‹ Le renégatChapitre 224 sur 334 · LIVRE Vlir. îo · texte numérisé non relu

LIVRE Vlir. îo

■)) perdu peut-être la bataille J'Angustura. » Ainsi donc c'est moi qui suis une des causes » du triomphe des infidèles î et je croyais » avoir retrempé vos âmes d'un feu patrio-

» tique et religieux î Chevalier français ,

}) c'est donc ainsi que vous avez écouté les » leçons et la voix d'Ezilda ! c'est ainsi que » vous l'avez comprise !... L'aurais-je jamais » pensé ! Léodat , avant la patrie , avant le » ciel, vous et vos guerriers vous avez placé » une femme !...

» — Etre sublime ! répond Léodat, le sort » d'une femme telle que vous est aussi le î) sort de la patrie. Sans vous, tout est obs- » tacles et revers; avec vous tout est possibi-

» lilés et victoires Venez vous montrer à

^) l'armée !... •

» — Non , reprend Ezilda ; parmi les trou- » pes françaises, ma présence désormais ne » saurait être que funeste. Charles Martel ne }> pourrait plus considérer que comme en-

loB LE RENÉGAT.

» nemi le camp où gouvernerait celle qu'il a » voulu diffamer. Mes soldats de leur côté » regarderaient avec animosité Tarmée royale )) qui me nomme traître et rebelle. Au lieu » d'être un phare de salut, je ne serais ici » qu'un brandon de discorde; et pour comble » d'adversilës , aux désastres d'une guerre » étrangère, j'ajouterais les horreurs d'une » guerre civile.

» — Et vous abandonneriez vos phalanges )) victorieuses!... s'écrie Léodat. Ah I s'il en » est ainsi, la France est à jamais perdue; » comme vous, je jette les armes. »

Il dit ; et tirant son épée du fourreau , il la brise avec fureur. « — Vous-même , ajoute la » princesse , vous me conseilliez il y a peu de » jours de quitter les camps et l'armée*....

» Léodat î » poursuit-elle en voyant l'inutilité de tout raisonnement sur cette ame fougueuse et passionnée , « laissez-moi quelques » heures de repos. Avant de prendre une der-

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