‹ Le renégatChapitre 233 sur 334 · LIVRE MIL · texte numérisé non relu

LIVRE MIL

» traillcs une substance solide et massive (i).

» — Ainsi trompent aussi les hommes, dit » Ezilda rejetant l'onde perfide. Souvent ici- » bas l'infortuné qui croit s'adresser à une » ame sensible va se briser contre un rocher. »

Elle a fui la funeste fontaine. Mais bientôt en des sentiers rocailleux, à travers d'épais halliers , au bord de sauvages ravins , ses pieds

(i) Il se trouve plus d'une fontaine et plus d'un canal , dans les montagnes de l'Auvergne et des Cévennes , qui se sont fait des ponts en stalactite , ont élevé sur leurs rives des bornes de six pieds de hauteur , et se sont formé un lit de pierre, (^oy. Voyage en Auvergne, par Legrand , t. i ; — Dict. géograph. de Lamartinière ; — Dict. géog. de la France , par d'Expilly , etc. ) Quant à la qualité de l'eau qui tue ( selon Gondaïr ) , il est permis d'en douter. Long-temps , il est vrai , ces fontaines ferrugineuses ont été redoutées d'un public ignorant et superstitieux. Elles sont imprégnées de ce gaz , de ce fluide invisible et mortel , connu du vulgaire sous le nom de méphitique. (Legrand, t. i , p. i55. )

Au reste , est-il étonnant que Gondaïr ait exagéré à une époque d'ignorance , lorsqu'en un siècle de lumières le célèbre Kirchker a décrit en ces mots une de ces fontaines du midi de la France : « Elle sort d'un rocher , et produit à sa yy sortie par sr vertu des roches , des pierres blanches , et des

délicats et meurtris peuvent à peine la soutenir. Elle chancelle : « — Vous souflrez?... dit » le vieillard inquiet. — Vivre c'est souffrir, » répond rhëroïne ; et l'heure n'est point en- » core venue oii je dois sortir à la fois de la )) vie et de la souffrance.

» — Faut-il continuer notre marche ? pour- » suit Gondaïr. — Qui nous en empêche ? dit

)) ponts pour le passage des habitans.... Comme cette eau ne » diffère de celle des autres ruisseaux ni par le goût ni par ■>•> la couleur , les animaux trompés viennent y boire , mais à « l'instant ils meurent ; et si on leur ouvre l'estomac , on y « trouve au lieu d'eau une masse de pierres. Quand les gens « du pays veulent montrer à quelques curieux l'effet des )) pétrifications de ce liquide , ils en remplissent un verre , » et à l'instant on voit le verre se casser , et l'eau changée en >> pierre offrir la forme du vase comme si elle y avait été w jetée en moule. Le même effet arrive quel que soit le vase -» dont on se sert ; toujours elle s'y coagule et s'y condense w sous les yeux de ceux qui la regardent : aussi se trouve- » t-il des personnes habiles qui , profitant de cette propriété , » emplissent de liquide un moule de statue ; il ne faut après » cela que casser le moule , ils trouvent la statue toute for- » mée. » ( Mundus subterraneus , 1. 5, sect. 5 , c. i, n. 2. )

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