LIVRE VIII
harpe : « — Voici le chant des funérailles ! » s écrie-t-il ; et le barde répète les mêmes paroles qui jadis s'échappèrent de ses lèvres devant le chef des Musulmans.
« iSon.... nul salut! nulle espérance!
)) Car son arrêt est prononcé —
» Ah ! tremble ! L'oiseau du carnage )) Appelant le dernier combat , )) Attend déjà sur le rivage w Le corps sanglant du Renégat / »
La voix éclatante et sonore de Gondaïr , au loin se fait entendre. Pourquoi la vierge des Cévennes a-t-elle jeté soudain un cri d'horreur?... pourquoi tout son corps a-t-il frissonné?... Elle a cru entendre une plainte étouffée , semblable au dernier soupir d'un agonisant, sortir de l'épais taillis des forets, et répondre au chant funèbre du vieillard. Son imagination frappée a cru reconnaître , en ce douloureux gémissement, l'accent de Clodomir lui-même ; et vers la rive obscure d'où le son
fatal est parti , la princesse s'est élancée* a — O jours purs et sereins!... continue le » barde des Gaules tout à ses visions prophé- » tiques ; aurore brillante ! salut ! . . . Le ciel » combat pour les chrétiens ; ainsi qu'un » phœnix renaissant , la France ressort de ses » cendres. Agobar a disparu... mais quel est » ce guerrier sur lequel tombe un regard de
» miséricorde? Il porte le nom de Clo-
» domir. Grâces soient rendues au Très- » Haut ! les deux anneaux d'alliance se rejoi- )) gnent.... »