en même temps méditer et combattre , frapper et commaader , prévoir et triompher. Alaor ne le quitte point ; et souvent le prince a tourné ses regards vers le temple de Caimor , dont il défend les avenues , et dont il rend l'approche impossible. Ezilda , de loin , remarque ses exploits immortels , distingue sa brillante aigrette , et suit son redoutable étendard. Hélas ! c'en est fait de l'armée française. L'invincible Agobar en a coupé le centre oii commandait Charles Martel ; et son fer en dévaste les rangs , coaime une flamme incendiaire dévore des toitures de chaume : tout cède aux efforts de son génie de même qu'à la vigueur de son bras. Lorsqu'il appelle la victoire , sans tarder elle accourt à lui. Le Français fuit sur tous les points. Les Sarrasins ont triomphé.

Pour la princesse , quel aspect ! — les chrétiens repoussés et poursuivis , la France sur

le bord d'un abîme , et les Maures victorieux !.... Le désespoir Taccable. Que Charles Martel eut vaincu le fils de Thierri , en cette faveur de la fortune elle eût vu le succès d'un traître : Charles a recule devant Agobar , en cette chance de la guerre elle voit l'abandon du ciel.

Toute à sa patrie malheureuse , il lui semble en ce moment que le Renégat , l'auteur de ces désastres , lui est devenu odieux. Clodomir est oublié. En expiation des sentimens que put un instant lui inspirer Agobar, elle accorde au fond de son cœur le diadème de Clovis à tout chef sauveur de la France , et va même jusqu'à prier pour le roi Charles Martel.

Le héros de l'Ibérie poursuivait ses ennemis éperdus ; tout-à-coup il s'arrête. . . . il a levé les yeux du côté de la tour d'où sans doute Ezilda l'observe. Au grand étonnement de ses guerriers il suspend le triomphe.»., et fait cesser

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