‹ Le renégatChapitre 225 sur 334 · LIVRE VÏII · texte numérisé non relu

LIVRE VÏII

» nière résolution , j'ai besoin du calme de » la réflexion et de la solitude. »

Le prince des Avernes , rassuré par la douce expression du visage de l'héroïne , lui demande humblement paraon de ses transports. 11 ne peut se persuader qu'elle conserve la pensée de ratifier l'arrêt de Charles Martel , en quittant comme une proscrite les légions de Labrod. Heureux d'avoir retrouvé celle qu'il adore , il va s'éloigner.

« — Prince î dit Eziîda , pendant trois jours » encore , cachez mon retour à l'armée ; je » veux pouvoir méditer en paix la nouvelle » marche que je dois suivre , et entièrement )^ seule y ne recevoir aucun guerrier. — Vous » serez obéie , )) dit Léodat. Puis d'une voix mal assurée : « Oserais - je vous rappeler » vos promesses ^ vous deviez , à votre re- » tour à Ségorum , me parler du fils de » Thierri. — Sous trois jours , » lui répond la vierge.

io8 LE RENÉGAT.

Ils se sont sépares. Au commencement de l'entretien , le prince s'était efforcé d'apprendre d'elle le motif qui l'avait pu conduire jauprès d'Agobar , à la pyramide de Fabius. D'après ses réponses , il n'a point connu toute la vérité.... Cependant il s'est convaincu que des raisons de la plus haute politique , et l'espérance de rendre à la France un service signalé, l'avaient portée , mais malheureusement en vain , à cette mystérieuse démarche.

Renfermée dans sa tour, Ezilda passe la journée et la nuit suivante seule à elle-même. Oh ! dans cette ame héroïque et pieuse que de combats se sont livrés tour à tour î Devant une

fenêtre étroite et grillée d'où s'aperçoit la chapelle de Ségorum , elle prie... elle demande à l'arbitre suprême de l'éclairer , de la guider ; et dans chacune de ses prières, elle place toujours Clodomir. Vers la fin du second jour ^ elle arrête sa pensée à une détermination irrévocable ; et l'écrit suivant qu'elle vient de

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