‹ Le renégatChapitre 223 sur 334 · LIVRE VIII. io · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. io

Renégat à son armëe , lui sont devenues odieuses.

Elle a pris le même chemin couvert qui lors de la prise de Sëgorum la conduisit au fort de l'orient. Par cette route solitaire, elle monte inaperçue le i^ocher de la citadelle, et parvient au fameux plateau naguère surnommé \ invincible . Là , se faisant reconnaître de la sentinelle , et comprimant ses cris de surprise et de joie, elle lui défend de publier son retour, se fait ouvrir les portes, se renferme dans sa tour, et par un message secret mande Léodat auprès d'elle.

Qui peindrait l'étonnement du prince des Avernes à l'aspect de l'héroïne î L'infâme proclamation de Charles Martel déclarant la fille de Théobert coupable de trahisons et de sortilèges, avait été envoyée à Ségorum : un ordre du duc de France avait en même temps enjoint aux troupes de Léodat de se réunir à la grande armée, au champ de ba-

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taille d'Angustura, sous peine d'être regardées comme rebelles ; mais à la lecture de ces papiers, une indiguation générale avait soulevé tous les esprits. Les chefs de la citadelle avaient déchiré la royale dépêche avec fureur; et le matin même du retour d'Ézilda, chevaliers et soldats devaient quitter Ségorum ^ voler au secours de la princesse du coté du monument de Fabius , et dans le cas oii elle serait tombée au pouvoir de Charles, la i^éclamer à force ouverte.

En revoyant l'inspirée des Gaules, Léodat ivre de joie, après les premières explications , laisse échapper avec les paroles du dévouement celles de l'admiration et de l'amour. D'un ton grave et sévère, l'héroïne l'interrompt : (f — Eh quoi ! lui dit-elle , vous avez » refusé de vous joindre à l'armée chrétienne ji) qui marchait pour sauver la patrie !...« » Charles , secouru par vous , n'eût point

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