‹ Le renégatChapitre 234 sur 334 · LIVRE Mil · texte numérisé non relu

LIVRE Mil

)) Ezilda surprise. — Votre faiblesse re-

» prend le barde. — Ma faiblesse ! » interrompt la vierge : et souriant avec douceur, (c je ne » songeais point à cet obstacle : quand l'avez- » vous vu m'arréter ?. . . — Ah pardon ! s'écrie » Gondaïr; je croyais être avec une femme... » Mais pourquoi rne prendre pour conduc- » teur î c'est à moi de suivre vos pas , car c'est » aux anges à guider les hommes. )>

Un son lointain pareil à celui de la trompette a fait résonner les échos. La princesse écoute : un morne silence lui succède. (( — Telle est la renommée î s'écrie-t-elle ; » le son fugitif d'un instant. » -

L'aube avait éclairé l'horizon, (c — Nous ne » sommes plus , dit le vieux de la roche noire , » qu'à peu de distance de la barque qui nous » attend. Des postes sarrasins se sont avancés » jusqu'à cette roche lointaine dont ces ravines » nous séparent ; j'ai reconnu leur trompette » guerrière et leur appel accoutumé. — Quoi!

)) dit l'hëroïiie troublée, vous pensez que même

» en ces lieux , Agobar — Je n'ai point

» parlé d'Agobar, » interrompt le vieux des Cévennes; et sa harpe frappée par une branche de cyprès fait entendre un gémissement lugubre.

Le barde s'arrête , il a tressailli. . Ses esprits semblent s'égarer ; et presque malgré lui, aux inspirations de son génie il est prêt à s'abandonner.

En ce moment, d'une haute montagne à l'orient, son oeil domine une vaste plaine; mais une vapeur stagnante la couvre et lui donne l'apparence d'un Océan sans rivages , d'où s'élèvent , ainsi que des promontoires , quelques monticules épars. Dilatées tout-à-coup par le lever de l'aurore , ces vapeurs se haussent , et par les vents enfoncées se repoussent et se combattent- Cette mer, d'abord si calme, devient orageuse et courroucée. Les nuées, en divers pelotons , se roulent sur elles-mêmes.

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